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Sujet : Crises, kracks et spéculations...
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#772913Posté le : le 11-07-2008 23:13:49 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
Citation de : DIVINE (au 11-07-2008 19:31:22)

Je crains que le contribuable américain ne puisse refuser l'héritage après l'avis de décès:


(An. P.)


attends, le contribuable ricain il va s'en souvenir du père bush!! irak+afgnanistan+subprime+fannie mae+etc
remarque, le GROS, le TRES GROS, (TRES TRES GROS même) contribuable, lui, va verser une larme d'éternelle reconnaissance
"ahhh jack... bush, c'était l'bon temps! on payait pas d'impôt!"
"ouais jerry! vivement une bonne guerre et un autre fada qu'on s'en remette plein les fouilles!"
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#772920Posté le : le 11-07-2008 23:36:02 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
Bonsoir La Fronde
A l'avenir, il est fort probable que l'argent n'ait plus cours. Je ne sais pas si l'on doit s'en réjouir ou s'en inquiéter!
"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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#772925Posté le : le 12-07-2008 00:09:40 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
salut Divine, c'est pas la fin du monde, mais la fin de l'empire américain, place à la chine
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#772926Posté le : le 12-07-2008 00:15:22 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
Citation de : La Fronde (au 12-07-2008 00:09:40)

salut Divine, c'est pas la fin du monde, mais la fin de l'empire américain, place à la chine



A court ou moyen terme en effet, oui.
édité le : 12-07-2008 00:16:21"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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#782153Posté le : le 31-07-2008 12:39:14 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
C'est l'heure de passer à table avec au menu ce midi:

Entrée: dette, argent, crédit

http://nouvellesociete.org/H40.html (Pierre JC Allard)

Plat principal: dette écologique

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2143

Dessert surprise: attention aux caries!

http://wiki.les-verts.infini.fr/index.php/Nous_man...


Bon appétit
"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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#782256Posté le : le 31-07-2008 14:31:18 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
en digestif:
http://www.reuters.com/article/governmentFilingsNe...

ou comment reculer pour mieux sauter
"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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#790730Posté le : le 19-08-2008 11:22:41 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
Radar 13 août 2008 : La facture de la crise financière atteint les 500 milliards de dollars

Le secteur bancaire a perdu 501 milliards depuis le début de la crise

Bloomberg fournit un tableau récapitulatif des pertes et levées de capital par établissement représentées ci-dessous
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2155
"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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#790753Posté le : le 19-08-2008 11:52:34 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
Bienvenue au paradis des apprentis sorciers : après les CDO, les ABS, voici les ARS

Malgré l'accalmie apparue sur les marchés financiers depuis août -- qui a occasionné un joli rebond de près de 15% --, les nouvelles provenant des marchés sont très loin de procurer l'euphorie pour les acteurs de la place. Car après avoir à peine digéré les conséquences directes des subprime,voilà que se profilent à l'horizon les obligations ARS (auction rate securities).

Quèsaco ? Une innovation bancaire de plus, née des génies mathématiciens pour le plus grand profit des banquiers mégalomanes. En réalité, un dossier bien délicat à gérer en plus.

Les obligations ARS sont en fait des obligations à taux variables fixées aux enchères, essentiellement émises par des collectivités locales, pour lesquelles les clients ont eu les yeux de Chimène en croyant à une rentabilité élevée et une parfaite liquidité. Il s'agit d'un marché de 330 milliards de dollars -- dont 200 milliards pourraient être bloqués à la suite de l'explosion des pénalités des émetteurs.

Etant donné que les marchés, en mettant leur grain de sable dans les rouage de ce bel édifice, ont totalement modifié la liquidité envisagée initialement, ce sont des milliards de dollars que les grands établissements financiers comme Merrill Lynch -- encore lui --, UBS et Citigroup sont obligés de rembourser à leurs clients afin d'éviter le scandale et le risque de procès.

La justice américaine veille au grain et demande des comptes aux grands groupes bancaires, leur reprochant d'avoir abusé leurs clients. Décidément, ils sont dans tous les bons coups... Là encore, ils vont devoir provisionner de nouveaux milliards pour faire face à ces sorties de capitaux inopinées. Et depuis la semaine dernière, le mouvement s'accélère, obligeant Citigroup à reverser 20 milliards de dollars à ses clients, Merrill Lynch 12 milliards...

Cette implication de la justice américaine va certainement pousser d'autres organismes à prendre les devants et faire face à des remboursements auxquels, une fois de plus, ils ne s'attendaient pas.

Frédéric Laurent
Pour la Chronique Agora

http://www.la-chronique-agora.com/chronique/200808...
"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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#806330Posté le : le 15-09-2008 23:13:50 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
Puisqu'ils le disent! Mais avec du conditionnel

"On n'est pas au bord d'une catastrophe financière mondiale" (Croisset)


La crise provoquée par la quasi-faillite de la banque américaine Lehman Brothers "ne devrait pas tourner à la catastrophe" financière mondiale, a estimé lundi sur LCI Charles de Croisset, conseiller international de l'une de ses rivales, la banque américaine Goldman Sachs.

"On n'est pas au bord d'une catastrophe financière mondiale mais à condition (...) de rester en état d'alerte maximum", a déclaré M. de Croisset, ancien PDG du Crédit commercial de France (CCF).

"Si tout le monde reste en état d'alerte maximum, ça ne devrait pas tourner à la catastrophe", a-t-il poursuivi.

"La crise financière elle-même peut être maîtrisée dans les prochains mois", a ajouté M. de Croisset, jugeant que les banques françaises ne sont pas "fragilisées (du point de vue) de leurs déposants".

Selon lui, les autorités de régulation et les gouvernements "continueront à intervenir pour assurer une très large liquidité du système bancaire".

Mais, a-t-il toutefois relevé, "la liquidité ne peut pas se substituer à la solvabilité et à la confiance et il est clair que le gouvernement américain n'a pas l'intention de venir au secours des actionnaires".

Interrogé sur les conséquences de la crise financière sur l'économie européenne, M. de Croisset a souligné que celle-ci était "autour de la stagnation" et qu'on pouvait craindre qu'elle le reste "pendant un certain temps".

"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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#806906Posté le : le 16-09-2008 16:05:05 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
Roulette Russe sur les marchés financiers

En refusant de rééditer avec Lehman une opération de renflouement comme celle qu’il avait organisé pour Bear Stearns, Paulson a pris l’énorme risque de déclencher un choc systèmique dans la finance internationale. Allons nous assister en 2008 à la réédition de l’effondrement de 1931 ?

Par Paul Krugman, New York Times, 15 septembre 2008

Le système financier américain va-t-il s’effondrer aujourd’hui, ou peut-être au cours des prochains jours ? Je ne le pense pas - mais suis loin d’en être certain. Lehman Brothers, une grande banque d’affaires, est apparemment sur le point de faire faillite. Et personne ne sait ce qui va se produire ensuite.

Pour comprendre le problème, il faut savoir que le vieux monde de la banque, celui des établissements abrités par de grands bâtiments ornés de marbre qui recueillaient des dépôts et prêtaient de l’argent à leurs clients de longue date, a largement disparu pour être remplacé par ce que l’on appelle généralement le « shadow » système bancaire. Les banques de dépôt, et leurs employés entourés de marbre, ne jouent désormais qu’un rôle mineur dans le transfert des fonds des épargnants vers les emprunteurs. La majeure partie de l’activité de financement est effectué par le biais de contrats sophistiqués initiés par des entreprises qui ne sont pas des établissements de dépôt, dont la regrettée Bear Stearns - et Lehman.

Ce nouveau système était censé faire un meilleur travail d’intermédiation et réduire les risques. Mais à la suite de l’explosion de la bulle immobilière et de la crise hypothécaire, il semble aujourd’hui évident que le risque n’était pas réduit mais plutôt dissimulé : de trop nombreux investisseurs n’avaient aucune idée du niveau de leur exposition à celui-ci.

Et lorsque les inconnues non connues [1] se sont transformées en inconnues connues, le système a été la proie de paniques bancaires postmodernes. Celles-ci ne ressemblent pas à leur ancienne version : à quelques exceptions près, il ne s’agit plus d’une foule de déposants en détresse venant frapper aux portes d’une banque privée. Elles se traduisent plutôt par une frénésie d’appels téléphoniques et de clics de souris, lorsque les acteurs financiers tirent des fonds sur leurs lignes de crédit et essayent de se prémunir contre les risques. Mais les effets économiques - une disparition du crédit, une spirale descendante dans la valeur des actifs - sont les mêmes que ceux des grandes paniques bancaires des années 1930.

Et c’est là qu’est le problème : les défenses mises en place pour prévenir un retour de ces paniques, principalement la garantie des dépôts et l’accès aux lignes de crédit de la Réserve Fédérale, ne protègent que les hommes des bâtiments en marbre, qui ne sont pas au cœur de la crise actuelle. Cela ouvre une réelle possibilité que 2008 puisse être la réédition de 1931.

Désormais, les responsables sont conscients des risques - avant qu’on lui ait confié la responsabilité de sauver le monde, Ben Bernanke était l’un de nos principaux experts sur la Grande Dépression. Au cours de la dernière année, la Fed et le Trésor ont donc mis en place une série de plans de sauvetage au gré des circonstances. Des lignes de crédit spéciales, aux acronymes imprononçables [2], ont été mis à la disposition des banques d’affaires. La Fed et le Trésor ont négocié un accord qui protégeait les contreparties de Bear Stearns - ceux qui venaient frapper à sa porte - mais pas ses actionnaires. Et la semaine dernière, le Trésor a pris le contrôle de Fannie Mae et Freddie Mac, les géants du prêt hypothécaire parrainés par le gouvernement.

Mais les conséquences de ces opérations de sauvetage rendent nerveux les responsables de la Fed et du Trésor. Car ils prennent de gros risques avec l’argent des contribuables. Par exemple, la plus grande partie du portefeuille d’actifs de la Fed est à ce jour engagée en contrepartie de prêts garantis par des collatéraux à la valeur douteuse [3]. En outre, les responsables s’inquiètent que leurs efforts de sauvetage puissent encourager l’apparition d’encore plus de comportements à risque. A la longue, cela commence à ressembler à : pile, je gagne, face les contribuables perdent.

Ce qui nous ramène à Lehman, qui a subi de lourdes pertes liées à l’immobilier, et doit faire face à une crise de confiance. Comme de nombreux établissements financiers, la taille du livre de compte de Lehman est impressionnante - la banque doit des sommes énormes, et en retour, on lui doit également beaucoup. Essayer de liquider ce bilan pourrait conduire rapidement à la panique dans l’ensemble du système financier. C’est la raison pour laquelle les autorités et les banquiers privées ont passé le week-end au coude-à-coude à la Fed de New York, en essayant de mettre en place un accord qui permettrait de sauver Lehman, ou tout au moins de lui permettre de sombrer plus lentement.

Mais Henry Paulson, secrétaire au Trésor, a été catégorique. Il n’a pas voulu adoucir la note en mettant sur la table de nouveaux fonds publics. Beaucoup de gens pensaient qu’il bluffait. J’étais tout prêt à commencer mon éditorial du jour par « Si la vie vous confie Lehman, aidez Lehman ». Mais il n’y a eu ni aide ni accord, apparemment. M. Paulson semble faire le pari que le système financier - renforcé, il faut le noter, par les lignes de crédit spéciales de la Fed - peut absorber le choc de la faillite de Lehman. Nous allons savoir sous peu s’il a été courageux ou insensé.

La véritable réponse au problème actuel aurait été naturellement de prendre des mesures préventives avant d’en arriver là. Même en laissant de côté l’évidente nécessité de réglementer le « shadow » système bancaire - si des établissements ont besoin d’être secourus comme les banques, ils devraient alors être réglementés comme des banques - pourquoi étions nous si peu préparé pour cette nouvelle épreuve ? Quand Bear Stearns a failli, beaucoup de gens ont évoqué la nécessité d’un mécanisme de « liquidation ordonnée » pour les banques d’affaire en détresse. C’était il y a six mois de cela. Mais où est ce mécanisme ?

Et nous voilà aujourd’hui avec M. Paulson qui a apparemment eu le sentiment que sa meilleure option consistait à jouer à la roulette russe avec le système financier américain. Aïe, Aïe, Aïe !

"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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#808093Posté le : le 18-09-2008 00:39:15 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
Les USA bientôt face aux réalités économiques ou la fin d'un mythe?


On nous avait promis une « nouvelle économie » faite de haute technologie, où les services exportables à haute valeur ajoutée prendraient la place de l’industrie perdue dans les délocalisations. En étudiant ce qu’est devenue cette « nouvelle économie », le Offshoring Research Network de la Duke University l’a retrouvée outre mer. C’est ainsi : les activités de la « nouvelle économie » sont elles aussi assurées en sous-traitance à l’étranger.

Les centres d’appels téléphoniques, l’activité informatique, les back-offices et les industries ont déjà depuis longtemps été délocalisés. Aujourd’hui les activités à forte valeur ajoutée telles que la recherche et le développement, l’ingénierie, la conception de produits et les services d’études sont eux aussi transférés à l’étranger. Il ne reste plus que la finance, et elle est en train de s’effondrer sous nos yeux.

Les Banques d’affaires indépendantes sont en train de disparaître, comme Merrill Lynch, Bear Stearns, Lehman Brothers. Ces vénérables institutions étaient insuffisamment capitalisées en regard des risques qu’elles ont pris. Merrill Lynch est maintenant rachetée par la Bank of America et Lehman Brothers appartient désormais au passé.

La déréglementation financière menée de façon inconsidérée a conduit à une concentration accrue et non pas à des marchés plus efficaces. Les banques régionales indépendantes, qui centraient leur activité sur le financement des entreprises locales, tout comme les caisses d’épargne, qui connaissaient le marché immobilier de leur région, ont été remplacées par de grands établissements qui ont titrisé des risques mal calculés pour les revendre dans le monde entier.

Les régulations étaient devenues trop fortes. Le balancier est alors revenu en arrière. La déréglementation est alors devenue une idéologie et un facilitateur pour la cupidité.

La déréglementation du secteur de l’énergie électrique nous a donné Enron.

La déréglementation du secteur aérien a détruit des compagnies américaines célèbres, comme la Pan Am, a réduit le nombre d’entreprises et entraîné une baisse de la qualité du service. Quand les compagnies aériennes étaient réglementées, elles pouvaient se permettre de conserver des appareils en réserve, et les annulations de vols étaient rares. Aujourd’hui, la logique de la rentabilité à tout prix interdit de garder des appareils en attente, et les problèmes mécaniques se traduisent par des annulations de vol. Quand les économistes calculent les avantages de la déréglementation, ils en ignorent de nombreux coûts induits.

Il n’y a désormais plus d’entreprises vraiment solides, ce qui signifie que les investissements en vue de la retraite se sont transformés en une loterie hasardeuse. Les américains s’en sont rendu compte, ce qui explique que les projets de privatisation des retraites financées par la sécurité sociale ne recueillent aucun soutien.

Si on analyse l’état réel de l’économie américaine, nous constatons que ce qui n’a pas a été délocalisé est secouru par l’état. L’an dernier, le Département de l’Energie a été autorisé à faire 25 milliards de dollars de prêts à des fabricants d’automobiles et des fournisseurs de pièces détachées. La semaine dernière, le Secrétaire au Trésor a alloué 5 milliards de dollars à Fannie Mae et Freddie Mac.

Le Congressional Budget Office [1] indique que cette décision du Trésor implique « que les opérations de Fannie Mae et Freddie Mac devraient être directement incorporées dans le budget fédéral. » Leurs revenus devraient être traités comme des recettes fédérales, et leurs dépenses comme les dépenses fédérales. Si les premiers étaient supérieurs aux secondes, il n’y aurait alors aucune raison pour cette reprise par l’état.

La question qui se pose est celle-ci : qu’est-ce que ces nouvelles responsabilités impliquent pour la qualité des emprunts émis par le Trésor ?

Pour l’instant, cette question reste ignorée. La pratique traditionnelle qui consiste à aller chercher refuge vers le dollar et les bons du Trésor américains pendant les périodes d’incertitudes et de stress financier a renforcé la devise US et maintenu des taux d’intérêt bas. Mais tôt ou tard, le déficit budgétaire des États-Unis, qui est aggravé par la récession et par ces opérations de renflouement, et d’autre part l’énorme déficit commercial qui nécessite d’attirer les dollars détenus à l’étranger en direction des actifs et des produits financiers américains, se traduiront par une réaction des investisseurs internationaux qui diminueront alors le volume de leurs avoirs en dollar.

Lorsque ce moment arrivera, les taux d’intérêt américains devront augmenter pour que le gouvernement puisse continuer à compter sur l’étranger pour attirer les capitaux provenant des surplus des pays exportateurs afin de financer le déficit budgétaire des États-Unis.

Les problèmes financiers actuels ont donc pour arrière-plan ces autres problèmes encore plus préoccupants que sont les déficits du budget et du commerce extérieur. Les biens et services destinés aux marchés US que les sociétés délocalisées sous-traitent à l’étranger reviennent sous forme d’importations qui augmentent le déficit commercial américain. Délocaliser la production réduit le PIB et l’emploi aux États-Unis et augmente le PIB et emploi à l’étranger. Délocaliser la production réduit la capacité exportatrice de l’économie américaine tout en augmentant la facture des importations.

Comment mettre fin au déficit commercial ? Une solution consisterait en une dévaluation du dollar, qui réduirait les revenus réels des consommateurs américains et ne leur permettrait plus d’acheter les biens et services importés.

Comment venir à bout du déficit budgétaire lorsque les emplois sont en voie de disparition et que le PIB (c’est-à-dire la base des ressources fiscales) est transféré à l’étranger ?

Pas par des impôts plus élevés. Des impôts plus élevés sont problématiques pour une économie en récession où le chômage, lorsqu’il est correctement mesuré, est déjà à deux chiffres.

Certains ont imaginé que le déficit budgétaire pourrait être jugulé par le démantèlement des programmes d’assurance santé. Toutefois, compte tenu du coût de l’assurance privée, ce serait catastrophique pour des dizaines de millions d’Américains âgés.

La solution la plus probable consisterait à effectuer un « raid » sur les fonds de pensions. Alicia Munnell, Secrétaire adjointe au Trésor chargée de la politique économique de l administration Clinton, fait valoir que les fonds de pensions doivent faire face à un prélèvement pour compenser le fait que les montants qui y sont épargnés sont exempts d’impôt. Je m’attends à ce que le gouvernement fédéral, confronté à sa propre faillite, ressuscite cet argument, car il offre une solution préférable à la planche à billet utilisée par les républiques bananières ou l’Allemagne de Weimar.

Au 21ème siècle, l’économie américaine a été soutenue par l’expansion de la dette, et non par la croissance du revenu réel. Les économistes ont mis en avant les gains de productivité des États-Unis, mais il n’y a pas de d’indication que l’augmentation de la productivité ait augmenté les revenus des ménages, ce qui signale qu’il y a un problème avec les statistiques sur la productivité. Avec des ménages surendettés, pour lesquels la valeur de leur patrimoine le plus important - le logement - est en baisse, le consommateur américain ne sera pas à l’origine d’une reprise économique.

Un pays pourvu de dirigeants avisés reconnaîtrait sa situation difficile, mettrait un terme à ses guerres inutiles, et réduirait son énorme budget militaire, qui dépasse celui du reste du monde. Mais un pays dont l’objectif en politique étrangère est l’hégémonie mondiale continuera sur la voie de la destruction jusqu’à ce que le reste du monde cesse de financer son existence.

La plupart des Américains, y compris les candidats à l’élection présidentielle et les médias, ne savent pas qu’aujourd’hui le gouvernement des États-Unis, à cette minute même, n’est pas en mesure de financer cette journée de fonctionnement et doit compter pour ce faire sur les étrangers qui achètent ses bons du Trésor. Le gouvernement leur paie les intérêts grâce à la vente de nouveaux bons, et lorsque ceux-ci arrivent à échéance, le gouvernement les rembourse en vendant à nouveau des bons. Le jour où les étrangers cesseront d’acheter les bons du Trésor sera le jour où le peuple américain et son gouvernement seront ramenés à la réalité.

Une telle situation financière n’est pas celle d’une superpuissance.

Le sort que connaît aujourd’hui Lehman Brothers préfigure-t-il le destin de l’Amérique de demain ?


Paul Craig Roberts, Vdare, 15 septembre 2008
"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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#812521Posté le : le 25-09-2008 12:09:44 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
La réalité des processus de création monétaire ou l'art de créer de la monnaie à partir des dettes:
Paul Grignon, 2006, 47 min

le fichier du document à visionner:
http://www.neonline.be/UserFiles/monnaie/file/Mone...

le site du document:
http://www.neonline.be/sites/monnaie
"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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#812922Posté le : le 25-09-2008 17:30:01 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
Il est probable qu'il ait regardé la video:
http://polaris.moviments.net:8000/fr/jai-vole-492000-euros-ceux-qui-nous-volent-le-plus-pour-les-denoncer-et-construire-des-alternatives-


http://fr.wikipedia.org/wiki/Voleur
Un voleur est une personne qui effectue un vol. Par extension, ce terme s'applique aux personnes morales (par exemple, sociétés, entreprises et gouvernements).

"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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#813765Posté le : le 26-09-2008 19:09:23 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
Citation de : DIVINE (au 25-09-2008 12:09:44)

La réalité des processus de création monétaire ou l'art de créer de la monnaie à partir des dettes:
Paul Grignon, 2006, 47 min

le fichier du document à visionner:
http://www.neonline.be/UserFiles/monnaie/file/Mone...

le site du document:
http://www.neonline.be/sites/monnaie



Je sais, j'insiste mais après ce visionnage vous comprendrez mieux l'intérêt d'être short long terme face aux turpitudes économiques auxquelles nous sommes confrontés. Et puis, c'est très instructif pour toute la famille.
"Chaque grande crise révèle les spéculations excessives de nombreuses maisons que personne ne soupçonnait auparavant."
Walter Bagehot
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Roque

(1410 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

#814034Posté le : le 27-09-2008 22:57:16 Voir le profil   Envoyer un email à l'auteur   Voir le page de Roque   Envoyer un message privé   Répondre avec citation  
Citation de : DIVINE (au 25-09-2008 12:09:44)


le fichier du document à visionner:
http://www.neonline.be/UserFiles/monnaie/file/Mone...





Bonsoir DIVINE,

Cet vidéo est remarquable.

Espérons qu'un maximum de Pro-ATistes la visionne et la montre à leurs enfants.

Merci pour le lien ... avec ton autorisation je le repasserai dimanche dans mon commentaire.

A+

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Sujet : Crises, kracks et spéculations...
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