|
|
Pétrole ... où vas tu ?Les dernières analyses liées :
Ma dernière intervention sur le pétrole date maintenant du 14 juillet dernier. A cette époque un triangle et un W laissaient entrevoir un objectif vers 82$. Les cours ont bien validé ces figures mais se sont retournés à 78$ , soit 4$ avant d'avoir atteint cet objectif.
Depuis une consolidation s'est mise en place, rétrogradant les cours autour de 57$ en appui sur la ML de la fourchette bleue et la droite de résistance baissière LT. Fig1 ![]()
J'ai fait apparaitre deux scenarii possibles. Mais si sur le moyen terme il est difficile d'avoir un avis tranché sur la route que prendra le pétrole (le développement qui suit explicite cette difficulté), plusieurs éléments permettent néanmoins d'envisager une fin, au moins provisoire, de cette consolidation.
Le premier est le sentiment général sur les prix du pétrole. On est passé d'une euphorie haussière, où des objectifs de 100$ ou 150$ étaient annoncés à court terme, à un sentiment extrêmement baissier au prétexte d'une récession proche. Mais comme la foule n'est jamais à court d'argument pour justifier son besoin de hausse, cette récession attendue serait “soft”. On n'est pas à une contradiction près ! Si la récession devait être de faible intensité la consommation de pétrole baisserait à peine et donc la pression de la demande pousserait les prix.
Le deuxième élément est le niveau atteint par les contrats détenus par les “Commercials” c'est à dire principalement par les producteurs de pétrole. Cette information est délivrée par le CFTC1 (Commodity Futures Trading Commission) avec un décalage d'une semaine dans les COT (Committment of Traders). La situation “normale” pour les commercials est d'être vendeur. Ceci se traduit sur le graphique ci-dessous par un solde de contrats SOUS l'axe des abscisses à chaque fois que les cours progressent. Par définition les “commercials” vendent des produits qu'ils détiennent il ne s'agit donc pas à proprement parlé de spéculation. Fig2. ![]()
Ce que montre ce graphique en outre, c'est qu'à chaque baisse prononcée leurs positions vendeuses s'amenuisent pour devenir acheteuses en fin de baisse (bande verticale verte sur le graphique). Les compagnies passent acheteuses pour acquérir du produit pour de futures ventes. C'est une situation inhabituelle pour les commercials. Le point également intéressant est que, hormis la période surlignée en bleu clair, et que je n'explique pas, pratiquement tous les maximums des positions longues des commercials ont coïncidé avec un creux majeur. Malheureusement les données sont relativement peu nombreuses pour en tirer un enseignement fiable.
Dernière remarque sur les COT. Si maintenant j'utilise un graphique représentant la moyenne à 10 semaines des positions des commercials, j'obtiens une bonne corrélation entre les creux des cours du brut et les creux, sous un certain niveau (en pointillé rouge), de cette moyenne. Fig3. ![]()
Néanmoins rien n'étant simple en ce bas monde, j'ai du mal à tirer une conclusion nette de l'application de cette corrélation au tout dernier creux de la moyenne. En effet comme vous pouvez le constater, à cet endroit (ligne verticale en pointillés) les cours ne coïncident pas avec un creux. Faut-il en conclure que le plus bas sur les cours a néanmoins été fait mais qu'il est retardé par rapport à la moyenne des COT comme le creux de 2004, ou bien que le plus bas des cours reste à faire. Vos commentaires sur ce point précis seront les bienvenus.
Le troisième élément (non je n'irai pas jusqu'au 5ème élément !) c'est encore et toujours la problématique d'équilibre entre offre et demande. J'avais écrit dans un post précédent qu'une récession serait une opportunité pour l'offre de reprendre la main sur la demande mais que, compte-tenue de la déplétion d'un nombre de plus en plus important de gisements de production, nous allions entrer dans une période de forte volatilité des prix du fait de ce plateau. Une fois ce sera l'offre qui l'emportera, une autre fois la demande !
La situation n'a guère évolué mais quelques nouveaux chiffres permettent de nous éclairer. Les britanniques viennent de publier leurs résultats2 de production pour la période mai à juillet :Elle est en baisse de 13,6% par rapport à l'année passée. Une paille ! Fig4. ![]() Ce qui fait que depuis leur pic de production en 1999 les britanniques ont perdu la bagatelle de 1,5 million de barils/jour de production de brut dont 175 000 en 2006. Fig5. ![]()
La Norvège est un peu mieux lotie mais guère plus ! Fig6. ![]() La baisse annoncée3 entre 2005 et 2006, sur la période janvier-août, est de 8,7% pour le pétrole seul.
Sachant que la production journalière moyenne de 2005 était de 2,56 million de barils par jour (3,2 Mb/j en 2001) cette baisse représente environ 223 000 barils par jour en moins pour 2006. La perte depuis 2001 est d'un peu moins d'1 million de baril jour. Fig7. ![]()
Parlons aussi du Mexique, un autre producteur important subissant la déplétion de son principal gisement. La compagnie nationale exploitant cet or noir, la PEMEX4, a publié un rapport très récemment. Les chiffres sont sans ambiguïté : baisse globale de la production de brut de 3% soit une perte d'environ 100 000 barils par jour. Fig8 ![]() Cette baisse est dûe au passage en déplétion du gisement principal, Cantarell (2ème gisement mondial). Celui-ci a perdu 8% de sa production entre 2005 et 2006. Les baisses prévues pour 2007 et 2008 sont respectivement de ... 14% et 11% ! ![]()
En regard de ces pertes de production (ce n'est pas inventaire limitatif car plusieurs autres pays producteurs sont touchés, USA, Iran ... ) la demande des pays émergents est en croissance continue à l'instar de celle de la Chine ou de l'Inde (là aussi ce n'est pas un inventaire limitatif, ainsi des pays comme l'Arabie Saoudite ou l'Indonésie deviennent de gros consommateurs de pétrole). Le graphique ci-dessous se passe de commentaire : Fig10. ![]()
Fig11. ![]()
La Chine est brusquement passée d'une moyenne de 8% de croissance annuelle de sa consommation en pétrole à plus de 14% en 20055 !
A titre pédagogique j'ai fait une simulation simple (mais fausse du fait de son caractère non-exhaustif) que je vous livre. Si je prends les hypothèses suivantes :
j'obtiens alors le résultat suivant : fig12 ![]()
soit un déficit journalier moyen (moyenne des chiffres ci-dessus entre les deux hypothèses à 6 et 10%) de production (million de baril jour) de 1,3 en 2006 à 6,4 en 2010.
Rapprochons maintenant ces chiffres de ceux de la consommation mondiale et confrontons les avec les périodes de récession économiques américaines. Le graphique ci-dessous montre ainsi les chutes de consommation (sauf en 2001 !) à l'occasion des périodes de récession (marquées par des bandes oranges) : Fig13 ![]()
La plus grande perte de consommation a été de 6 millions de barils jour entre 1976 et 1980 (révolution iranienne), suivie par celle de 4,5 millions de barils jour déclenchée par l'embargo de 1973. Hormis la récession de 2001, qui n'a pas ému d'un iota la consommation, la perte moyenne de consommation est d'environ 1 million de barils jour. On constate d'ailleurs que les récessions déclenchées par des crises d'origine énergétique pèsent lourdement sur la consommation de pétrole, alors que les récessions d'autres origines semblent moins peser sur la consommation.
En conclusion : Une baisse hypothétique de consommation en cas de récession traditionnelle balancerait ainsi tout juste le déficit de production mis en évidence plus haut.
Dans l'hypothèse d'une nouvelle crise pétrolière majeure, qu'il ne faut pas écarter car ne nous trompons pas nous sommes en pleine Guerre du Pétrole6 depuis 2001, le déficit de consommation pallierait très largement, mais momentanément, le déficit de production et donc pèserait lourdement sur les prix après une courte flambée.
Bonne semaine
4/ref.php?uri=http%3A%2F%2Fwww.pemex.com%2Findex.cfm%3Faction%3Dcontent%26amp%3BsectionID%3D11%26amp%3BcatID%3D66%26amp%3BsubcatID%3D110
5Et ce n'est sans doute rien à côté de 2006 : Despite Beijing's efforts to conserve energy and curb runaway economic growth, crude imports in September jumped to 13.46 million tonnes, or an average of about 3.3 million barrels a day -- 24 per cent more than in September, 2005, and 2.4 per cent more than the previous record in January, according to China's General Administration of Customs. 6Et non pas dans une guerre au terrorisme
------------------------------------------------------------ Avertissements au lecteur : Pour être en mesure de poster votre réponse ou votre commentaire dans cette file vous avez préalablement accepté les termes de la Charte de Pro-at.
Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude. L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers. Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière. Vous devez être identifié pour poster un commentaire. Pour vous identifier : cliquez ici Pour vous incrire sur Pro-AT : cliquez ici |
Invest-AT,
l'analyse technique au service de l'investissement actif.
Analyses, forums et signaux AT. |
Créer votre blog gratuitement avec TradersBlog, plateforme de blogs pour traders. |
Trading School, modules de formation à la bourse en ligne, glossaire de la bourse ... |
Commentaires Pétrole ... où vas tu ?