Le dollar ... "ça fait branché"Les dernières analyses liées :
Un commentaire récemment émis sur ce forum et une longue après-midi d'échanges avec mon ami Momo sous le chaud soleil d'Anjou m'amènent à revenir sur un sujet que j'ai déjà abordé mais qui, à mon sens, ne semble pas avoir fait mouche. Je l'avais abordé dans un commentaire d'octobre 2006 sous le titre “Quel bonheur d'être argentin”. En effet je suis toujours désespéré de voir des personnes qui ont leurs économies et leurs revenus en euros regarder les indices américains ou bien les matières premières avec un oeil américain. Je n'ai rien contre nos amis américains, bien au contraire, mais ceux-ci ont une monnaie, qui pour le moins, ne se porte pas à merveille. Mais qu'une monnaie se porte bien ou non le principe de base pour un investisseur est de regarder l'objet de tous ses désirs dans une monnaie qui est celle dans laquelle il mange, boit, se loge et économise. Un européen qui intervient sur les marchés américains regardera les indices américains une fois ceux-ci exprimés en euros; s'il veut acheter de l'or, de l'argent ou du pétrole ... idem. S'il ne fait pas ça et prend sa décision sur le seul aspect technique des graphiques en dollars il passe à côté d'une information majeure qui est celle de l'évolution du change entre l'euro et le dollar. Le fait d'analyser un graphique en euro permet en quelque sorte d'avoir sous les yeux la synthèse de deux graphiques : celui de l'indice en dollars et celui de l'euro-dollar. Or en Euro = Or en Dollar / (Change Euro-Dollar) Or en Euro = Or en Dollar * Change Dollar-Euro Prenons l'exemple du S&P500. Un investisseur américain voit ceci lorsqu'il regarde le graphique du S&P500 pour prendre une décision : fig1. ![]() Avec satisfaction il constate que l'indice a retracé quasiment toute la baisse de 2000-2002 et que ce retracement a pris exactement deux fois plus de temps que la baisse qui a précédé. Compte-tenu du niveau stratosphérique du PER du S&P500 – le PER est revenu à 23,15 le 7 mai et les anticipations de revenu données par S&P affichent un PER à 28,71 en septembre 2008 et autour de 20 tout au long de l'année 2009. Sachant que les niveaux de résultats se situent 30 à 40% au delà de la norme ceci donne un PER normalisé de plus de 30 ! - et d'un prochain retour à la réalité des marchés il anticipe un retour de l'indice sur son support haussier long-terme. Son collègue sud-africain en revanche voit les choses d'un autre oeil. Fig2. ![]() Il a un compte chez un broker lui permettant d'intervenir sur le marché américain avec ses économies durement gagnées en rand. Un simple regard sur le graphique du S&P500 en rand le conforte dans la décision qu'il a prise d'entrer sur le marché américain mi-2006. Il lui suffit aujourd'hui de surveiller cette droite qui soutient la hausse depuis 2004 pour s'assurer que son portefeuille prospère gentillement grâce à la magie des taux de change et cela malgré la baisse récente du S&P500 en dollars. En revanche ses parents français (notre ami sud-africain descend d'une famille de huguenots français exilés il y a bien longtemps en Afrique du Sud) sont moins à la fête. Ce lointain cousin a ouvert un compte chez un broker US et se mord les doigts régulièrement lorsqu'il regarde le S&P 500 en euros. Fig3. ![]() Le maigre rebond de l'indice – exactement 61,8% de la baisse 2000-2003- n'augure rien de bon pour la suite des évènements. Selon toutes probabilités si la zone de support horizontale actuelle était enfoncée les cours se précipiteraient, selon la règle de la balançoire, vers la droite de support haussière long-terme. Certes il a la possibilité de prendre une position à la vente mais le graphique long-terme du change euro-dollar lui susurre qu'il n'a pas fini de se battre contre deux ennemis en même temps : un indice et ses facéties d'un côté, l'euro-dollar et ses propres errements de l'autre. Fig4. ![]() Avec une perspective peu attrayante d'un euro contre 2 dollars américains il n'est pas enthousiasmé à l'idée de redonner au marché 1/3 de ses gains difficilement gagnés sans parler de son capital qui lui même sera grignoté doucettement jusqu'à perdre 33% de son pouvoir d'achat en euro. Il se demande alors qu'elle idée a bien pu lui passer dans la tête d'aller mettre ses euro-cacahuettes chez ce broker américain ! Désireux d'entrer sur le marché de l'or et tirant les leçons de sa déconvenue, ce même investisseur va préalablement faire un travail personnel d'analyse de la situation de l'or. Fig5. ![]() En comparant les graphiques en dollar et en euro il confirme ce qu'il pressentait ... parler de l'or en dollar NE SERT ABSOLUMENT À RIEN pour un acheteur européen ! Il se demande bien alors pourquoi tant de journalistes, de brokers européens, de traders et autres auteurs de lettres de conseils à usage des investisseurs européens nous bassinent ainsi régulièrement avec des cotations en dollars ! ![]() Parler dollar ça fait sans doute plus “branché” ! Bonne semaine à toutes et à tous
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