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Encore une pierre à ajouter au monument commémorant la fin de cette crise. Car vous en êtes tous convaincus, la crise est finie. N'est-ce pas ? D'ailleurs comment en serait-il autrement puisque les banques affiliées à la FDIC continuent de tomber. Pour 2009 nous en sommes à 72 .
La semaine prochaine il faudra peut être y ajouter la deuxième banque du Texas, la Guaranty Bank, qui est aujourd'hui en mauvaise posture (elle fait partie des 50 plus grosses banques américaines). Compte-tenu de sa taille sa mise sous tutelle devrait mettre également en difficulté la FDIC dont les fonds seraient alors insuffisants. Mais, rassurez-vous, Obama ayant fait voter un prêt du Trésor de 500 milliards de dollars au profit de la FDIC, le contribuable américain viendra à son secours. Mais il est peu probable que le décompte en reste là.
En résumé: elle n'a pas dit ça. Encore un sénateur qui a des problèmes d'audition ! Pourtant plusieurs personnages bien renseignés pensent, et le disent sans détour, que les problèmes des banques sont loin d'être terminés. Fin juillet Josef Ackermann, le président de la Deutsche Bank, confiait à l'occasion d'un évènement à Zurich que les défaillances sur les prêts seront la prochaine vague de cette crise ( Bad Loans Are ‘Next Wave’ of Crisis). Selon lui les banques ayant reçu des aides des gouvernements conditionnées à un assouplissement des octrois de prêts vers les ménages sont désormais les plus exposées au risque de défaillance. Deux analystes de Morgan Stanley commentant leur position sur Deutsche Bank le même jour écrivaient : Nous avons été frappés par l'augmentation de 44% des incidents de prêts au cours du trimestre». Quelques jours plus tard, le 5 août, ce sont deux analystes new-yorkais de Deutsche Bank (encore) qui lançaient un pavé dans la mare de l'immobilier américain. Je sais que les oracles ont parlé récemment, délivrant un grand message d'espoir ! À n'en pas douter, les anticipations sur la crise actuelle que ces personnages ont produites contribuent fortement à la crédibilité de leur message d'espoir. À votre avis ? Mais tout ceci n'est que rengaine et vous connaissez maintenant ma position sur le sujet ... depuis le temps ! Pour moi le vrai sujet de la semaine est ailleurs. Ce commentaire n'a quasiment pas pris une ride. Les informations très précises données par Matthew Simmons dans ses ouvrages The World's Giant Oilfields [2000] et Twilight in the desert[2005] restent d'une incroyable actualité. Jusqu'alors les organismes officiels abordant les questions sur l'avenir de l'énergie fossile (AIE, OCDE, ONU ...) considéraient les propos de Simmons, de Laherrère ou encore de Sprott avec le plus grand mépris. Depuis peu le vent a changé. La démarche entreprise par Simmons, qui a consisté à prendre les données de production gisement par gisement, a enfin été conduite par l'Agence Internationale pour l'énergie (AIE). Il était temps. De ces études, qui auraient dû être conduites il y a des lustres, les conclusions transparaissent au fil des mois dans les déclarations officieuses et officielles des membres de cette organisation. Dernièrement le directeur général de l' AIE, monsieur Birol, a lâché une véritable bombe, à mon sens. Dans une interview au journal The Independent il déclare que le public et de nombreux gouvernements semblent oublier le fait que le pétrole, dont dépend de la civilisation moderne, est en train de s'épuiser plus rapidement que prévu jusqu'alors, et que la production mondiale est susceptible de faire un pic d'ici 10 ans - au moins une décennie plus tôt que la plupart des gouvernements l'avaient estimé. Je vous livre une traduction rapide de cet entretien dont vous trouverez les termes originaux sur le site de The Independent.
Un jour, nous allons manquer de pétrole, ce n'est pas aujourd'hui ni demain, mais un jour, nous allons manquer de pétrole et nous devons quitter le pétrole avant qu'il ne nous laisse nous, et nous devons nous y préparer. Le plus tôt on commencera, le mieux ce sera, parce que tout notre système économique et social est fondé sur le pétrole, ce changement prendra beaucoup de temps et beaucoup d'argent et nous devons prendre cette question très au sérieux». Le pouvoir sur le marché des très rares pays producteurs de pétrole, principalement au Moyen-Orient, va augmenter très rapidement. Ils détiennent déjà environ 40 % des parts du marché du pétrole et cela va augmenter beaucoup plus fortement à l'avenir. Il y a maintenant un risque réel de contraction [crunch] de l'offre de pétrole après l'an prochain, lorsque la demande reprendra, car pas assez d'investissements ont été faits pour créer de nouvelles sources d'approvisionnement de pétrole pour compenser le déclin rapide dans les gisements existants. L'AIE estime que la baisse annuelle de la production de pétrole dans les champs existants est actuellement de 6,7 %, comparativement à 3,7%, estimé en 2007, chiffre reconnu désormais comme faux. Si nous voyons un resserrement sur les marchés, les gens de la rue le verront en termes de prix plus élevés, beaucoup plus élevés que maintenant. Il aura un impact sur l'économie, certainement, surtout si ce resserrement intervient sur les marchés dans les prochaines années . Ce sera particulièrement important, car l'économie mondiale sera encore très fragile, très vulnérable. Beaucoup de gens pensent qu'il y aura une reprise dans quelques années, mais ce sera une reprise lente et fragile et nous avons le risque que cette reprise soit étranglée par une hausse des prix du pétrole . Dans sa toute première évaluation des principaux champs de pétrole, l'AIE a conclu que le système énergétique mondial est à la croisée des chemins et que la consommation de pétrole est manifestement non viable, avec une demande attendue dépassant de loin l'offre. La production de pétrole a déjà atteint un pic dans les pays non-OPEP et l'ère de pétrole bon marché est terminée. Dans la plupart des gisements, la production de pétrole a fait son pic, ce qui signifie que d'autres sources d'approvisionnement doivent être trouvées pour répondre à la demande existante. Même si la demande restait stable, le monde devra trouver l'équivalent de quatre Arabie Saoudite pour maintenir la production, et de six Arabie Saoudite s'il s'agissait de satisfaire l'augmentation attendue de la demande d'ici à 2030. «C'est un grand défi en termes de géologie, en termes d'investissements et en termes de géopolitique. C'est donc un grand risque, et c'est principalement en raison du taux de baisse des champs de pétrole en déclin. Beaucoup de gouvernements sont plus ou moins conscients du fait qu'au moins l'époque du pétrole bon marché et facile est finie... [mais] je ne suis pas très optimiste sur la prise de conscience des gouvernements quant aux difficultés que nous pourrions avoir à affronter sur l'offre de pétrole. Les écologistes craignent qu'alors que l'offre de pétrole conventionnel s'épuise, les gouvernements soient forcés d'exploiter des alternatives plus polluantes, telles que les réserves importantes de sables bitumineux d' Alberta, au Canada, ce qui serait extrêmement dommageable pour l'environnement en raison de la quantité d'énergie nécessaire pour récupérer un baril d'huile de goudron de sable par rapport à l'énergie nécessaire pour recueillir la même quantité de pétrole brut. Après cet interview en forme de PRISE DE CONSCIENCE D'UNE TERRIBLE REALITE, quelle leçon en matière d'investissement peut-on en tirer ? Regardez les prix du pétrole brut et du gaz naturel (en €uro bien entendu) et posez vous la question suivante Le risque dont parle le directeur général de l'Agence Internationale pour l'Energie est-il reflété dans les prix ? et Où ce risque est-il le moins bien pris en compte ?
Bonne semaine à toutes et à tous
Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude. L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers. Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière. Vous devez être identifié pour poster un commentaire. Pour vous identifier : cliquez ici Pour vous incrire sur Pro-AT : cliquez ici |
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