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L'iceberg qui cache l'icebergLes dernières analyses liées :
Régulièrement sur les forums, en réponse à des arguments sur la dangerosité de la situation actuelle, des internautes, transcendés par un subit éclair de génie, lâchent pour toute réponse structurée, une remarque du style: ''À force de de prédire la catastrophe, elle arrivera bien un jour ou un autre !''. C'est en regardant un documentaire sur le Titanic diffusé par la chaîne Planète cette semaine que m'est venue cette analogie entre la tragédie maritime de 1912 et la situation financière que nous vivons aujourd'hui. Le Titanic était, de part sa construction, réputé insubmersible. Les quelques voix de marins qui à l'époque osaient critiquer le choix des routes septentrionales, particulièrement pour des paquebots, étaient immédiatement vouées aux gémonies. La rentabilité financière des routes du Nord ne devait souffrir acune critique. Que le Titanic puisse un jour couler était à l'époque une option inimaginable. Lorsqu'il a coulé le 15 avril 1912 les sarcasmes des ''À force de prédire... se sont tus; l'impensable était arrivé. Cette nuit du 14 avril 1912, pensant n'avoir affaire qu'à de petits bourguignons, le commandant du Titanic maintenait une allure folle au milieu des glaces par une nuit d'encre sans lune (le radar n'existait pas à cette époque).
Pendant cette manoeuvre, et quasiment pendant l'heure qui a suivi, les passagers continuèrent de vaquer à leurs occupations ludiques. Le choc latéral avec l'iceberg ayant été relativement faible, l'équipage lui-même était persuadé l'avoir échappé belle. Pour beaucoup la vie continuait comme avant. C'est en apprenant vingt minutes plus tard que la flottabilité du bâtiment ne pouvait plus être maintenue que le commandant réalisait avec stupeur que le Titanic allait inévitablement couler. Imaginez cette scène, alors que le commandant ordonnait l'évacuation, la musique jouait encore et le champagne coulait toujours. D'un côté la perception d'une catastrophe inévitable et de l'autre l'insouciance de ceux qui ne veulent pas savoir ou font confiance à ceux qui sont en charge. Aujourd'hui le bateau de l'économie mondiale continue sa course folle. Certes il a heurté quelques bourguignons: Bear Stearns en mars 2008, Fannie Mae et Freddie Mac, Merrill Lynch, Lehman Brothers en septembre, AIG et l'Islande en octobre et enfin Citigroup en novembre 2008 (liste non-exhaustive), mais le navire a poursuivi sa route. Le fait d'avoir survécu à ces maigres collisions plonge aujourd'hui le commandant et son équipage dans une douce illusion de sécurité et d'invulnérabilité.
Pourtant le bateau de l'économie mondiale fait route vers un énorme iceberg. La vigie vient tout juste d'en apercevoir la partie émergée. Sensibles et sentimentaux, comme tous les marins, les deux matelots dans leur nid de pie lui ont donné de doux noms: Dubaï, Grèce et Islande.
Chaque minute qui passe fait avancer le bâtiment vers le monstre qui petit à petit se révèle à leurs yeux. C'est un autre genre d'iceberg ...
... ou si vous préférez, l'iceberg qui cache l'iceberg !
Remarque complémentaire : J'attends avec impatience le résultat de la commission sur la dette française pour mesurer l'ampleur de la partie immergée de ladette hexagonale (ce sera une mise à jour du rapport Pébereau de 2005).
* The Trillion Dollar Gap: Underfunded State Retirement Systems and the Road to Reform =======
PS: De retour d'un week-end normand je découvre cette superbe hausse de vendredi (sans volume). Je me suis aussitôt plongé dans les actualités pour tenter de découvrir ce qui avait bien pu nous valoir cette embellie. Il semblerait que ce soient les chiffres de l'emploi qui aient ravi les investisseurs. Allez comprendre !
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