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Analyse conjoncture | Analyse : Vous voulez vous battre ?

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Vous voulez vous battre ?

Le S&P500 a réalisé sa plus mauvaise performance sur 3 jours depuis début mars 2009 : -5,16%. Même en mai (13 mai) et en juillet (7 juillet) derniers la baisse n'avait pas atteint une telle ampleur.

Il semble que cette baisse des indices en aurait surpris plus d'un !
Cependant il fallait être véritablement autiste pour ignorer les éléments qui alertaient sur le fait que le mouvement était allé trop loin pour continuer sans reprendre sa respiration. Ainsi le 3 janvier j'écrivais que la hausse depuis mars 2009 faisait statistiquement partie des hausses les plus vigoureuses et les plus longues jamais connues (relire mon commentaire « 2009 : année exceptionnelle ! »). je vous disais alors : «... prenons le S&P500 ... il n'existe aucune hausse comparable, en durée et intensité, à celle que nous avons connue en 2009. » . De la même façon les différents ratio mesurant le sentiment du marché étaient, et sont encore, à des niveaux incompatibles avec une poursuite durable de la hausse en cours sans consolidation préalable. Le ratio Bull/Bear d'Investors Intelligence a ainsi culminé, juste avant le décrochage à 3,32, et celui de l'AAII donnaient début janvier 49,18% de sentiment haussier contre seulement 22,95% de sentiment baissier.

« Les nouvelles ne font pas le marché, c'est le marché qui fait la nouvelle. »
 

Dire que c'est la déclaration d'Obama qui aurait fait basculer le marché relève d'une grande incompréhension de la nature même des marchés financiers. Il est vrai que depuis la médiatisation à outrance des activités de marché les vendeurs de news font tout pour convaincre le gogo-trader que son nirvana se trouve caché dans le déchiffrage des news ou des statistiques.

Après avoir annoncé début janvier qu'il proposerait au Congrès le vote d'une taxe sur les activités bancaires (0,15% sur les actifs garantis soit sur la base bilan-fonds propres-dépôts garantis par FDIC) limitée aux grosses institutions financières (présentant un bilan supérieur à 50 milliards de dollars) il a surenchéri jeudi dernier en proposant des mesures visant à limiter la taille et les activités de ces institutions. Vous trouverez son intervention ici. Pour ceux qui ont des difficultés avec la langue de Shakespeare j'ai joint plus bas une traduction rapide des principaux points qu'il a abordés.

Très franchement il est difficile en première lecture de ne pas applaudir à ces propositions. D'ailleurs ces propositions d'Obama était dans ma lettre au Père Noël du 20 décembre dernier. Souvenez-vous : « L'argent n'a pas d'odeur »

Comment peut-on dès lors supporter d'entendre ces lamentations autour du too big to fail sans penser qu'une étroite collusion existe entre les mondes de la finance et de la politique ? La solution, pour empêcher que la bombe qui explosera- car elle explosera- n'emporte tout sur son passage, est de démanteler au plus vite les conglomérats financiers pour revenir à des bombes de taille gérable et à une séparation entre les activités de spéculation (banques dites d'investissement) et de commerce (banque commerciale). J'ai malheureusement le sentiment que cette lettre au Père Noël demeurera sans effet.

Merci Père Noël !

Certes ces propositions d'Obama sont sans doute le fruit du ras le bol général qui monte aux Etats-Unis. Comme je vous en ai déjà parlé (Faisons l'autruche), même des pontes comme Bill Gross, gérant de PIMCO, se mettent à critiquer sans retenue les collusions entre le gouvernement et le monde de la finance.

Pour Obama le révélateur a probablement été cette cinglante défaite électorale du parti démocrate dans le Massachusetts. Cet état majoritairement démocrate a été retourné comme un gant par un raz de marée anti-Wall Street. Les perspectives des élections de novembre et les difficultés rencontrées pour rassembler 60 voix au Sénat pour reconduire le magicien Bernanke dans ses fonctions (avant le 31 janvier !) sont aussi des éléments qui ont pesé dans la balance. Comme me le faisait remarquer un ami, Bernanke vole de performance en performance. Il passe en quelques jours du statut envié d'homme de l'année à celui d'actif pourri (toxic asset) !

Mais je pense que la force de persuasion et l'aura de Volcker ne sont pas étrangers à ce revirement d'Obama. La présence de la haute stature de Volcker dans le champ des caméras et le fait qu'il soit cité dans l'intervention même montrent qu'il a joué un rôle dans ce retournement. ... ou bien qu'il est utilisé à des fins purement médiatiques.

Car l'autre interprétation, qu'il faut avoir le courage de faire, est que tout ceci ne serait que de la fumée. Un écran de fumée permettant de reprendre l'initiative avant les élections cruciales de novembre prochain.

Cette possibilité ne peut pas être écartée car les mesures en elles-mêmes ne sont pas révolutionnaires. Comparez par exemple ce que la taxe demandée par Obama pourrait rapporter (90 milliards sur 10 ans) aux aides qui ont été directement ou indirectement apportées au monde de la finance. Pour cela allez sur ce site qui entretient un suivi rigoureux des aides gouvernementales.

Rapprochez ce montant, 9 milliards par an, des sommes astronomiques versées au titre des bonus : 140 milliards de dollars pour 2009 (GS : 16 milliards de dollars de bonus).
Fig1.

Vous êtes perdus, comme moi, avec tous ces chiffres. Et bien 140 milliards de dollars c'est plus que le PIB de chacun de ces pays ci-dessous :
Fig2.


L'autre question que l'on peut se poser est « quelle réelle liberté de maneuvre Obama a-t-il ? ». J'ai montré ici plusieurs fois que TOUT le gouvernement est lié, directement ou indirectement, au monde de la finance. Lorsqu'il dit « Donc si ces gens veulent se battre, j'y suis prêt. » mesure-t-il le défi que ceci représente ?

Alors poujadisme ou sincérité nous le saurons en 2011. En attendant prenez garde au trou d'air !

 

Bonne semaine à toutes et à tous et mille remerciements aux bordelaises et bordelais pour leur accueil chaleureux et leur gentillesse

 

 

 

 

 


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Traduction partielle de l'intervention d'Obama du 21 janvier 2010.
 

Le CONSTAT :

Cette crise économique a commencé par une crise financière, résultat des risques énormes et inconsidérées pris par les banques et les institutions financières à la recherche de profits rapides et de primes colossales.
...

Alors que le système financier est beaucoup plus fort aujourd'hui qu'il ne l'était il y a un an, il est toujours régi selon ces mêmes règles qui l'ont conduit au bord du gouffre. Ce sont des règles qui autorisent ces institutions à agir contre l'intérêts de leurs clients, à masquer la réalité de leur exposition à la dette par des montages financiers complexes, à utiliser les dépôts, assurés par le contribuable, dans des placements spéculatifs, et à prendre des risques si importants qu'ils représentent une menace pour l'ensemble du système.
...

En premier lieu, nous ne devons plus permettre que les banques s'éloignent autant de leur mission première qui est de servir leurs clients.
...

Le fait est que ce genre d'opérations de marché conduit à des prises de risque énormes et coûteuses, mettant en danger toute la banque si les évènements tournent mal. Nous ne pouvons tout simplement plus accepter un système dans lequel, au sein des banques, les fonds spéculatifs ou les fonds d'investissement constituent des paris risqués subventionnés par les contribuables et qui peuvent conduire à des conflits d'intérêt. Et nous ne pouvons pas accepter un système dans lequel les actionnaires gagnent de l'argent sur ces opérations si la banque gagne, mais où les contribuables paient la facture si la banque perd.
...
 

Les PROPOSITIONS :

C'est pour ces raisons que je vais proposer une réforme simple et de bon sens, que nous appelons la règle Volcker - selon ce grand type derrière moi. Les banques ne seront plus autorisées à posséder, à investir, ou à promouvoir des fonds spéculatifs, des fonds d'investissement, ou à réaliser des opérations de marché exclusivement pour leur propre profit, sans rapport avec le service qu'elles apportent à leurs clients. Si les institutions financières veulent faire de la négociation [trading] pour chercher à gagner de l'argent, elles sont libres de le faire. En effet, le faisant, de façon responsable, c'est un bonne chose pour les marchés et l'économie. Mais ces institutions ne doivent pas être autorisées à opérer ces fonds spéculatifs et ces fonds d'investissement alors qu'elles contrôleraient aussi une banque soutenue par le peuple américain.
...
En outre, dans le cadre des mesures pour nous protéger des crises futures, je propose également que nous empêchions la poursuite de la consolidation de notre système financier. Il a eu pendant longtemps un plafond de dépôts pour se prémunir du risque important que représente la concentration bancaire. Le même principe devrait s'appliquer aux autres formes de financement proposées aujourd'hui par les grandes institutions financières. Le peuple américain ne sera pas [mieux] servi par un système financier ne comprenant que quelques institutions énormes. Ceci n'est pas bon pour les consommateurs, et n'est pas bon pour l'économie. Et par ces mesures, c'est une situation que nous éviterons.
...
Mon message aux membres du Congrès des deux partis est que nous devons le faire. Et mon message aux dirigeants du monde financier est de travailler avec nous, et non contre nous, sur les réformes nécessaires. Je me félicite des contributions constructives de personnes du secteur financier. Mais ce que nous avons vu jusqu'à présent, ces dernières semaines, c'est une armée de lobbyistes de Wall Street descendre sur le Capitol [le Congrès] pour tenter de bloquer les règles basiques et de bon sens qui permettraient de protéger notre économie et les américains.
....
Donc si ces gens veulent se battre, j'y suis prêt. Et ma résolution en est seulement renforcée quand je vois le retour aux anciennes pratiques de certaines de ces institutions combattant la réforme, et quand je vois les profits exploser et les primes obscènes de ces mêmes institutions qui prétendent ne pas pouvoir prêter davantage aux petites entreprises, ne pas pouvoir maintenir les taux de carte de crédit à un niveau faible, ne pas pouvoir payer la taxe pour rembourser les contribuables pour le plan de sauvetage sans en répercuter le coût sur les actionnaires ou sur les clients – ce sont les revendications qu'ils font. C'est exactement ce genre d'irresponsabilité qui rend clairement la réforme nécessaire.
....
Nous avons traversé une terrible épreuve. Le peuple américain a payé un prix très élevé. Nous ne pouvons pas reprendre les affaires comme avant. C'est pourquoi nous allons veiller à ce que Wall Street rembourse le peuple américain pour son sauvetage. C'est pourquoi nous allons maîtriser les excès et les abus qui ont presque mis notre système financier à terre. C'est pourquoi nous allons faire voter ces réformes.

 

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PS:
J'ai posté une mise à jour du décompte Lindsay dans mon commentaire « George ... le retour ! »

 

 

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Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude.
L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers.
Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière.

Commentaires Vous voulez vous battre ?

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hergastul

(3454 msg)

Plusieurs mois De 1 à 3 ans Technique et fondamentale Futures europe

Posté le : le 30-01-2010 11:54:07 Voir le profil   Envoyer un message privé
LOS ANGELES (Reuters) - Six banques américaines ont été placées vendredi sous la tutelle des pouvoirs publics, qui continuent à mettre fin aux activités de certains établissements aux prises avec les conséquences de la crise financière.

L'American Marine Bank de Washington, la Marshall Bank dans le Minnesota, la First Regional Bank de Los Angeles, la Florida Community Bank d'Immokalee, la First National Bank of Georgia, à Carrollton, et la Community Bank and Trust de Cornelia, en Géorgie, ont ainsi déposé leur bilan, annonce le fonds de garantie des dépôts bancaire (FDIC), ce qui porte à 15 les faillites enregistrées cette année dans le secteur.

Selon la FDIC, 2010 devrait connaître un pic des faillites bancaires. L'an dernier, 140 établissements ont cessé leurs activités. Vingt-cinq avaient connu le même sort en 2008 et trois en 2007.

L'organisme estime que les faillites bancaires vont lui coûter au total une centaine de milliards de dollars sur la période 2009-2013.


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