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Analyse conjoncture | Analyse : Prise de conscience

[pass oublié]

Prise de conscience


Les nouvelles sont inhabituellement abondantes et importantes pour une période estivale.
Je passerai rapidement sur l'annonce par Fannie Mae d'une nouvelle perte trimestrielle de 14,8 milliards de dollars (ironie du moment, certains présentent celle-ci comme une nette amélioration par rapport à la perte de 23,2 milliards réalisée au trimestre précédent !). Une nouvelle fois le contribuable américain va mettre la main à la poche avec un don du Trésor au profit de Fannie Mae pour environ 10,7 milliards. Mais la saga des jumeaux n'est sans doute pas finie. Dans son communiqué de presse du 6 août Fannie Mae précisait, en guise de perspectives, que Due to current trends in the housing and financial markets, we expect to have a net worth deficit in future periods, and therefore will be required to obtain additional funding from the Treasury ...
ou
En raison des tendances actuelles de l'immobilier et des marchés financiers, nous nous anticipons une situation nette déficitaire pour les périodes futures et, par conséquent, il sera nécessaire d'obtenir des fonds supplémentaires du Trésor, .....

Encore une pierre à ajouter au monument commémorant la fin de cette crise. Car vous en êtes tous convaincus, la crise est finie. N'est-ce pas ?

D'ailleurs comment en serait-il autrement puisque les banques affiliées à la FDIC continuent de tomber.

Pour 2009 nous en sommes à 72 .
Fig1.

La semaine prochaine il faudra peut être y ajouter la deuxième banque du Texas, la Guaranty Bank, qui est aujourd'hui en mauvaise posture (elle fait partie des 50 plus grosses banques américaines). Compte-tenu de sa taille sa mise sous tutelle devrait mettre également en difficulté la FDIC dont les fonds seraient alors insuffisants. Mais, rassurez-vous, Obama ayant fait voter un prêt du Trésor de 500 milliards de dollars au profit de la FDIC, le contribuable américain viendra à son secours.

Mais il est peu probable que le décompte en reste là.
Le directeur général de la FDIC, Sheila C. Bair (vice-présidente au NYSE en charge des relations avec le gouvernement sous l'administration Clinton) aurait lâché en privé qu'au moins 500 banques américaines étaient aujourd'hui susceptibles de fermer. L'information a été rapportée par son interlocuteur le sénateur Jim Bunning devant le comité bancaire du Sénat. Bien évidemment aussitôt connue la nouvelle faisait l'objet d'un démenti.
Fig2.

En résumé: elle n'a pas dit ça. Encore un sénateur qui a des problèmes d'audition !

Pourtant plusieurs personnages bien renseignés pensent, et le disent sans détour, que les problèmes des banques sont loin d'être terminés.

Fin juillet Josef Ackermann, le président de la Deutsche Bank, confiait à l'occasion d'un évènement à Zurich que les défaillances sur les prêts seront la prochaine vague de cette crise ( Bad Loans Are ‘Next Wave’ of Crisis).

This crisis has consisted of a series of earthquakes, with changing epicenters,”
“Banks that have fared relatively well so far will also be affected by this.”

«Cette crise a consisté en une série de tremblements de terre, avec des épicentres évoluant»,
Les banques qui ont relativement bien réussi jusqu'à ce jour seront également touchées.

Selon lui les banques ayant reçu des aides des gouvernements conditionnées à un assouplissement des octrois de prêts vers les ménages sont désormais les plus exposées au risque de défaillance.

Deux analystes de Morgan Stanley commentant leur position sur Deutsche Bank le même jour écrivaient : Nous avons été frappés par l'augmentation de 44% des incidents de prêts au cours du trimestre».

Quelques jours plus tard, le 5 août, ce sont deux analystes new-yorkais de Deutsche Bank (encore) qui lançaient un pavé dans la mare de l'immobilier américain.
Selon eux, près d'un ménage sur deux, 48% exactement soit 25 millions de foyers, est susceptible de se retrouver d'ici 2011 avec une dette à rembourser supérieure au montant estimé de leur maison. À la fin du 1er trimestre 2009 ce pourcentage était estimé à 26%. Comment considérer aujourd'hui que la situation puisse être en voie de normalisation alors que l'immobilier américain ne cesse à l'évidence de se détériorer et que cette situation influe, et influera de plus en plus, sur la capacité à consommer des américains, laquelle représentait en 2007 70% du PIB ?

Je sais que les oracles ont parlé récemment, délivrant un grand message d'espoir !
Greenspan est sorti de sa fructueuse retraite (eu égard aux émoluments que celui-ci engrange pour ses prestations) pour nous annoncer que la reprise est très proche, et qu'il est pratiquement sûr que l'économie américaine aurait touché le fond. Dans le même temps mais sur d'autres canaux médiatiques Lawrence Summers déclare que La grande, grande probabilité, c'est que nous verrons, à l'avenir, de la croissance dans la deuxième moitié de l'année. Le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, ne souhaitant pas être en reste enfonçait le même clou quelques heures après.

À n'en pas douter, les anticipations sur la crise actuelle que ces personnages ont produites contribuent fortement à la crédibilité de leur message d'espoir. À votre avis ?

Mais tout ceci n'est que rengaine et vous connaissez maintenant ma position sur le sujet ... depuis le temps !

Pour moi le vrai sujet de la semaine est ailleurs.
J'avais parlé il y a bien longtemps ici même du problème du pétrole. Vous retrouverez ceci par exemple dans un commentaire de 2005 Très cher pétrole.
 

Ce commentaire n'a quasiment pas pris une ride. Les informations très précises données par Matthew Simmons dans ses ouvrages The World's Giant Oilfields [2000] et Twilight in the desert[2005] restent d'une incroyable actualité. Jusqu'alors les organismes officiels abordant les questions sur l'avenir de l'énergie fossile (AIE, OCDE, ONU ...) considéraient les propos de Simmons, de Laherrère ou encore de Sprott avec le plus grand mépris. Depuis peu le vent a changé. La démarche entreprise par Simmons, qui a consisté à prendre les données de production gisement par gisement, a enfin été conduite par l'Agence Internationale pour l'énergie (AIE). Il était temps. De ces études, qui auraient dû être conduites il y a des lustres, les conclusions transparaissent au fil des mois dans les déclarations officieuses et officielles des membres de cette organisation.
 

Dernièrement le directeur général de l' AIE, monsieur Birol, a lâché une véritable bombe, à mon sens. Dans une interview au journal The Independent il déclare que le public et de nombreux gouvernements semblent oublier le fait que le pétrole, dont dépend de la civilisation moderne, est en train de s'épuiser plus rapidement que prévu jusqu'alors, et que la production mondiale est susceptible de faire un pic d'ici 10 ans - au moins une décennie plus tôt que la plupart des gouvernements l'avaient estimé.
 

Je vous livre une traduction rapide de cet entretien dont vous trouverez les termes originaux sur le site de The Independent.


Mais la première évaluation détaillée de plus de 800 champs de pétrole dans le monde, couvrant les trois quarts des réserves mondiales, a montré que la plupart des plus grands gisements ont déjà atteint des pics et que le taux de déclin de la production de pétrole est désormais à près de deux fois le rythme calculé il ya deux ans. De plus, il y a un problème chronique de sous-investissement par les pays producteurs de pétrole, ce qui risque d'aboutir à un pétrole crunch [déficit d'offre] dans les cinq prochaines années, ce qui compromettrait tout espoir de sortie de la présente récession économique.

Un jour, nous allons manquer de pétrole, ce n'est pas aujourd'hui ni demain, mais un jour, nous allons manquer de pétrole et nous devons quitter le pétrole avant qu'il ne nous laisse nous, et nous devons nous y préparer.

Le plus tôt on commencera, le mieux ce sera, parce que tout notre système économique et social est fondé sur le pétrole, ce changement prendra beaucoup de temps et beaucoup d'argent et nous devons prendre cette question très au sérieux».

Le pouvoir sur le marché des très rares pays producteurs de pétrole, principalement au Moyen-Orient, va augmenter très rapidement. Ils détiennent déjà environ 40 % des parts du marché du pétrole et cela va augmenter beaucoup plus fortement à l'avenir.

Il y a maintenant un risque réel de contraction [crunch] de l'offre de pétrole après l'an prochain, lorsque la demande reprendra, car pas assez d'investissements ont été faits pour créer de nouvelles sources d'approvisionnement de pétrole pour compenser le déclin rapide dans les gisements existants.

L'AIE estime que la baisse annuelle de la production de pétrole dans les champs existants est actuellement de 6,7 %, comparativement à 3,7%, estimé en 2007, chiffre reconnu désormais comme faux.

Si nous voyons un resserrement sur les marchés, les gens de la rue le verront en termes de prix plus élevés, beaucoup plus élevés que maintenant. Il aura un impact sur l'économie, certainement, surtout si ce resserrement intervient sur les marchés dans les prochaines années .

Ce sera particulièrement important, car l'économie mondiale sera encore très fragile, très vulnérable. Beaucoup de gens pensent qu'il y aura une reprise dans quelques années, mais ce sera une reprise lente et fragile et nous avons le risque que cette reprise soit étranglée par une hausse des prix du pétrole .

Dans sa toute première évaluation des principaux champs de pétrole, l'AIE a conclu que le système énergétique mondial est à la croisée des chemins et que la consommation de pétrole est manifestement non viable, avec une demande attendue dépassant de loin l'offre.

La production de pétrole a déjà atteint un pic dans les pays non-OPEP et l'ère de pétrole bon marché est terminée.

Dans la plupart des gisements, la production de pétrole a fait son pic, ce qui signifie que d'autres sources d'approvisionnement doivent être trouvées pour répondre à la demande existante.

Même si la demande restait stable, le monde devra trouver l'équivalent de quatre Arabie Saoudite pour maintenir la production, et de six Arabie Saoudite s'il s'agissait de satisfaire l'augmentation attendue de la demande d'ici à 2030.

«C'est un grand défi en termes de géologie, en termes d'investissements et en termes de géopolitique. C'est donc un grand risque, et c'est principalement en raison du taux de baisse des champs de pétrole en déclin.

Beaucoup de gouvernements sont plus ou moins conscients du fait qu'au moins l'époque du pétrole bon marché et facile est finie... [mais] je ne suis pas très optimiste sur la prise de conscience des gouvernements quant aux difficultés que nous pourrions avoir à affronter sur l'offre de pétrole.

Les écologistes craignent qu'alors que l'offre de pétrole conventionnel s'épuise, les gouvernements soient forcés d'exploiter des alternatives plus polluantes, telles que les réserves importantes de sables bitumineux d' Alberta, au Canada, ce qui serait extrêmement dommageable pour l'environnement en raison de la quantité d'énergie nécessaire pour récupérer un baril d'huile de goudron de sable par rapport à l'énergie nécessaire pour recueillir la même quantité de pétrole brut.

Après cet interview en forme de PRISE DE CONSCIENCE D'UNE TERRIBLE REALITE, quelle leçon en matière d'investissement peut-on en tirer ?

Regardez les prix du pétrole brut et du gaz naturel (en €uro bien entendu) et posez vous la question suivante

Le risque dont parle le directeur général de l'Agence Internationale pour l'Energie est-il reflété dans les prix ?

et

Où ce risque est-il le moins bien pris en compte ?
Fig3.

 

Bonne semaine à toutes et à tous

Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude.
L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers.
Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière.

Commentaires Prise de conscience

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rationnel

(581 msg)

Plusieurs jours Plus de 3 ans Technique et fondamentale Autres Dérivés

Posté le : le 09-08-2009 20:34:58 Voir le profil   Envoyer un message privé
tiens j'ai trouvé ça par hasard :

http://www.blogbourse.com/roller/bourse-action-pou...


hergastul

(4272 msg)

Plusieurs mois De 1 à 3 ans Technique et fondamentale Futures europe

Posté le : le 09-08-2009 20:39:13 Voir le profil   Envoyer un message privé
Comment considérer aujourd'hui que la situation puisse être en voie de normalisation alors que l'immobilier américain ne cesse à l'évidence de se détériorer et que cette situation influe, et influera de plus en plus, sur la capacité à consommer des américains, laquelle représentait en 2007 70% du PIB ?


Clair. Merci

Autre lien apocalyptique : http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article...

bon...on fait quoi? Je vais bientôt relire la Bible, si ça continue, surtout le passage avec Noë...

Posté le : le 09-08-2009 20:57:51 Voir le profil   Envoyer un message privé
Super Roque, merci.. Toujours brillantes les analyses!

Posté le : le 09-08-2009 21:50:38 Voir le profil   Envoyer un message privé
et

Posté le : le 09-08-2009 21:52:38 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour Roque,

Oui, le gaz naturel a l'air très sous-côté en ce moment.
Que nous conseillez vous pour investir sur cette matière ? Des minières type Gazprom (risque politique), Encana, ... ?

Que pensez-vous du certificat NGASP d'ETF Securities (attention, c'est une boite américaine et c'est AIG qui garantie en cas de défaillance de l'émetteur, autant dire que l'ETF n'est pas garantie du tout) ?

Et du 1165N (certificat quanto) ?
Beaucoup de critiques sur le web sur celui-ci car il ne semble pas suivre exactement l'évolution du sous-jacent (effet contanguo etc, ...).

Merci d'avance.



serros

(56 msg)

Plusieurs jours De 1 à 3 ans Non renseigné Options US

Posté le : le 09-08-2009 21:59:30 Voir le profil   Envoyer un message privé
quelques prédictions, juste pour pas laisser refroidir:
www.creditwritedowns.com/2008/12/top-ten-predictions-for-the-2009-global-economy.html

entre autres dans la liste:
Oil prices will sink to $25 a barrel before rising back to $55 by the end of the year.

Bonne semaine
serros


LELIEVREMilou

(676 msg)

Plusieurs mois Non renseigné Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 09-08-2009 22:20:41 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonsoir ROQUE, bonsoir à tous.

Je suis comme Hergastul, j'attends que le ciel nous tombe sur la tête.

Merci pour tout ce travail très documenté, et, tout ce temps passé en recherche, et traductions.

Posté le : le 09-08-2009 22:53:18 Voir le profil   Envoyer un message privé
Merci Roque,
excellent travail comme d'habitude.Comment investir de maniére simple sur le GAZ ? Aprés ton excellent bouquin sur l'or, pourquoi ne pas repartir sur un bouquin accessible au commun des mortels sur l'energie et les mat prem?
Amitiés.
S.V.E


frcclair

(252 msg)

Plusieurs mois Moins d'un an Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 09-08-2009 23:15:42 Voir le profil   Envoyer un message privé
y'a une question que je me pose quand même, a propos du graph des faillites de banques:
entre les années 80 et 90, les faillites explosent, et pourtant, pendant ce temps, le SP 500 ne fait que monter...sauf en 1987...so, what do i think? la crise n'empeche pas les marchés de monter....

Posté le : le 09-08-2009 23:51:35 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonsoir Monsieur ROQUE

Tout d’abord, on se répète mais c’est justifié, merci pour ce formidable travail d'information, de documentation et de vulgarisation.

Je vous lis depuis bien longtemps déjà. Et je ne parle pas beaucoup, j’écoute et j’essaye de comprendre. A l’origine, j’étais arrivé sur votre site pour comprendre la bourse en général. Comme je suis un investisseur long terme, vos chroniques hebdomadaires me convenaient bien (10min pour les lire, 1 semaine pour les comprendre). Mais depuis 2 ans ça c’est transformé en comprendre la crise. Et depuis quelques mois, c’est en train de ce transformer en comprendre la future apocalypse (financière, économique, énergétique).

En fait, j’ai l’impression d’être sur le Titanic (Titanic= économie mondiale). Il a emplafonné le plus gros iceberg économique des temps modernes (les trillions de dettes qui ne seront jamais remboursés). Tout le monde continu à danser (vivre) comme avant, en gavant sa voiture de pétrole pour aller au boulot ou faire les course, en achetant des chinoiseries pour les cadeaux de Noël, en achetant des tonnes de produits qui seront jetés l’année prochaine, etc. Bref tout va bien dans le meilleur des mondes.

Pourquoi je me réfère au Titanic ? Le Titanic était insubmersible. Fort de cette certitude, le capitaine a été trop vite trop au nord avec une vigie mal équipé. Le Titanic a heurté un iceberg à 23h41. Je vous passe les détails de l’histoire, genre les passagers qui refusaient d’embarquer les canots de sauvetage, car ils ne croyaient pas être en train de couler, d’où les canots à moitié vide…
Pour finir, l’orchestre s’est arrêté de jouer à 2h17. Et c’est là où je veux en venir. A 2h18, les lumières du bateau s’éteignent, il s’ouvre en deux, et coule. Fin de l’histoire.

Depuis quelque temps, je trouve que la FED/BCE/BOE/BOJ/G2/G8/G20/ Gouvernements/Président/Dirigeants nous joue bien de la flûte, genre ne vous inquiétez pas, on a pas vue venir la crise, d’ailleurs on a rien vue venir, mais maintenant, on a tout compris et on s’occupe de tout. Retournez danser (consommer).

Grâce à vous, j’ai bien pris conscience du merdier en cours et à venir. Ceci dit en passant, tout le monde autour de moi (amis, famille, collègue) n’a même pas conscience de ce qui ce passe maintenant. D’ailleurs je n’en parle plus car je passe pour un fou. Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer.

Donc que faire ? Comme le suggère hergastul, relire la Bible et construire une arche pour quand la mer arrivera à notre porte ? Bon je serais mort d’ici là mais lisez « Le changement climatique expliqué à ma fille » de Jancovici Jean-Marc. Si je me souviens bien + 70m d’élévation du niveau de la mer si un bout de l’Antarctique fond (échéance 50 ou 70 ans). L’altitude de la Seine à Paris est en gros de +30m. Et on parle que de la fonte d’un petit bout d’Antarctique…. Remarquez que Montmartre (+130m) en forme d’île, ça aurait du charme… Et plus besoin d’utiliser une armada de camions gavés au pétrole pour organiser Paris Plage.
Mais je m’égare…

Bref M. Roque, ma question est simple et complexe à la fois: que faire ?

Ma question ne se porte pas sur un investissement. Les actions, les obligations, certificats, tracker, l’or, l’argent, etc. ça ne fera pas rouler ma voiture, ni avancer le tracteur du paysan et ni avancer le camion qui livre mon supermarché.
En conclusion : ça ne se mange pas.
Je sais que je suis hors sujet de la file, et même du site. Mais j’aimerais avoir votre sentiment.
Merci d’avance.

Stéphane GRZESIAK


mennos

(201 msg)

Pur intraday De 1 à 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 10-08-2009 02:34:10 Voir le profil   Envoyer un message privé
Quels sont les oays qui ont le plus de gaz ? à ma connaissance R ussie USA et pays pétroliers
Quels sont les majors pétroltéres qui ont le plus de potentiel productif en gaz là je n'ai pas de réponse ...
cela évite en tout cas de se faire avoir avec les produits dérivés
n'oubliez pas les équipementiers ce sont qui ont un pricing power dans un premier temps (


efranchi

(244 msg)

Non renseigné Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions US

Posté le : le 10-08-2009 08:12:53 Voir le profil   Envoyer un message privé
C'est bien que Mr Birol lâche sa bombe, il le dit d'ailleurs: il a envie de sensibiliser les gens que le pétrole est en train de finir, quoi de mieux pour le dire que de manipuler la réalité.
Je parle bien de manipulation, qui venant de Mr. Birol peut bien engendrer des manipulées.

Pour remettre tout ça dans la réalité je ne peux pas vous faire le nom de l'un de 5 économistes privés le plus côté des USA, qui m'a dit que il y a encore du pétrole, plus profond, plus difficile d'accès, mais bien là, je vous demande juste rien de plus banal de faire tourner google et vous verrez par vous même.

exemple:
Dans ce lien vous pouvez lire par sallé et debysier (Institut français du pétrole) comment
1) on a utilisé 40 miliards de tonnes jusqu'à maintenant
2) il en faudra 150 miliards pour les prochaines 25 années
3) il y en a encore entre 400 et 600 miliards.
http://books.google.ch/books?id=PO-XQDi3F44C&pg=PR...

ici ils sont moins généreux, parlent de 53 à 63 années de production encore
http://www.unctad.org/infocomm/francais/petrole/de...

bref, il y en a plein le net, et tout moins catastrophique que ce qui nous est présenté par Mr. Birol.

Cela-dit, je veux bien m'aligner pour dire que la manipulation de Mr. Birol est utile, car les habitudes sociales sont très lentes à changer (seulement après env 50 ans que l'on savait que le tabac nuit à la santé que les politicien ont commencé à bouger). C'est juste que les gens, les cadres commencent à y penser, mais ça ne sera pas notre génération qui verra la fin du pétrole, en tout cas pas dans les 50 prochaines années.


Roque

(1558 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 10-08-2009 11:49:14 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour,

efranchi : Je parle bien de manipulation, qui venant de Mr. Birol peut bien engendrer des manipulées.
Il y a ceux qui voient des nains partout et ceux qui voient des manipulations à chaque déclaration !
La vérité est à mon sens beaucoup plus simple. Après des années de déni du phénomène de pic du pétrole l'AIE a bien du mal à prendre le train en marche alors que les évidences sont aujourd'hui là (les chiffres norvégiens, mexicains, koweitiens ou britanniques parlent d'eux-mêmes). Ce que déclare aujourd'hui Birol n'est rien de moins que ce que Simmons ou l'ASPO écrivent depuis 1999, ou ce que des rapports officiels américains anticipaient pour les années 2000 depuis 1979.

Pour remettre tout ça dans la réalité je ne peux pas vous faire le nom de l'un de 5 économistes privés le plus côté des USA, qui m'a dit que il y a encore du pétrole, plus profond, plus difficile d'accès, mais bien là, je vous demande juste rien de plus banal de faire tourner google et vous verrez par vous même.
Lorsque j'ai fait mon commentaire je me suis demandé s'il était nécessaire d'y souligner comme je l'avais fait dans mon commentaire de 2005*, que le pic de pétrole n'est en rien un épuisement des réserves, comme beaucoup de personnes découvrant pour la première fois ce sujet le pensent, mais un déséquilibre entre l'offre et la demande. Pour le dire autrement : il y a du pétrole sous nos pieds pour encore de longues décennies (nous n'en avons pompé que la moitié) mais les phénomènes physico-géologiques font que nous ne sommes plus capables de le sortir à la vitesse à laquelle nous le faisions avant. Ce phénomène, déplétion des puits, est irréversible et insurmontable par quelle que technologie que ce soit. Le pétrole est une merveille de la nature à deux titres : c'est un concentré d'énergie aisément transportable comme il en existe peu et il a été offert aux hommes sous de telles pressions qu'il n'y a (avait) qu'à y faire un trou pour le collecter à un débit qu'aucune pompe "humaine" ne peut atteindre. Votre économiste renommé a encore des choses à apprendre à l'évidence surtout en matière de pétrole profond.

* Je me cite : "La différence est à peu près la même qu'entre remplir un seau d'eau avec un tuyau d'arrosage et remplir le même seau d'eau avec une éponge ! La différence c'est la quantité que l'on sera capable de produire dans le même intervalle de temps. Il n'y a donc pas de pénurie au sens de la disparition d'une ressource, mais il y a déséquilibre profond entre l'offre et la demande."


C'est juste que les gens, les cadres commencent à y penser, mais ça ne sera pas notre génération qui verra la fin du pétrole, en tout cas pas dans les 50 prochaines années.
Vous vous préparez un réveil douloureux !


SGRZESIAK : ma question est simple et complexe à la fois: que faire ?
Se préparer à une inflation des prix des produits pétroliers.

Frcclair : y'a une question que je me pose quand même, a propos du graph des faillites de banques:entre les années 80 et 90, les faillites explosent, et pourtant, pendant ce temps, le SP 500 ne fait que monter...sauf en 1987...so, what do i think? la crise n'empeche pas les marchés de monter....
Ah bon !!!


sve: Comment investir de maniére simple sur le GAZ ?
Tracker gaz tel que ETFS Natural Gas code NGASP

Lucieinthesky : Que nous conseillez vous pour investir sur cette matière ?
voir au dessus mais ce n'est pas un conseil ...

Hergastul : bon...on fait quoi?
On se prépare gentillement à une forte augmentation des prix des produits pétroliers à l'horizon de 5 ans.

A+


PERCEVAL06

(651 msg)

Pur intraday Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 10-08-2009 19:31:33 Voir le profil   Envoyer un message privé
MA QUesTION A ROQUE EST/ PEUX TON FAIre la révolution
en économie durable( voitures électriques paneaux solaires etc...) avant que nous atteignions les difficultés insuportables .Qu'en penses -tu?

Posté le : le 10-08-2009 21:21:10 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonsoir

Merci pour votre réponse. Au risque de passer pour un "gros lourdeau", comment se prépare-t-on à une inflation des prix des produits pétroliers ?

Et puis, quand vous dites inflation, vous pensez au pic de l'été 2008, moins, plus ?

Enfin si l'horizon de 5 s'avèrent exact, on est mal. Je lis régulièrement des revues scientifiques. Même en mettant des milliards sur la table, il n'y a pas de solution miracle à court court/moyen terme pour remplacer le pétrole. Une anecdote que j'aime bien citer pour illustrer l'ampleur du problème. Les journaux nous disent que la voiture électrique à hydrogène est pour demain. C'est génial: ça rejette de l'eau, les prototypes tournent et la phase d'industrialisation serait pour les prochaines années. Super ! Mais sur terre, l'hydrogène n'existe pas à l'état naturel. Et savez vous avec quoi les industriels genre Air Liquide produise de l'hydrogène: avec du gaz naturel !!!
On est sauvé :-(
Et la cerise sur le gâteau: les quantités d'hydrogène actuellement produites pourraient faire rouler des 100aine de milliers de véhicules. Et vous savez où part la plus grande partie de cet hydrogène: dans les raffineries de pétrole pour que l'essence et/ou (je ne suis pas sûr) le gazoil respecte les dernières normes antipollution.

Cordialement.
SG

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