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Analyse conjoncture | Analyse : S&P 500 triple médaillé d'or

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S&P 500 triple médaillé d'or

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Posté par Roque le 30-11-2008 19:57:02

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La danse des milliards continue de plus belle.


Certes de ce côté ci de l'Atlantique nous faisons petit bras. La Commission européenne brandit le chiffre de 200 milliards d'euros mais ces euros ne lui appartiennent pas et elle « invite » les gouvernements à consacrer 1,5% de leur PIB à des actions de relance de l'activité économique dont personne ne sait ce qu'elles recouvrent.

Grande impuissance conduit à grande gesticulation !

Je remercie au passage madame Merkel pour sa rigidité et je prie pour qu'elle conserve aussi longtemps que possible ce défaut qui s'avèrera demain être une indéniable qualité.

Aux Etats-Unis on ne rigole pas avec les milliards.

Rappelez vous les 700 milliards de Paulson, initialement prévus pour racheter des actifs dépréciés. Paulson a passé de longues heures avec Bernanke devant le Congrès pour expliquer à ces ignards qu'il fallait absolument voter ce financement et que cette solution était la seule valable.

Aujourd'hui Paulson nous explique que la bonne solution, la seule vraiment valable, consiste à recapitaliser les banques. Évidemment il faut le croire.

Puis celui-ci vient, mardi dernier, expliquer aux américains, toujours accompagné de son acolyte Bernanke, qu'il faut maintenant y ajouter une enveloppe de quelques 800 milliards pour soutenir le crédit. Vous avez bien lu, après quelques 700 milliards pour soutenir les banques et les assureurs, ils demandent aujourd'hui une rallonge de 600 milliards pour racheter des dettes hypothécaires aux jumeaux infernaux, et de 200 milliards pour racheter des dettes adossées à des prêts auto, des prêts étudiants, des prêts aux PME et des crédits revolving.

Les 600 milliards viendront « enrichir » le bilan déjà brillant de la Réserve Fédérale. Et les 200 milliards seront assumés à hauteur de 20 milliards sous forme de garantie par le Trésor américain et le reste rejoindra le superbe bilan de la FED.
Fig0.


Et puis il y a aussi l'équipe du nouveau président élu qui commence à laisser filtrer de ci de là quelques informations sur la manne qu'il va répandre sur l'Amérique. On parle en ce moment d'un plan de relance de 700 milliards. Mais au même moment, comme tout bon homme politique qui se respecte, Obama parle de réduction d'impôts, à un moment où les recettes fiscales sont au plus mal, d'extension de la couverture sociale, à un moment où les déficits culminent comme ils ne l'ont fait qu'en temps de guerre de ce côté ci de l'Atlantique, de réduction de la dette publique, etc ...

Les medias ne cessent de faire le parallèle entre Roosevelt et Obama. C'est vrai que Roosevelt a pris ses fonctions alors que la crise avait déjà pris toute son ampleur. Si le parallèle continue Roosevelt a renié toutes les promesses faites avant son élection et fait exactement le contraire de ce pour quoi il avait été élu (c'est le deuxième conflit mondial qui a sorti les USA de la crise économique et non pas le plan de Roosevelt). En poussant le parallèle un peu plus loin, peu de temps après sa prise de fonction Roosevelt dévaluait le dollar entrainant une réévaluation de 70% de l'or....
Fig1.


Avec l'héritage qu'il va recevoir le 20 janvier, quelle autre solution se présentera à Obama pour sortir de cette crise sans précédent ?

L'héritage vous l'avez compris c'est cette montagne de dette qui vient de passer, pour la seule dette publique, de moins de 6 000 milliards de dollars fin 2001, à plus de 18 000 milliards de dollars en cette fin d'année 2008 (vous avez bien lu : 10 650 milliards de dettes publiques plus 7 800 milliards de dettes ou de garantie, c'est la même chose, directes et indirectes conséquences des différents plans de sauvetage et autres nationalisations de fait.
Fig2


La défiance est aujourd'hui perceptible dans l'évolution du coût pour assurer la dette américaine ... incroyable. En moins d'un an cette assurance a été multipliée par 6.
Fig3.

C'est vrai que de notre côté, de l'Atlantique, la défiance comme aussi à s'installer vis-à-vis des engagements de certains états. Certains pays se sont dangereusement engagés sur des marchés émergents. Un seul exemple, l'Autriche a prêté à des pays de l'ancien bloc soviétique à hauteur de 80% de son PIB.

Nous ne sommes donc pas encore sortis d'affaire !


Évidemment le rebond -tout est relatif- récent des indices alimente abondamment la presse.
J'ai ramassé à l'hotel un journal dit financier (cela fait quelques temps que je ne paie plus pour acheter ces journaux là) dont le gros titre est un véritable appel au crime : « Gagnez 10 à 30% en 2009 ».

Un peu d'histoire pour mesurer l'ampleur de ce qui pourrait bien nous attendre (notez l'emploi du conditionnel). Le graphique qui suit est celui du S&P500 sur la période allant de 1928 à 1955.
Fig4.


Je ne cherche pas à faire de comparaison entre la baisse actuelle et cette baisse de 1929 à 1932, ni d'ailleurs avec celle de 2000 à 2002. Je ne pense pas que l'Histoire se répète à l'identique mais simplement que, comme le souligne FISCHER, l'Histoire rime.
Donc si vous avez attentivement regardé ce graphique vous avez noté qu'il aura fallu 25 années au S&P 500 pour retrouver le sommet atteint avant le krach de 1929. Mais aussi qu'avant que les marchés ne se stabilisent après ce choc majeur, où ils avaient perdu 85% de leur valorisation, plusieurs répliques sont venues secouer les investisseurs (phénomène d'amortissement comme un_ressort que vous étirez puis que vous lachez):

  • après un retracement de 52% à partir de juillet 1932 jusqu'à fin 1936, les marchés rendaient 80% de leur progression.
  • après un nouveau retracement jusqu'au même niveau le marché reperdait près de 40%

La volatilité ne s'est réellement calmée qu'après cette dernière consolidation.

Aujourd'hui le S&P500 a réalisé plusieurs records dont:

  • plus forte baisse en un an DEVANT celle de 1929,
  • et plus forte volatilité jamais observée.

Lorsqu'on symbolise sur un graphique du S&P500 la baisse de 2000 à octobre 2002 et que l'on reporte ce segment au sommet de 2007 on s'aperçoit alors de la puissance extraordinaire du mouvement que l'on vient de vivre.

Fig5.

Les cours, à la même vitesse moyenne que pendant le marché baissier 2000-2002, n'auraient dû atteindre leur objectif qu'en avril 2010. Ils ont donc un an et demi d'avance sur leur plan de route. C'est dire la brutalité du mouvement.
Par comparaison j'ai fait le même exercice pour d'autres indices. Le moins stressé est sans conteste le DAX :
Fig6.


Entre les deux on trouve le CAC40 :
Fig7.

Quelle leçon en tirer ?

Reprenez mes commentaires sur la baisse commencée en 1929 et rapprochez les de ces graphiques montrant le niveau du séisme qui est intervenu.

Je suis certain que vous aurez compris qu'il va falloir encore quelques temps pour que le ressort se stabilise.

 

Bonne semaine à toutes et à tous

 

Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude.
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