Nous avons vu lors de l’article précédent que le départ en tendance d’une action se traduit par une augmentation de la volatilité, c’est à dire que l’action sort d’une zone de prix dans laquelle elle évoluait depuis quelques temps et voit son cours se propulser vers de nouveaux sommets ou de nouveaux bas. Pour profiter des départs à la hausse et essayer d’en suivre le déroulement, l’analyste technique trace sur ses graphiques des lignes obliques reposant sur une hypothèse simple : le déplacement des cours va garder une vitesse relativement constante entre le point de départ de la tendance et son objectif final.
Les cours ne se déplacent cependant pas en ligne droite mais alternent les phases d’accélération et de consolidation, et ceci même dans une tendance bien établie. Ce sont ces oscillations qui, lorsqu’on les relie entre elles, permettent de tracer les lignes de tendance. Deux à trois points graphiques alignés sont nécessaires pour tracer ces droites
Ces lignes sont utiles sur deux plans :
Vérifier la validité d’une tendance et éventuellement permettre d’entrer en position si l’on n’est pas encore placé sur cet actif, ou même renforcer une position gagnante en disposant de points de repère permettant une entrée proche du meilleur prix possible.
Permettre à l’investisseur de détecter la fin d’une tendance en cours et de sortir de sa position au moins de façon partielle. De cette manière le capital ne reste pas immobilisé sur une valeur ne présentant plus un potentiel de mouvement intéressant.
Les analystes utilisent également les moyennes mobiles pour suivre les tendances. Le calcul d’une moyenne mobile s’effectue très simplement : pour une moyenne sur 50 semaines par exemple la somme des 50 derniers cours de clôture est divisée par 50. On dispose ainsi de la valeur moyenne du cours de l’action durant les 50 dernières semaines. Chaque fin de semaine cette valeur est remise à jour et sa position reportée sur le graphique. Les points reliés entre eux forment une courbe qui suit la progression des cours avec un petit retard.
Quand une action monte, la moyenne mobile dessine ainsi sur les graphiques une sorte de « plancher » incliné qui, tant qu’il n’est pas traversé par les cours, permet à l’investisseur de rester tranquillement placé sur l’action achetée tant que dure la hausse. Tout l’art consiste à chercher quelle moyenne suit les cours avec le même rythme de progression de manière à coller au plus près à la tendance tout en lui laissant suffisamment de place pour se développer. Le point de repère ainsi visualisé par la moyenne mobile permet de vérifier la bonne continuation du mouvement.
La mise en place et l’utilisation de ces outils, fort utiles au suivi de position et à la prise de décision est quotidiennement utilisé par les investisseurs ou les traders qui ont choisi l’Analyse Technique comme outil d’aide à la décision. Nous verrons dans l’article suivant qu’ils procurent également au spéculateur comme à l’investisseur la possibilité de ne pas rester immobilisé sur un actif incapable de libérer un potentiel haussier.
Nous avions vu lors de l’article précédent qu’une volatilité réduite suivie d’une perforation de la bande haute de Bollinger pouvait constituer un signal d’achat intéressant. Ce fut le cas de l’action Mobistar en octobre 2002 avec le franchissement de 22€. Mais pour tout investisseur ou trader se pose toujours la question de la conservation de l’action en portefeuille : quand vendre ?
Nous voyons sur le graphe qui suit que les bas de juillet et de septembre reliés entre eux permettent déjà de tracer une ligne de tendance graphique orientée à la hausse. Un troisième point de contact vient conforter cette ligne en mars 2003 et permet déjà de disposer d’un point de repère pour suivre une éventuelle hausse durable.
La moyenne mobile figurée en gras accompagne le retournement haussier de la tendance sans pour autant coller trop aux cours. La surveillance de ces deux points de repère permet en analyse technique le suivi de tendance et aidera à la conservation de la ligne d’actions car tant que ces deux niveaux, ligne de tendance et moyenne mobile, ne seront pas passés à la baisse l’heureux propriétaire des actions Mobistar n’aura aucune raison objective de se séparer d’un actif conservant un potentiel haussier manifeste.
En août 2005, un premier signal alerte l’investisseur avec la cassure baissière de la moyenne mobile mais la ligne de tendance réussit à renvoyer les cours au niveau du sommet de mars.. Ce n’est qu’au tout début 2006 que les niveaux de la moyenne mobile et de la ligne de tendance sont cassés à la baisse, donnant ainsi un signal de revente (au moins partiel) de l’action Mobistar pour prise de plus value.
Le resserrement des bandes de Bollinger qui entourent les cours se produit au même moment, signalant que l’action est rentrée dans une zone de congestion rendant inutile la conservation de la ligne d’action. La volatilité réduite, décrite au premier épisode de cette série d’articles, vient donc confirmer qu’il est préférable à ce niveau de consacrer le capital à d’autres actifs potentiellement plus rémunérateurs.