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Analyse conjoncture | Analyse : Oh ... ma jolie TARA !

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Oh ... ma jolie TARA !

Un peu partout, et bien entendu sur les forums de Pro-AT et d'Invest-AT, le débât fait rage : inflation ou bien déflation ?

Pour permettre d'éclairer votre lanterne je vous propose aujourd'hui ces quelques éléments de réflexion.

Tout d'abord, et cela pour éviter les sempiternels échanges de sourds, de quoi parle-t-on ?

La langue française a été pendant longtemps la langue des diplomates précisément pour sa précision. Il n'y aurait rien de plus fâcheux que de se déclarer la guerre pour une banale incompréhension.

Comme l'écrivait déjà John Maynard KEYNES en 1923 (La réforme monétaire) : « Les mots d'inflation et de déflation sont employés par les écrivains dans différents sens. ».

Pour commencer demandons au bon vieux dico les définitions de ces deux termes :
DÉFLATION, subst. fém.
ÉCON. POL., usuel. Ensemble de mesures économiques et financières visant à la réduction de la circulation monétaire, afin de stabiliser ou faire baisser les prix et les salaires.

INFLATION, subst. fém.
ÉCON. POL. Inflation (monétaire). Déséquilibre économique se traduisant par la hausse de prix et dû à l'augmentation du volume monétaire en circulation, au déficit budgétaire, à l'excès du pouvoir d'achat des individus par rapport aux biens mis à leur disposition.

Vous constatez, dans ces deux définitions, que la variation des prix à la consommation n'est que la conséquence du phénomène de variation de la masse monétaire.

L'INSEE en donne des définitions équivalentes :
« La déflation est le gain du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une diminution générale et durable des prix ; c'est une inflation négative. »
« L'inflation est la perte du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. »

et l'INSEE d'ajouter cette précision :
« Elle doit être distinguée de l'augmentation du coût de la vie. La perte de valeur des unités de monnaie est un phénomène qui frappe l'économie nationale dans son ensemble, sans discrimination entre les catégories d'agents. En revanche, l'augmentation du coût de la vie affecte la répartition fonctionnelle et personnelle des revenus, sans toucher à la relation entre la masse monétaire et le produit national définissant le pouvoir d'achat de la monnaie. La plupart du temps, pour évaluer le taux d'inflation on utilise l'indice des prix à la consommation. Cette mesure n'est pas toujours exacte car les variations de l'indice des prix ne sont pas toutes d'origine inflationniste. »

Les conséquences de ces deux « politiques » sont différentes. KEYNES les résume ainsi : « Ces deux méthodes, l'inflation aussi bien que la déflation, ont causé au monde de grands dommages. Chacune d'elles affecte la répartition de la richesse entre les différentes classes sociales. À cet égard l'inflation est la pire des deux politiques. Chacune d'elles affecte également la Production, en la stimulant ou bien en la paralysant, et là c'est la déflation qui est la plus dangereuse.»

Selon le grand économiste
Des deux maux, la Déflation, si l'on excepte l'émission folle de papier-monnaie, telle qu'elle s'est produite en Allemagne, est sans doute le pire. Il est pire en effet, dans un monde appauvri, de causer du chômage que de duper les rentiers. »
...
« Quand la dépréciation de la monnaie a duré assez longtemps pour que la Société se soit adaptée aux nouvelles valeurs, la Déflation est encore pire que l'Inflation. Toutes deux sont « injustes » et trompent les espérances les plus raisonnables. Mais, tandis que l'Inflation, allégeant le fardeau de la dette publique et stimulant les entrepreneurs, a peu de choses à jeter dans l'autre plateau de la balance, la Déflation n'a rien du tout à offrir. »

En résumé :

  • inflation et déflation trouvent leur origine selon KEYNES dans l'accroissement ou la contraction de la masse monétaire.
  • la conséquence visible de cet accroissement ou de cette contraction monétaire est une augmentation générale du coût de la vie ou une baisse générale des prix.
  • l'inflation affecte directement l'épargne mais favorise le désendettement et la déflation frappe principalement l'appareil de production conduisant à un accroissement du chômage.

Malheureusement les choses seraient trop simples si nous en restions là.
Les évolutions du système monétaire introduites au lendemain de la deuxième guerre mondiale ont profondément modifié le rôle de la masse monétaire dans les mécanismes conduisant à l'inflation ou à la déflation. Il semble en effet que le système monétaire reposant sur un étalon monétaire mouvant, en l'occurrence le dollar, c'est à dire une reconnaissance de dette, ait fait naitre une situation économique nouvelle, la stagflation, définie comme :
STAGFLATION, subst. fém.
ÉCON. Situation de conjoncture économique associant l'inflation des prix et la stagnation de l'activité économique.

Cette situation économique absente de la théorie keynésienne originale a été formalisée dans les années 60 et semble propre à l'après guerre, période depuis laquelle les déficits des états ont été quasiment permanents dans un environnement monétaire reposant sur une monnaie de référence ayant perdu la propriété de rareté qu'avait l'or avant cette période.

L'économiste Hyman P. MINSKY s'est attaché à compléter la théorie de KEYNES en démontrant le rôle majeur des gouvernements dans le phénomène d'augmentation des prix à la consommation (inflation des prix). Les prélèvements induits par le train de vie de ces états constituent une véritable taxe prélevée sur le travail.
Fig1.


MINSKY écrivait en 1986 dans son ouvrage synthèse Stabilizing an Unstable Economy (page 296) :
« In the current economy, the close link between inflation and investment by way of markups has been broken. Inflation has become a secular rather than a cyclical phenomenon as the secular increase in government and business-style spending has led to a secular increasing price level. »

« Dans l'économie actuelle, le lien étroit entre l'inflation et l'investissement par l'emploi des marges bénéficiaires, a été cassé. L'inflation est devenue un phénomène séculaire plutôt que cyclique alors que l'augmentation séculaire des dépenses des gouvernements et du monde du business a mené à une augmentation séculaire du niveau des prix. »

« In today's economic structure, financial instability, which historically was associated with deep depressions, seems to be tied to the emergence of aggravated cyclical inflation. »
« Dans la structure économique d'aujourd'hui, l'instabilité financière, qui a historiquement été associée aux dépressions profondes, semble être liée à l'apparition d'inflation cyclique aggravée. »

« Futhermore, controlling the money supply or money wages only addresses symptoms, not causes, of the inflation disease. »
« En outre, contrôler la masse monétaire ou les salaires ne fait s'intéresser qu'aux symptômes, et non aux causes, de la maladie de l'inflation. »

Page 300
« Economies in which government is big because of transfer payments and military expenditures are susceptible to uncontained inflation. »
« Les économies dans lesquelles le gouvernement est puissant du fait du niveau des recettes fiscales et des dépenses militaires sont susceptibles d'inflation incontrôlée. »

Page 294
« It is not just the government deficit that generates inflation; if government expenditures are rising relative to the output of consumer goods, even a balanced government budget will result in rising prices. »
« Ce n'est pas uniquement le déficit gouvernemental qui génère de l'inflation; si les dépenses gouvernementales s'accroissent par rapport à la production de biens de consommation, même un budget gouvernemental équilibré aboutira à des hausses de prix. »

Quant à la capacité des banques centrales et tout particulièrement de la FED de pouvoir maitriser cette situation nouvelle j'ai été littéralement transporté de joie en découvrant dans l'ouvrage de MINSKY ce que je vous ai plusieurs fois ressassé, à savoir que le pouvoir de ces banques centrales n'est plus ce qu'il était du fait d'une évolution profonde de leurs modes d'intervention. MINSKY le résume bien mieux que moi en ces termes :

One important change since the 1920s in the way funds are supplied to banks is the reversal in the relative importance of the Federal Reserve discount and open-market operations. When commercial banks relied on the discount window for a sizable proportion of their reserve position, the FED was involved in regular, everyday banking relations with member banks. But once the FED's main reserve-supplying activity consisted of buying and selling securities on the open market, it stopped having intimate and continuing business relations with members banks.

... The power of the FED to affect member-bank behavior through normal banking relations was much diminished after World War II.

...If, as in the 1920s, bank borrowing from the FED through the discount window is an important source of total bank reserves, then the interest rates set by the FED for its lending operations is an important determinant of the financing terms that commercial banks offer. The control of borrowing terms by the FED banks affects the terms on which banks can profitably lend to their customers.

Le changement important intervenu depuis les années 1920 dans la façon dont les fonds sont fournis aux banques est le renversement dans l'importance relative des modes financement via l'escompte [Discount Window ou facilité marginale de prêt] et via les opérations de marchés ouverts [Open Market Operations ou OMO ou achats-ventes fermes de titres] de la Réserve Fédérale. Quand les banques commerciales utilisaient le financement via l'escompte pour une proportion assez considérable de leurs réserves, la FED était impliquée dans des relations bancaires régulières, quotidiennes avec les banques membres. Mais une fois que l'activité principale de financement de la FED a consisté à acheter et vendre des titres, elle a arrêté d'avoir des relations intimes et ininterrompues avec les banques membres.
...
Le pouvoir de la FED d'influencer le comportement des banques membres par des relations bancaires normales a été très diminué après la Deuxième Guerre mondiale.
...
Si, comme dans les années 1920, le financement auprès de la FED via l'escompte est une source importante de réserves bancaires totales, alors les taux d'intérêt arrêtés par la FED pour ses opérations de prêt sont un déterminant important des modalités de financement de l'offre des banques commerciales. Le contrôle des conditions de financement par la FED [en fait : par les banques du Système de la Réserve Fédérale] affecte les conditions à partir desquelles les banques peuvent profitablement prêter à leurs clients.

En résumé :

  •  la mise en place d'un ordre mondial monétaire nouveau fondé sur le dollar (Bretton Woods) est de fait un facteur puissamment inflationniste qui a, jusqu'alors, écarté les risques de déflation généralisée (ce qui n'empêche pas la déflation de certaines classes d'actifs très surévalués : immobilier, actions, obligation ...) au profit de période de stagflation.
  • sur ces bases les racines de l'inflation sont à rechercher dans la structure même des dépenses des gouvernements.

À partir de ces réflexions considérons la situation actuelle pour tenter d'apprécier la direction du vent dans les années à venir.

Les actions successives du gouvernement américain se traduisent aujourd'hui par un flot de dollars. J'ai déjà écrit plusieurs fois que TOUT, absolument TOUT, serait entrepris pour éviter un éclatement du système quitte à demander aux pompiers de jeter de l'huile surle feu pour tenter d'éteindre l'incendie (ou des dollars en l'occurrence). La monnaie fiduciaire reposant sur la PROGRESSION de la dette il est devenu IMPENSABLE pour les gouvernements d'aujourd'hui d'accepter une contraction de la masse monétaire (contraction du crédit).
Fig2.

Tentons d'en faire une estimation approximative (au moment où j'écris ces lignes la FDIC annonce la faillite de Washington Mutual, la plus grosse faillite bancaire des Etats-Unis ... Ce record tiendra combien de temps encore ?):

Il y eu d'abord Bear Stearns et les 29 milliards de « caution » engagés par la FED au profit de JPMorgan Chase qui lui ne risque qu'un petit milliard.


Puis vint les jumeaux infernaux, Fannie Mae et Freddie Mac. L'état se dit prêt à s'engager dans leur capital à hauteur de 200 milliards de dollars. Mais cette prise de participation entraine une prise de risque sur le portefeuille même des jumeaux. Un portefeuille d'environ 5 200 milliards de dollars.  Comme je l'écrivais il y a peu : “Après cette rapide démonstration le contribuable a donc sur les bras une ardoise de 656 à 760 milliards de dollars pour les seuls jumeaux.”. Retenons 700 milliards pour l'addition que nous ferons au final.

Ensuite il y eut Lehman Brothers et le remboursement étonnant de 87 milliards par l'état à JPMorgan Chase (encore !).

Ensuite voici le tour d'American International Group ou AIG (74 millions de clients dans le monde, 116 000 salariés dans 130 pays, excusez du peu !) et la prise de participation par l'état à hauteur de 80% du capital pour un montant de 85 milliards. Comme pour les jumeaux il faut aussi apprécier le risque que porte AIG et donc l'état. Il semble que ce risque soit principalement du côté des CDS (credit default swap : relire : Le dollar à 4 francs ?)). Ce seraient des protections vendues par AIG vis-à-vis de CDO de produits hypothécaires. Le montant total serait de l'ordre de 513 milliards de dollars dont 63 milliards pour l'immobilier américain et 141 milliards sur l'immobilier européen, principalement britannique et espagnol. Certes AIG est lui-même acheteur de protection pour se protéger des risques sur ce secteur, pour un montant semble-t-il de 5,2 milliards de dollars, mais les acheteurs de ces protections ne seraient autre qu' AMBAC (ABK) et MBIA qui sont comme vous le constatez en pleine forme :
fig3.

Ce qui veut dire que dire que si AIG devait faire jouer son « assurance » en cas de défaut de l'émetteur du CDO l'assureur, MBIA ou AMBAC, pourrait ne pas pouvoir honorer la protection vendue.
Avouez que la situation est bizarre : le premier assureur mondial privé de son assurance !

En résumé le marché de l'immobilier continuant à se dégrader, AIG, comme les jumeaux, a un fort risque de pertes pour les mois à venir. L'ardoise ne se limitera donc pas aux 85 milliards de prise de participation mais à mon sens pourrait aisément doubler. Retenons 150 milliards dans notre extrême bonté !

Ensuite nous avons eu en juillet dernier le plan de sauvetage de l'immobilier ou Housing Rescue Bill. Cette loi recouvre plusieurs dispositions d'aide. Elle accorde :

  • à la Federal Housing Administration (FHA) une enveloppe de 300 milliards de dollars pour aider les propriétaires en difficulté.
  • Aux collectivités locales un montant de 4 milliards pour racheter ou rénover des logements.
  • Aux GSE (les jumeaux, encore eux !) 144 milliards pour le rachat de MBS (mortgage backed securities).

Enfin nous arrivons seulement au plan PAULSON ou Trouble Assets Relief Act (TARA). Il faut dire que TARA ne manque pas d'arguments ! 700 milliards de dollars !

(Renommé ce week-end sous le nom moins poétiqueEmergency Economic Stabilization Act of 2008.” Le lien donne accès au projet de loi)

Mais pour faire quoi ?
Si vous avez comme moi suivi en direct l'audition, burlesque, de Paulson et de Bernanke, devant le Congrès, il ne vous a pas échappé que ... ce n'est pas clairement défini. D'ailleurs à un moment le président de la commission bancaire du Congrès a demandé à Paulson « J'ai cru lire dans le journal ce matin que non seulement vous comptiez renflouer des pertes liées à l'immobilier, mais que votre plan concernait aussi les prêts étudiants et les cartes de crédit. Pouvez-vous me le confirmer ? » et Paulson de murmurer une réponse ... qui ne niait pas cette affirmation.
Mais à ces 700 milliards ajoutons de suite les 50 milliards qui ont été fournis aux fonds monétaires (idem sicav monétaire) pour pallier le rush de retrait auquel ils ont dû faire face. Juste retour des choses ce financement vient de l'or confisqué aux américains en 1932 ... il vient d'une entité créée en 1932 par le Trésor, l'Exchange Stabilization Fund (j'en ai déjà parlé plusieurs fois dans mes commentaires passés).

Alors vous pensez que je vais m'arrêter là ... et bien vous vous trompez !
À chaque faillite de banque un organisme intervient pour garantir les fonds déposés par les épargnants américains (Êtes vous bien protégés ?). Cet organisme la FDIC ou Federal Deposit Insurance Corporation est d'ores et déjà à court d'argent. Son fonds de garantie alimenté par les cotisations des banques affiliées devra être renfloué prochainement. Ce n'est pas la faillite de Washington Mutual, même si une partie des activités est reprise par JPMorgan Chase (tient encore eux !), qui va arranger la situation.
Selon les quelques commentaires que j'ai pu lire de çi de là il lui faudrait environ 150 milliards (dans un premier temps). Qui à votre avis va lui donner aujourd'hui 150 milliards ? Je vois à votre mou que vous avez compris.

Avant de demander à l'addition au serveur je ne serais pas complet si je ne disais pas un mot des prêts accordés par la FED. Il s'agit du retour en grâce des facilités marginales de prêt (discount window). Ce mécanisme peu usité depuis l'après guerre (voir mon commentaire plus haut sur les conclusionsde MINSKY sur le sujet) renaît dans le cadre de la crise actuelle.
Les derniers chiffres publiés par la FED montre que celle-ci a prêté ... 268 milliards de dollars (267 861 millions de dollars très exactement le 24 septembre dernier).
Fig4.


Ces prêts sont destinés à épauler les banques d'investissement (désormais elligibles au financement de la FED) et les banques commerciales pour faire face non seulement aux dépréciations d'actifs mais surtout aux retraits massifs de liquidités des déposants (j'ai lu quelque part que WaMu avait « connu » un retrait de 39 milliards de dollars en une semaine !).


Fig5. Total des prêts de la Réserve Fédérale (non à jour de la situation du 25/9/8)

Cette création monétaire j'en tiens donc compte dans mon calcul. D'autant qu'avec le système des réserves fractionnaires cette monnaie banque centrale permet aux banques commerciales de générer ... 33 fois plus de liquidités !!! et oui faites le calcul pour un taux de réserve obligatoire de 3% (2% pour la BCE), le coefficient multiplicateur est égal à 1 divisé par 0.03 soit 33.33 (50 pour la BCE !). Néanmoins je garde par pure bonté d'âme le chiffre de 268 milliards !

Vient le moment de faire l'addition :
29+700+87+150+300+150+268 = 1684 milliards de dollars ou 1 684 000 000 000 dollars

Voici donc la réalité de ce que le contribuable américain va , A MINIMA, devoir payer.

Pour vous donner des ordres de comparaison le PIB des Etats-Unis était en 2007 de 13 843 milliards. Cette somme au dessus représente plus de 12% du PIB annuel et 60% des recettes fiscales de 2007 des Etats-Unis. Le PIB de la France a été en 2007 de 2047 milliards, cette somme représente donc 82% du PIB français. Pour finir cette somme est supérieure aux PIB 2007 du Canada ou de l'Espagne. J'espère que vous avez compris que ceci n'est pas une broutille.

Alors je sais certains prétendent que l'endettement américain est faible et que celui-ci leur permet de faire ce chèque supplémentaire. Regardons ça de près.

La dette de l'état fédéral (sachant que la structure administrative des Etats-Unis n'est pas celle de la France et que les dettes des états ou des villes ne sont pas dans cette dette fédérale) est au 25 septembre de 9 849 milliards de dollars dont 5674 milliards sont négociables (dette dite publique) et 4 175 milliards sont détenues par l'état lui même ou des agences apparentées à l'état fédéral (exemple FHA dont j'ai parlé plus haut). Cette dernière, la dette dite intragouvernementale, est destinée principalement au financement des pensions (Social Security). Ne pas la prendre en compte pour apprécier l'endettement de l'état fédéral reviendrait à faire le pari que celui-ci ne paiera pas les retraites le jour où elles seront dûes, c'est à dire ... prochainement. Est-ce raisonnable ?

Rapporté au PIB cet endettement global est désormais de plus de 60%.
Mais ceci ne tient pas compte des « engagements » non budgetés* ... estimés à environ 52,7 trillions de dollars en 2008 par la Cour des Comptes américaine (GAO). Pour l'illustrer, le GAO, dans un rapport de janvier 2008, mentionne que si aucune action immédiate n'était entreprise prochainement la situation en 2040 exigerait alors soit un triplement des prélèvements obligatoires soit une réduction de plus de 60% du budget fédéral; ceci quel que soit le rythme de croissance de l'économie.
NOTA :

* Medicare, Medicaid and Social Security :
* Medicare : assurance maladie pour plus de 65 ans
* Medicaid : couverture maladie minimum (équivalent à la CMU)
* Social Security : système de retraite

Mais revenons à la situation présente. Les 1684 milliards que nous venons de calculer viendront d'une façon ou d'une autre s'ajouter à la dette existante pour la porter à 9849 + 1684 soit 11 533 milliards de dollars soit un accroissement de 17% de la dette globale.
Rien que les intérêts de la dette négociable, 7,358 trillions de dollars (1,684 + 5,674), se monteront chaque année à ... 294 milliards de dollars (calcul fait avec 4%, à ce jour TNX = 3,82% et TYX = 4,35%).

Alors franchement selon vous, même si à court terme le rush des déposants sur leurs économies est un puissant soutien au dollar, quel sera sa destinée demain ?

Les évènements que nous vivons sont exceptionnels et marquent à mon sens la fin d'une ère marquée par l'expérimentation d'un système monétaire bâti autour d'une monnaie papier représentant la dette d'un état s'endettant sans limite raisonnable.


Lorsqu'on se remémore ces mots prononcés par le général de GAULLE on ne peut qu'être, encore fois, admiratif devant ce jugement porté le 4 février 1965 sur le mal qui sournoisement s'installait dans le monde monétaire :
« C'est à dire que la convention [Gold Exchange Standard] qui attribue au dollar une valeur transcendante comme monnaie internationale ne repose plus sur sa base initiale, à savoir la possession par l'Amérique de la plus grande partie de l'or du monde. ». « ... les déficits, que présentent à leur profit [de nombreux Etats], la balance américaine des paiements, amène les Etats-Unis à s'endetter gratuitement vis-à-vis de l'étranger ... ... avec des dollars qu'il ne revient qu'à eux d'émettre. »».

La fin sera longue et douloureuse mais cette fin viendra.

Oh ma jolie Tava* !

(d'après Oh ma jolie Sarah, chanson interprétée par Johnny !)

Paroles: Philippe Labro. Musique: Tommy Brown 1971
Titre original: "Gentle Sarah"

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*TAVA: Trouble Assets Relief Act
 

Car tout change et tout casse et tout passe et tout lasse
Le désir, le plaisir se diluent dans l'espace
Et tu n'auras plus rien


 

C'est affreux, déplaisant, affligeant, désolant
Comme nous sommes tous victimes du temps
Mais je n'y suis pour rien

 

 

 Bonne semaine à toutes et à tous

 

PS:
Sur la file « Crises, kracks et spéculations... » DIVINE a posté un lien vers une vidéo éducative remarquable « Money as Debt » ou « L'argent dette » de Paul Grignon. C'est un magnifique exposé de 45 minutes, clair et synthétique, sur la monnaie « moderne » que tout le monde DOIT regarder.
Mes remerciements à DIVINE.

PS : à côté de tout ça nos malheurs de ce côté de l'Atlantique paraissent bien faibles !

Fortis = 4.7 milliards d'€ pour l'état Belge, 4 milliards d'€ pour les Pays Bas et 2.5 milliards d'€ pour le Luxembourg

 

et Bradford en attente de nationalisation, une habitude maintenant, au Royaume Uni

 

 


 

Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude.
L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers.
Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière.

Commentaires Oh ... ma jolie TARA !

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Posté le : le 30-09-2008 20:42:39 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour à tous,

Je ne suis pas un trader au sens propre mais je viens sur ce site pour disons glaner des informations me permettant d'intervenir sur le marché via actions, warrants ou certificats. Votre analyse, toujours aussi pointue, ROQUE fait cependant un peu peur et j'aurai donc une question à vous poser qui va peut-être vous paraitre naïve mais tant pis : y a t-il, selon vous, un risque réel que des organismes financiers (type CORTAL, ING ou autres...) puissent faire faillite et dans ce cas ne serait-il pas prudent de transférer les fonds qu'on y détient dans une banque sous réserve que les risques y seraient moins importants..(sic). En bref, ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir!!


alzarkaouiii

(65 msg)

Plusieurs mois Moins d'un an Uniquement fondamentale Actions françaises

Posté le : le 30-09-2008 22:33:00 Voir le profil   Envoyer un message privé
cortal c'est la BNP mais vous devriez surtout etre prudent vis a vis de vous meme...


Roque

(1184 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 01-10-2008 12:35:11 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour

monnier129 :
Votre analyse ... fait cependant un peu peur
Je ne cherche pas à faire peur mais à présenter objectivement la situation que j'ai sous les yeux. Doit-on éviter de faire de la peine comme Christine LAGARDE depuis 2007 ? ou bien les citoyens que nous sommes sont suffisamment adultes pour faire la part des choses et les assumer ?

y a t-il, selon vous, un risque réel que des organismes financiers (type CORTAL, ING ou autres...) puissent faire faillite
Oui

et dans ce cas ne serait-il pas prudent de transférer les fonds qu'on y détient dans une banque sous réserve que les risques y seraient moins importants..(sic).
Voir mon commentaire "êtes vous bien protégés ?"

En bref, ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir!!
Saine résolution.

A+


limprobable

(13 msg)

Plusieurs jours De 1 à 3 ans Uniquement technique Actions françaises

Posté le : le 01-10-2008 18:31:51 Voir le profil   Envoyer un message privé
Merci pour votre analyse de fond.

Mes cours d'économies sont un lointain souvenir et ce que je ne saisi pas encore bien dans votre analyse, c'est, que si le problème de fond à pour principale conséquence d'augmenter la dette des US, en quoi cette augmentation de 17% ferait basculer le système?

"Les 1684 milliards que nous venons de calculer viendront d'une façon ou d'une autre s'ajouter à la dette existante pour la porter à 9849 + 1684 soit 11 533 milliards de dollars soit un accroissement de 17% de la dette globale."

En d'autres termes, pourquoi cette dette astronomique depuis des années n'a pas fait basculer le système avant? Quand la dette est déjà de près de 10 000 milliards de dollars, 2000 milliars en plus, changent-ils vraiment la donne?

Avec une dette de 10 000 milliards, les économistes d'il y a 20 ans auraient sans doute prédits un effondrement du sytème, or, il a tenu (jusqu'ici ).


Roque

(1184 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 01-10-2008 18:40:44 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonsoir

limprobable : Je serais tenté de répondre "pourquoi une voiture qui roule depuis 300 000 km tombe soudainement en panne ?" ou "pourquoi un individu qui a toujours été en bonne santé apparente tombe soudain malade ?" ... plus sérieusement :

Minsky décrit 3 phases dans le processus de credit crunch :
- la phase où les acteurs sont à même de rembourser capital et intérêts
- la phase où les acteurs ne peuvent plus rembourser que les intérêts
- la phase où les acteurs (qu'il appelle PONZI) ne peuvent plus rien rembourser et continuent à emprunter

Nous sommes dans la dernière phase

A+


Posté le : le 01-10-2008 23:46:39 Voir le profil   Envoyer un message privé
Le mot pour rire, je suis allé à une conférence donnée par Fortis sur leur situation actuelle.

La situation est sous contrôle et l'action a été attaquée par des intervenants puissants, spéculatifs:
soit la main invisible du marché!





lausm03

(147 msg)

Plusieurs mois Moins d'un an Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 02-10-2008 00:08:41 Voir le profil   Envoyer un message privé
autre mot pour rire : regarder en France, la situation est sous contrôle, l'économie a été attaquée par la crise financière américaine dûe à ces vilains banquiers spéculateurs fous et inconscients.
Donc au gouvernement, nous n'y pouvons rien ,ce n'est pas notre faute, mais on vous prévient que ça va être très très grave et qu'on va avoir beaucoup de chômage et longtemps, et qu'on détournera votre épargne sans risque pour renflouer l'activité économique en berne que les banques ne veulent pas risquer de soutenir, alors qu'elles ont beaucoup perdu en jouant avec des CDS, CDO et autres armes dangereuses.
Tout va bien, tout est sous contrôle, nous vous aimons, rendormez-vous, on s'occupe de tout!...


alzarkaouiii

(65 msg)

Plusieurs mois Moins d'un an Uniquement fondamentale Actions françaises

Posté le : le 02-10-2008 10:00:14 Voir le profil   Envoyer un message privé
avez-vous entendu parler d'une lettre emanant d'économistes celebres dont dix prix nobel et demandant aux parlementaires americains de ne pas voter le plan de reprise des mauvais actifs.connaissez-vous les arguments.


limprobable

(13 msg)

Plusieurs jours De 1 à 3 ans Uniquement technique Actions françaises

Posté le : le 02-10-2008 11:18:46 Voir le profil   Envoyer un message privé
La voiture donne des signes de faiblesses depuis longtemps et aurait déjà due tomber en panne...

Que la dette soit de 12 000 ou de 10 000 millards, l'état en tant qu'acteur principal ne peut plus rembourser depuis des années.

Aujourd'hui s'ajoute un nouvel acteur, l'Omer Simpson emprunteur. Mais que ce soit l'état ou l'emprunteur qui s'endette (en ce sens que l'état prend plutôt la direction de s'endetter en lieu et place du petit emprunteur), la somme totale à rembourser reste la même.

A mon sens, nous sommes depuis bien longtemps dans cette 3ème phase Fonzy au regard simplement de la dette de l'état US.

La crise des "subprimes" ne faisant qu'appuyer là ou ça faisait déjà mal... (d'après l'analyse de mon docteur).

La question peut être simplement résumé à: jusqu'à quel seuil d'entemment le système est capable de tenir?

Aujourd'hui entre 10 et 12, il tiendra (d'après l'analyse de ma voyante).

Demain, personne ne sait.


labadie

(1 msg)

Plusieurs mois Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 02-10-2008 16:58:52 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour,

Je n'interviens pas habituellement sur Pro-At, n'ayant pas de compétences particulières en day-trading ou trading de CT. Les analyses que j'y trouve me sont cependant bien utiles.

Mais le sujet inflation / déflation m'intéresse et je voulais apporter ma contribution de déflationniste (en tant qu'auteur d'un des principaux blogs déflationnistes en France).

Je suis d'accord avec les points de départ de Roque (dont je lis régulièrement les analyses très intéressantes) :

- Nous sommes face à une crise du crédit d'une ampleur exceptionnelle et au moins aussi importante que celle de 1929 (en fait nettement plus importante). Je vise pour le moment un retour des indices à leur niveau du début des années 90 (Dow 3000, SP500 400, CAC 1700) en espérant qu'ils s'arrêteront là;.
- Les états préfèrent largement l'inflation à; la déflation et essaieront de tout faire pour contrer la déflation.
- Les déficits publics vont fortement augmenter avec la crise en cours (moins de recettes, des dépenses supplémentaires pour faire face aux problèmes liés à la crise).

Et pourtant, je suis totalement déflationniste sur la suite des évènements, et je vais en donner les raisons.

- Essayer, ce n'est pas réussir. Pour reprendre l'expression de Mike Shedlock : faith in the fed is the last bubble. j'y ajouterai "faith in the US government is the last bubble";.
Les inflationnistes ont une foi absolue dans les capacités de creation monétaire et d'endettement des gouvernements. Celle-ci est en réalité limitée par deux points essentiels que les inflationnistes passent sous silence : la dette privée et les taux longs.
Il faudrait aujourd'hui environ 8 ans d'inflation à 10% pour ramener la dette totale US à un niveau acceptable (sous les 180% du PIB). Toute tentative gouvernementale de relancer l'inflation déclencherait une forte hausse des taux longs, ce qui dynamiterait encore plus vite la montagne de dette privée en excès et précipiterait son effondrement : Les dirigeants ne peuvent pas se le permettre.

-Nous noterons que l'agrégat M1 (création monétaire directement contrôlée par la FED) est restée très sage sage ces dernières années, et surtout que M2 est en train de caler brutalement depuis mars malgré les actions répétées des autorités US : M2 n'augmente aujourd'hui même plus au rythme de l'inflation, et encore moins à celui du PIB nominal.
http://research.stlouisfed.org/publications/usfd/p...
Exactement comme cela s'était produit au cours de la déflation japonaise après une période de forte expansion de M3:
http://www.gold-eagle.com/editorials_01/leopold062...
(Je ne me prononcerai pas sur les chiffres de shadowstats que je considère comme non fiables).

-Nous noterons aussi que depuis le début 2008, la quasi-totalité; des actifs sont entrés en déflation globale comme je l'attendais.
Ces chiffres datent du 22/9, l'addition est plus lourde aujourd'hui.
Immobilier US (indice case-Shiller) : -19% en un an
Actions US (SP500) : -20% sur les plus hauts
Actions Europe (Eurostoxx) :-26% en un an
Pétrole : -27% sur les plus hauts
Métaux de base (GFMS index) : -25,3% en un an
Mines d'or (HUI) : -28% depuis le 1/1/08 ; -37% sur les plus hauts
Mines d'or exploratrices (juniors canadiennes) : -48% depuis le 1/1/08 ; -67% sur les plus hauts
Fonds or (moyenne des FCP du secteur) :-32,2% depuis le 1/1/08
argent : -14% depuis le 1/1/08 ; -39% sur les plus hauts

Sur la dette publique US maintenant, elle va augmenter, cela est clair...tout comme la dette publique japonaise pendant les années 90.
Mais nous partons d'un niveau bas comme je l'explique ici :
http://tropicalbear.over-blog.com/article-22805419.html

En particulier, les engagements de l'état en matière de retraite n'engagent que les lecteurs assez naïfs pour y croire (et certainement pas l'état) vu qu'ils ne seront jamais respectés : ce n'est pas de la vraie dette !
Ce qui a flambé au cours des dernières décennies, c'est la dette privée (déflationniste), pas la dette publique.
La capacité de l'état à transformer de la dette privée en dette publique pour contrer la déflation est très limitée, comme je l'expliquais au dessus : quand les marchés diront " stop " au gouvernement via une hausse des taux longs sur les bons du trésor, celui-ci ne pourra que s'incliner (sinon les conditions de crédit se durciraient encore plus, ce qui ne ferait qu'amplifier la déflation au final).

L'expansion de la dette totale ces dernières années aux USA était de 4000 milliards de $ par an environ (FED, stat Z1- flow of funds). Aucun gouvernement au monde n'a les capacités de remplacer ce flot qui se tarit actuellement et d'empêcher ainsi l'installation d'une crise déflationniste...Pour moi le gouvernement US est en fait totalement désarmé face à la déflation à venir.

Je continuerai par l'spect "demand destruction" qui est en train de frapper toutes les matières premières : Nous allons quand même avoir à la fois les USA, le Japon, et la plupart des pays développés en situation de forte récession, et leurs fournisseurs émergents en fort ralentissement. Cela est tout ce qu'on veut sauf haussier pour les matières premières et ajoutera un élément déflationniste de plus à un tableau déjà chargé.

Sur Minsky pour finir, il n'y a pas 3 phases dans son cycle, mais 4. Pour reprendre les termes de Roque :

- la phase où les acteurs sont à même de rembourser capital et intérêts
- la phase où les acteurs ne peuvent plus rembourser que les intérêts
- la phase où les acteurs (qu'il appelle PONZI) ne peuvent plus rien rembourser et continuent à emprunter

Il faut y ajouter la phase où la pyramide s'écroule...Celle dans laquelle nous sommes justement aujourd'hui qui conduira selon moi à une puissante déflation.

Voilà pour mon "plaidoyer" en faveur de la déflation. Ceci dit je pense que nous verrons l'inflation. Mais bien plus tard, en fin de crise dans quelques années.


ZEDOR

(1 msg)

Plusieurs mois Non renseigné Uniquement fondamentale Non renseigné

Posté le : le 05-10-2008 00:26:17 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour,

"La déflation arrive", c'est peut-être allez un peu trop vite en besogne.

Certes l'économie US est entrée en récession (elle ne sera pas la seule) et rien ne plaide pour une poussée inflationniste à court terme.

Mais depuis les années 90 ( et à plus forte raison les années 30) le monde a évolué.

L'Asie du sud est (sous continent indien compris) représente près de 4 Mds d'individus à mettre en rapport avec la population US (250 millions).

Les lieux de productions sont désormais situés à l'est en chine notamment ainsi qu'une bonne partie des ressources minières et gazières.

Alors, effectivement à moyen terme (2 - 3 ans) les prix vont probablement baisser (moins de demande et une offre stable).

Mais d'autres marchés sont mûres qui très bientôt vont prendre le relais, et ce sera la fin de la suprématie du dollar et des Etats Unis.

Quelle intérêt aura alors, un pays comme la Chine de contribuer au maintien de la dette US, si l'essentiel de sa croissance provient de son marché intérieur et non plus de ses exportations.

La déflation c'est l'arbre qui cache la forêt.






Roque

(1184 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 05-10-2008 19:04:00 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonsoir,

Je vous remercie d'être intervenu sur cette file. Les avis divergents mais étayés y sont toujours les bienvenus.

Pour vous répondre je commencerai par dire que je suis globalement d'accord avec les attendus, à la définition du périmètre de le dette US près, point de vue que je n'arrive pas à comprendre.

Effectivement « Les états préfèrent largement l'inflation à; la déflation et essaieront de tout faire pour contrer la déflation. ». J'ai plusieurs fois écrit la même chose, je ne peux donc qu'être en phase.

En revanche je le suis moins sur «  La capacité de l'état à transformer de la dette privée en dette publique pour contrer la déflation est très limitée ». L'expérience en cours montre à l'évidence le contraire.
Ce n'est pas le graphe de M2 qui va me faire changer d'avis ... il vient précisément de flamber ! (voir votre propre lien).

Pour faire court je citerai Minsky (qui dans sa « théorie », ne fait pas déboucher systématiquement ce qu'il est convenu d'appeler un « Minsky moment » (déclencheur) en « Minsky meltdown ») : « The central bank is often confronted with a choice between possibly trigerring a financial crisis or going along with inflation. »
...
« Open inflation is a self-limiting process in a predominantlty private economy that accepts cyclical declines in the purchasing power of government wages and pensions and other fixed incomes. »

Les fondements de la pensée économique qui ont construit, après guerre, les instruments économiques et financiers encore en vigueur aujourd'hui sont, comme les caractérise Minsky, « des produits de l'ère Roossevelt et reflète un biais - né de la grande dépression- favorisant investissement et accumulation de capital et s'opposant au travail et à la déflation.».

Certes, et comme vous le dites, les investisseurs aujourd'hui bien sagement réfugiés dans les BT contribuant ainsi à des niveaux de taux historiquement bas, pourraient bien se réveiller et exiger des rémunérations plus en rapport avec la destruction de pouvoir d'achat que l'inflation apporterait. Ce scenario n'est rien d'autre que celui des années 70-80, période pendant laquelle j'empruntais à 14% (avec le sourire).

Je fais donc « confiance » à nos gouvernements (les banquiers centraux sont aux ordres de ceux-ci) pour faire fonctionner la planche à billets à un rythme encore jamais atteint.
La différence majeure, outre la dimension du problème de la bulle du crédit, que je vois avec cette époque est que la crise que nous avons devant nous n'est pas réellement qu'une crise du crédit mais une crise de la monnaie de référence. Ce point est selon moi majeur.

Cordialement



PS: L'exemple japonais est d'ailleurs assez intéressant. Souvent présenté comme un exemple de déflation moderne le Japon a en fait connu une déflation des prix des actifs financiers avec une inflation des prix à la consommation faible ou nulle hormis trois années où la variation des prix à la consommation est passée légèrement négative.

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