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Analyse conjoncture | Analyse : Le dollar à 4 francs ?

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Le dollar à 4 francs ?


Quelle semaine encore une fois ! Une semaine de records !

D'abord l'or, qui a franchi la cotation de 1000 dollars l'once vendredi 14 mars:
  • que ce soit sur le spot (cotations « virtuelles » reconstituées à partir du contrat le plus court) à New York (chaque marché a son spot: Bombay, Tokyo etc...),
  • ou bien sur le fixing de Londres à 1003,5$ au 2ème fixing (2 cotations par jour entre 5 teneurs de marché de la London Bullion Market Association, dont la Société Générale).

Néanmoins pour les européens cet événement relève plus de l'anecdote que de la réalité. Pour quelle raison par exemple n'avons nous pas plutôt « fêté » le passage du lingot d'un kilo au dessus de 20000€. J'ai beaucoup de mal à comprendre cet alignement des mentalités sur des références qui n'ont aucune signification dans notre propre référentiel.


En fait la réalité c'est cet autre record, celui de l'€uro contre le dollar :1,5688 !

Mais pour les moins jeunes, rien de surprenant. Un euro à 1,5688 $ c'est l'équivalent du dollar à ... 4,18 Francs.
Une personne (jeune) me soutenait que nous étions arrivés au maximum de cette parité. Pour ma part je lui faisais remarquer que cette situation n'avait RIEN d'exceptionnelle jusqu'alors.
En effet certains, comme moi, se rappellent du dollar valant moins de 4,2F en octobre 1973 ou bien encore de mars à juillet 1975 ou enfin de décembre 1979 à février 1980.



Vu de notre hexagone, cette relation entre notre monnaie et le dollar a déjà été vécue. Sous 4 Francs ce sera un évènement !

En revanche ce qui est nouveau ce sont ces records qu'établissent les fleurons de la finance américaine les uns après les autres.

Je ne vais pas vous remettre encore sous les yeux le graphique éloquent de Citi, mais la récente performance de Bear Stearns (- 47% en une journée pour une des cinq plus grosses banques d'investissement des Etats-Unis) en dit long sur la gravité de la crise dans laquelle nous entrons.

Au passage, je profite de ce graphique évocateur pour saluer et remercier les sympathiques participant(e)s à la journée (marathon) de formation « Permis de conduire » d'hier à Lyon. Je pense qu'ils n'auront aucun mal à tirer les conclusions qui s'imposent de ce graphique qui d'ailleurs en disait long déjà depuis plusieurs semaines.

C'est tout de même étonnant de lire dans la presse aujourd'hui que « Bear Stearns ... a dû solliciter l'aide de la Fed pour faire face à une crise de liquidités aiguë » et de relire en parallèle les quelques pages de la présentation faite en février 2008 (pas en 2007) à un aéropage de journalistes financiers. Je vous en livre quelques extraits annotés pour vous mettre en appétit :

ou bien

Soit ces grandes banques sont d'une sensibilité telle qu'en un mois elle passe du statut de champion du monde de la gestion du risque et de la solidité du capital, soit elles ont encore une fois raconté des razzes à des troupeaux de bénis oui-oui.

Personnellement j'opte pour la deuxième hypothèse et suis persuadé que cela ne fait que de commencer.

Dans le cadre de ce feuilleton qui commence nous devrions bientôt entendre parler des 50000 milliards de CDS ou Credit Default Swap. Ces CDS devraient comme un boomerang s'abattre sur les banques qui les ont créés.
De quoi s'agit-il ?

En fait l'objectif est toujours le même : sortir le risque des banques pour que celles-ci puissent refaire des prêts et donc prendre des commissions.
Le principe simplifié est le suivant :
  • une entreprise fait un prêt ou émet des obligations
  • des organismes financiers prêtent ou souscrivent
  • pour se prémunir d'une défaillance de l'entreprise emprunteuse ou émettrice (voir le cas de Delphi) la banque cherche à acheter une protection (protection buyer)
  • un vendeur de protection (protection seller) en échange d'une grasse rémunération prend l'engagement de couvrir le capital en cas de défaillance de l'entreprise. Ce vendeur est lui même tenu d'afficher une certaine qualité de crédit pour « rassurer » l'acheteur de la protection.

À première vue le système à l'air d'être fait pour protéger les banques. Il n'a que l'air !

Ces vendeurs de protection sont en général des fonds en quête de rendement ou d'autres banques jouant à la roulette. En fonction de leur notation ceux-ci peuvent intervenir avec des effet de levier important. Par exemple le fonds ACA Financial garantissait 69 milliards de dollars avec un capital de seulement 450 millions de dollars. Lorsque celui a été dégradé par les agences de notation il a dû diminuer son levier (appel de marge) et donc apporter des garanties (collateral) supplémentaires à son capital. La fiabilité du vendeur de protection est donc essentielle pour garantir la protection de la banque. Premier problème.

Deuxième problème : imaginons que l'entreprise emprunteuse ou émettrice fasse défaut. Même si pour le moment, hormis le secteur de l'immobilier et de la finance, les entreprises résistent bien, cette probabilité va augmenter inmanquablement avec le ralentissement général de l'économie.
Donc l'entreprise faisant défaut la banque se tourne vers son assurance, le vendeur de protection en lui demandant d'exécuter sa part du contrat de protection c'est à dire de rembourser la banque de la part de capital non récupéré. Mais imaginez un instant que de son côté le hedge funds ou l'organisme financier soit lui-même dans l'embarras, par exemple parce qu'une crise sans précédent du crédit vient de commencer que personne ne veuille les aider à remplir leur part du contrat.

Alors la banque se retrouve MARRON et ajoute cette perte à la longue liste de ses dépréciations d'actifs et autres pertes !

Bonne semaine à toutes et à tous


------------------
COMMUNIQUE DE LA REUNION EXTRAORDINAIRE DE DIMANCHE DU FOMC

Release Date: March 16, 2008
For immediate release

The Federal Reserve on Sunday announced two initiatives designed to bolster market liquidity and promote orderly market functioning. Liquid, well-functioning markets are essential for the promotion of economic growth.

First, the Federal Reserve Board voted unanimously to authorize the Federal Reserve Bank of New York to create a lending facility to improve the ability of primary dealers to provide financing to participants in securitization markets. This facility will be available for business on Monday, March 17. It will be in place for at least six months and may be extended as conditions warrant. Credit extended to primary dealers under this facility may be collateralized by a broad range of investment-grade debt securities. The interest rate charged on such credit will be the same as the primary credit rate, or discount rate, at the Federal Reserve Bank of New York.

Second, the Federal Reserve Board unanimously approved a request by the Federal Reserve Bank of New York to decrease the primary credit rate from 3-1/2 percent to 3-1/4 percent, effective immediately. This step lowers the spread of the primary credit rate over the Federal Open Market Committee’s target federal funds rate to 1/4 percentage point. The Board also approved an increase in the maximum maturity of primary credit loans to 90 days from 30 days.

The Board also approved the financing arrangement announced by JPMorgan Chase & Co. and The Bear Stearns Companies Inc.
Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude.
L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers.
Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière.

Commentaires Le dollar à 4 francs ?

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mesocarpe

(18 msg)

Plusieurs jours De 1 à 3 ans Technique et fondamentale Futures europe

Posté le : le 21-03-2008 05:47:51 Voir le profil   Envoyer un message privé
Au sujet des réserves obligatoires, une vidéo plutôt alarmiste sur le sujet :
http://www.youtube.com/watch?v=0UqDT9RCDA8&feature...

Posté le : le 22-03-2008 10:55:06 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour à tous,

Certains commencent à parler de fin de la baisse sur les marchés sans que l'on puisse vraiment lire d'argument(s) très convaincant(s) sur le sujet.
Pour ma part j'ai plutôt l'impression d'assister actuellement à l'application à la finance du principe des vases communicants: ainsi, du fait de la défaillance d'une multitude d'emprunteurs, Bear Stearns plonge car elle ne peut plus honorer ses dettes, JPMorgan (+ FED ? avec quelles ressources ?) vole à son secours (?) se fragilisant probablement ainsi elle-même etc ... etc ...

Parmi les questions que je me pose:

- la baisse des taux va t'elle aider les emprunteurs "subprime" en retardant l'effet reset (hausse des remboursements du fait des hausses de taux pratiquées jusque là et dont on nous avait expliqué qu'elles étaient à l'origine de la crise actuelle) et faire ainsi baisser le nombre de défaillances ?

- si Bear stearns doit de l'argent quelqu'un va forcément payer (JPMorgan, autres banques plus petites,
FED) -> le rachat de cette banque ne suffit pas à effacer d'un coup de baguette magique tous les problèmes ... ?
J'imagine que cela va mettre à mal pas mal de petites structures (banques plus petites, particuliers etc...)

- on commence à parler maintenant des prêts Alt-A. Ceux-ci seraient particulièrement périlleux en phase de baisse immobilière ce qui est le cas actuellement aux USA ("Mais une règle fait que, lorsque la différence entre le montant restant à rembourser et le prix estimé du bien dépasse un certain seuil, les remboursements sont immédiatement revus à la hausse." -> http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_...

&news=5292980). On évoque 600 milliards de dollars d'encours. Par contre, l'article ne dit pas quel est le taux de défaillance actuel.
Il dit seulement:"Standard and Poor's a indiqué jeudi que le taux de défaut sur les prêts dits "Alt-A", catégorie située entre le "subprime" (risqué) et le "prime" (peu risqué), était en forte hausse en février.
"

Bref, à tort ou à raison, je n'ai pas le sentiment que la crise soit vraiment derrière nous .

Posté le : le 22-03-2008 11:06:22 Voir le profil   Envoyer un message privé
Rectificatif:

Si, l'article précise le taux de défaillance:
"elon Standard and Poor's, le taux de défaut sur les prêts "Alt-A" titrisés en 2007 a atteint 10% en février, en hausse de 14% par rapport à janvier."
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_...

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