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Analyse conjoncture | Analyse : L'arbre qui cache la forêt

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L'arbre qui cache la forêt

Le grand sujet à la mode dans tous les médias anglo-saxons c'est la Grèce et par ricochet l'Espagne, l'Italie, l'Irlande et le Portugal. En fait selon certains de ces médias l'Europe est au bord de l'implosion. Certes la situation de ces pays est préoccupante2 mais tout ceci ressemble un peu trop à l'arbre qui cache la forêt, de la même façon que les difficultés de Toyota montées en épingle à l'extrême avec une surenchère de la justice américaine, ressemblent à une attaque en règle sur le premier vendeur d'automobiles aux Etats-Unis au profit des marques indigènes moribondes.

Pour comprendre l'importance de l'endettement de ces pays il faut les mettre en perspective. C'est ce que j'ai fait et que je vous propose d'examiner ensemble à partir des éléments d'un tableau (figure 3) qui rassemble PIB nominaux et dettes publiques, en pourcentage du PIB, de tous les pays de l'Union Européenne et des principaux états de la planète. Tous les chiffres sont ceux des statistiques 2008. Pour apprécier plus aisément l'importance économique de chaque état j'ai ajouté à mon tableau trois colonnes donnant le poids du PIB par rapport au PIB mondial, européen ou à celui de la zone euro. Ces colonnes sont coloriées selon la position des états dans le schéma The Ring of Fire de Bill Gross. Son croquis n'est d'ailleurs pas exhaustif pour ce qui concerne l'UE. Plusieurs autres pays auraient mérité de figurer dans le cercle de feu dont notamment la Belgique, la Hongrie, le Portugal ou l'Autriche voire la Pologne. J'ai néanmoins choisi de conserver sa classification pour faciliter la lisibilité.

L'endettement au sein de l'UE est défini comme l'ensemble des dettes des administrations publiques c'est à dire :

- les administrations centrales, c’est à dire l’Etat et les organismes divers d’administration centrale . Plusieurs centaines d’établissements de statut public ou privé, dont notamment la CADES, l’EPFR (structure de défaisance du Crédit Lyonnais), l’ANPE, le CNRS, le CNASEA, le CEA, les Grandes Ecoles, les musées nationaux, sont regroupés sous cette dénomination.

- les administrations publiques locales, qui regroupent les organismes ayant une compétence géographique limitée : collectivités locales, établissements publics locaux, les organismes consulaires, les caisses des écoles, et tous les organismes publics ou parapublics financés majoritairement par les collectivités locales.

- les administrations de Sécurité sociale, c’est à dire l’ensemble des régimes obligatoires de Sécurité sociale (Régime général, régimes d’assurance chômage, régimes complémentaires de retraite et régimes de prévoyance, régimes indépendants et agricoles, régimes spéciaux de salariés), ainsi que les organismes financés par ces régimes (oeuvres, hôpitaux publics et privés participant au service public hospitalier et financés par dotation globale). 

Avec cette définition, et pour que des choses comparables puissent être comparées, j'ai retraité la dette publique des états-Unis. Elle est vendue par tous les médias anglo-saxons comme étant limitée à 7 840 milliards de dollars soit un peu moins de 60% du PIB 2008. Néanmoins celle-ci ne représente qu'une partie de l'endettement fédéral c'est à dire uniquement celle qui est négociable (voir ci-dessous Debt Held by the Public), l'autre partie étant détenue par des organismes de retraites à caractère étatique (Intragovernmental Holdings : Social Security, etc ...).
Fig1.

Mais ce n'est pas tout. En effet dans cet endettement -on parle désormais de 12 346 milliards de dollars- ne sont pas comprises les dettes contractées par les administrations publiques locales que sont aux Etats-Unis les états, comtés et les municipalités. Au montant ainsi obtenu il faudrait ajouter celui des entreprises désormais nationalisées. Je ne l'ai pas fait et je me suis borné à faire l'historique des dettes fédérales, locales et sociales. L'endettement ainsi retraité est désormais d'environ 120 à 130%. J'ai retenu 120% du PIB pour l'endettement public américain.
Fig2.

Vous noterez sur ce graphique que l'endettement public américain est désormais au niveau qu'il avait atteint pour le financement de l'effort de guerre de la Deuxième Guerre Mondiale. J'espère que ce seul élément calmera les quelques personnes qui régulièrement déclarent ne pas voir où est le problème de la dette américaine aujourd'hui.

Ceci étant précisé que nous dit le tableau dont je vous ai parlé plus haut.
Fig3.

Une lecture rapide montre tout d'abord que la Grèce pèse 0,59% du PIB mondial et 1,94% du PIB de l'Union Européenne. Elle est membre du club de l'€uro et à ce titre elle représente 2,63% du PIB de ce club. Son endettement (et son déficit budgétaire) est important mais un pays comme l'Italie présente un endettement plus élevé et pèse considérablement plus dans le club de l'€uro.
D'une façon globale les pays de la zone €uro sont collectivement endettés à hauteur de 69,3% du PIB 2008 des pays de cette zone. Quand bien même ce ratio serait aujourd'hui monté à 75%, ceci n'a rien à voir avec l'endettement des États-Unis qui a minima est de 120%, mais qui, tous éléments pris en considération, pourrait être le double de celui de la zone €uro.

Si la Grèce, qui pèse moins de 0,6% du PIB mondial est un gros problème que dire alors de la Californie2 qui représente un peu plus de 3% du PIB mondial. Entre la Grèce et la Californie, PIMCO, le plus grand fonds obligataire américain, a fait son choix.

Fig4. PIMCO : Oubliez la Grèce, le spread des obligations californiennes a bondi à des niveaux de crise

En outre la révolte fiscale gronde entre San Francisco et Washington et les retombées pourraient être autrement plus graves que les conséquences des difficultés de la Grèce. Plusieurs états ont déjà évoqué la possibilité de mettre en oeuvre leur droit de préemption sur les taxes collectées chez eux par Washington. Au delà d'une crise économique ce sont peut être les prémices d'une crise politique profonde.

Pour en terminer avec ce tableau, que vous pourrez analyser vous même, il me semble intéressant de briser un autre mythe. Celui des pays émergents de leur superpouvoir de sauver la planète à eux seuls grâce à une croissance effrénée. La réalité est que les BRIC, Brésil-Russie-Inde-Chine représentent en tout et pour tout 14% du PIB mondial nominal. J'ai lu un excentrique qui prétendait que les pays émergents pesaient désormais 30% du PIB mondial ! Les chiffres sont pourtant là sous vos yeux. Les pays réellement émergents représentent à peine 17% du PIB mondial. Chiffre à mettre en perspective avec les 70 % des pays industrialisés. Évidemment si on considère que tout ce qui n'est pas industrialisé est émergent ... alors bien entendu ... dans ce cas par une simple soustraction on trouvera 30%. Mais la réalité ne fonctionne pas comme ça.

Les marchés commencent à réaliser l'ampleur des difficultés dans lesquels les états sont plongés. Il y a maintenant pas mal de temps je vous avais prévenu que cette crise était un jeu de patate chaude et que les derniers au bout de la chaine seraient les états (hormis le contribuable qui assumera au final tout ça).

Nous sommes donc arrivés au début du dénouement. Je suis certain que vous ne me croyez pas. Alors lisez monsieur Neil M. Barofsky. Il a le privilége d'avoir été nommé par le Congrès américain pour superviser l'emploi des fonds utilisés pour le sauvetage du secteur financier. Il est Inspecteur Général en charge du TARP ou Special Inspector General for the Troubled Asset Relief Program ou SIGTARP). Ce monsieur a produit un rapport sur sa mission en début de semaine dernière (daté du 30 janvier 2010). Vous le trouverez ici sur le site de son administration.

Je voudrais vous citer deux passages édifiants (quand on sait quelle position il occupe dans l'administration et dans le système financier) de son introduction.

Début de citation (pour vous permettre de vérifier ma traduction j'ai volontairement laissé la version originale en anglais):

Many of TARP’s stated goals, however, have simply not been met. Despite the fact that the explicit goal of the Capital Purchase Program (“CPP”) was to increase financing to U.S. businesses and consumers, lending continues to decrease, month after month, and the TARP program designed specifically to address small-business lending — announced in March 2009 — has still not been implemented by Treasury. Notwithstanding the fact that preserving homeownership and promoting jobs were explicit purposes of the Emergency Economic Stabilization Act of 2008 (“EESA”), the statute that created TARP, nearly 16 months later, home foreclosures remain at record levels, the TARP foreclosure prevention program has only permanently modified a small fraction of eligible mortgages, and unemployment is the highest it has been in a generation. Whether these goals can effectively be met through existing TARP programs is very much an open question at this time.

Bon nombre des objectifs fixés au TARP, n'ont cependant tout simplement pas été remplis. Malgré le fait que l'objectif explicite du programme d'achat d'actifs (RPC) était de répondre aux besoins de financement des entreprises et des consommateurs américains, les prêts ne cessent de diminuer, mois après mois, et le programme TARP conçus spécifiquement pour offrir des prêt aux petites entreprises - annoncé en mars 2009 - n'a toujours pas été mis en œuvre par le Trésor. Nonobstant le fait que le maintien de la propriété et la promotion de l'emploi ont été des objectifs explicites de la loi de stabilisation économique d'urgence de 2008 ( EESA), la loi qui a créé le TARP, près de 16 mois plus tard, les saisies immobilières demeurent à des niveaux records, le programme de prévention des saisies du TARP a seulement permis de modifier une faible fraction des prêts hypothécaires éligibles, et le chômage est à un niveau plus élevé qu'il ne l'a été depuis une génération. Que ces objectifs puissent effectivement être atteints grâce à des programmes existants du TARP demeure aujourd'hui une question ouverte.

..........


The substantial costs of TARP — in money, moral hazard effects on the market, and Government credibility — will have been for naught if we do nothing to correct the fundamental problems in our financial system and end up in a similar or even greater crisis in two, or five, or ten years’ time. It is hard to see how any of the fundamental problems in the system have been addressed to date.

Le coût élevé du TARP - en termes d'argent, de risque (moral) sur le marché, de crédibilité du gouvernement - aura été en pure perte si nous ne faisons rien pour corriger les problèmes fondamentaux de notre système financier et nous conduira à une crise comparable ou même d'intensité supérieure dans deux, cinq ou dix ans. Il est difficile de comprendre comment les problèmes fondamentaux du système [financier] ont été pris en compte à ce jour.

To the extent that huge, interconnected, “too big to fail” institutions contributed to the crisis, those institutions are now even larger, in part because of the substantial subsidies provided by TARP and other bailout programs.

Dans la mesure où d'énormes institutions trop grosses pour faire faillite, interconnectées entre elles, ont contribué à la crise, ces institutions sont maintenant encore plus importantes, en partie en raison des subventions substantielles fournies par le TARP et d'autres programmes de soutien.


To the extent that institutions were previously incentivized to take reckless risks through a “heads, I win; tails, the Government will bail me out” mentality, the market is more convinced than ever that the Government will step in as necessary to save systemically significant institutions. This perception was reinforced when TARP was extended until October 3, 2010, thus permitting Treasury to maintain a war chest of potential rescue funding at the same time that banks that have shown questionable ability to return to profitability (and in some cases are posting multi-billion-dollar losses) are exiting TARP programs.

Dans la mesure où les institutions ont déjà été incitées à prendre des risques inconsidérés avec une attitude pile, je gagne, face, le gouvernement me fournira une caution, le marché est plus que jamais convaincu que le gouvernement interviendra autant que nécessaire pour sauver systématiquement les institutions importantes. Cette perception a été renforcée lorsque le TARP a été prolongé jusqu'au 3 Octobre 2010, permettant ainsi au Trésor de maintenir un trésor de guerre pour des financements de secours alors même que les banques qui affichaient une capacité douteuse de retour à la rentabilité (et dans certains cas, affichaient des pertes de plusieurs milliards de dollars) se retiraient des programmes du TARP.


To the extent that large institutions’ risky behavior resulted from the desire to justify ever-greater bonuses — and indeed, the race appears to be on for TARP recipients to exit the program in order to avoid its pay restrictions — the current bonus season demonstrates that although there have been some improvements in the form that bonus compensation takes for some executives, there has been little fundamental change in the excessive compensation culture on Wall Street.

Dans la mesure où les comportements à risques des grandes institutions découlaient de la volonté de justifier des bonus de plus en plus importants - et de fait, la course pour sortir du programme semble être en cours pour les bénéficiaires du TARP afin d'éviter les restrictions sur les rémunérations - la saison actuelle des bonus montre que, même s'il y a eu quelques améliorations dans la forme que prennent les bonus pour certains dirigeants, il y a eu peu de changements fondamentaux dans les excès de la culture salariale de Wall Street.


To the extent that the crisis was fueled by a “bubble” in the housing market, the Federal Government’s concerted efforts to support home prices — as discussed more fully in Section 3 of this report — risk re-inflating that bubble in light of the Government’s effective takeover of the housing market through purchases and guarantees, either direct or implicit, of nearly all of the residential mortgage market.

Dans la mesure où la crise a été alimentée par une «bulle» du marché du logement, les efforts concertés du gouvernement fédéral pour soutenir les prix des logements - comme on le verra plus en détail dans la section 3 du présent rapport - risquent de réalimenter cette bulle du fait des achats et des garanties réalisés par le gouvernement, que ce soit, directement ou implicitement, de la quasi-totalité du marché hypothécaire résidentiel.

Stated another way, even if TARP saved our financial system from driving off a cliff back in 2008, absent meaningful reform, we are still driving on the same winding mountain road, but this time in a faster car.

En d'autres termes, même si le TARP a sauvé notre système financier l'empêchant de tomber de la falaise en 2008, sans une réforme significative, nous conduisons toujours sur la même route sinueuse de montagne, mais cette fois dans une voiture plus rapide.

Fin de citation

 

S'il vous plait, relisez ces extraits encore une fois avant de poster quoique ce soit en ayant bien en mémoire que ce rapport a été publié au début de cette semaine !


Ce monsieur est DANS le système, il en est un des mieux INFORMÉ , le système lui fait PEUR !

 

Bonne semaine à toutes et à tous

 

 1.La situation des déficits et de l'endettement des pays européens

 

 

2. Businessweek

 

=======

Mise à jour du décompte Lindsay pour le CAC40

 

 

Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude.
L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers.
Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière.

Commentaires L'arbre qui cache la forêt

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tonkin

(6 msg)

Pur intraday De 1 à 3 ans Technique et fondamentale Futures europe

Posté le : le 08-02-2010 15:27:53 Voir le profil   Envoyer un message privé
Un article intéressant sur l'immobilier aux Etats-Unis. Certes, c'est un papier "d'ambiance".

Reportage

Aux Etats-Unis, les "walk away" laissent leur maison... et leur dette aux banquiers

LE MONDE | 08.02.10 | 15h03
New York Correspondant


Fairfield, à 65 kilomètres de San Francisco (Californie), est l'un de ces lieux où les cadres californiens sont, depuis 2004, venus chercher qualité de vie et immobilier abordable. Dans cette ville nouvelle, ils se sont fait construire de belles maisons avec piscine, jardin et un garage pour trois véhicules. Beaucoup ont choisi de quitter leur appartement en ville pour acheter une de ces villas. Et pour financer ce rêve à 800 000 dollars (près de 600 000 euros), sûrs de faire, grâce à la hausse des prix de l'immobilier, une bonne affaire, ils ont emprunté sur 30 ans.

Aujourd'hui, ces quartiers sont un désastre urbain, un désert. Les propriétaires insolvables ont déjà vu leur villa saisie ou sont menacés d'expropriation et les commerçants partent les uns après les autres. Pour les rares habitants qui restent, la situation est inextricable : leur villa ne vaut plus que 40 % ou 50 % du prix payé, ils n'ont pas commencé à rembourser le capital et n'entrevoient aucune perspective de revalorisation de leur bien. De plus en plus nombreux sont ceux qui "se tirent" - walk away, dit-on ici. Bien que solvables, ils cessent, en toute légalité, de rembourser leur emprunt. Que la banque se débrouille ! Le prêteur récupère la maison et les "propriétaires", eux, sont libérés de leur dette.

Des Fairfield, il y en a partout aux Etats-Unis. Au total, 11 millions de ménages, soit 23 % des emprunteurs immobiliers, sont actuellement under water (sous la ligne de flottaison), c'est-à-dire disposant d'un appartement dont la valeur est inférieure au montant emprunté. Cette proportion va jusqu'à 65 % en Californie, en Floride, au Nevada, en Arizona, dans le Michigan ou en Géorgie. Selon la société d'études immobilière First American CoreLogic, 2,2 millions de ménages ont vu la valeur de leur patrimoine chuter de plus de 50 % depuis l'achat.

En Californie, la pratique du short sale, c'est-à-dire la vente à perte, se répand : elle permet à un propriétaire de se libérer de sa dette en vendant à prix bradé, après accord de la banque. "A Los Angeles, 21 % des biens à vendre sont issus de saisies et 34 % sont en short sale, car les établissements bancaires ont compris l'intérêt de cette solution par rapport à la saisie", témoigne Alain Silverston, un agent immobilier français installé en Californie.

Il cite l'exemple des Donavan. Ils ont acquis, en 2008, une villa pour 590 000 dollars et la revendent 429 000 dollars, en partant vivre à quelques kilomètres de là, dans un logement loué 2 000 dollars, soit moins que les 3 800 dollars de leurs anciennes mensualités de remboursement. Une économie bienvenue car leurs revenus ont chuté, Mme Donovan ne travaillant plus qu'à mi-temps dans l'immobilier, son époux ne percevant plus les bonus et primes d'antan.

A peine le phénomène de walk away était-il apparu qu'Henry Paulson, le secrétaire au Trésor sous George Bush, traitait ses adeptes de "spéculateurs". Président de l'Association des banquiers du crédit immobilier (Mortgage Bankers Association), John Courson leur a, lui, récemment lancé un appel : "Pensez au mauvais exemple que vous donnez à votre famille, à vos enfants et vos amis." Et même Barack Obama leur a demandé de se montrer "responsables".

Les Donavan trouvent-ils leur évasion immorale ? La question les amuse : ils sont bien contents d'avoir feinté leur banquier. La proportion des emprunteurs qui cessent volontairement de payer leur crédit atteindrait 3 %, mais une étude LA Times-Real Estate Economy Watch de décembre 2009 révèle que 10 % des sondés sont tentés par cette option. Et l'argument du comportement antisocial ou immoral ne tient pas, surtout venant des banquiers, puisqu'eux-mêmes s'adonnent à cette pratique lorsqu'ils y trouvent leur intérêt !

Dans le New York Times du 10 janvier, Roger Lowenstein, propriétaire du fonds d'investissement éthique Sequoia, donnait l'exemple de la banque d'affaires Morgan Stanley qui avait acquis cinq immeubles de bureaux de haut standing à San Francisco lorsque le marché était au plus haut, et qui a cessé de les payer depuis l'effondrement immobilier. "Personne, à Wall Street, ne l'accuse d'immoralité", note-t-il. Le promoteur Tishman Speyer et le fonds BlackRock ont annoncé, fin janvier, ne pas pouvoir payer les 16 millions de dollars d'intérêts d'un prêt contracté, en 2006, pour acquérir 11 232 appartements à Manhattan, pour 5,4 milliards de dollars, et qui n'en valent plus, désormais, que 1,8...

Si la stratégie du walk away se répand, elle ne peut qu'amplifier la chute des prix et le nombre de propriétaires under water. Selon la Mortgage Bankers Association, 4,38 % des emprunteurs américains étaient, au troisième trimestre 2009, en procédure de saisie et 9,9 % avaient des retards de paiement, soit un total de 15 % d'emprunteurs en difficultés.


Sylvain Cypel avec Isabelle Rey-Lefebvre


tung

(96 msg)

Plusieurs mois De 1 à 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 08-02-2010 21:40:54 Voir le profil   Envoyer un message privé
pour info

le gouvernement Californien émet des "IOU" = I Own You depuis le début de la crise



jeanbonb

(129 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 08-02-2010 23:18:05 Voir le profil   Envoyer un message privé
bravo à tous les intervenants pour ce question/réponse des plus interressant

juste une paire de remarque :
- tung : "IOU" = I Own You
je ne sais pas si tu l'as fait exprès mais justement IOU veut dire I owE you (je te dois), ce que certains petits plaisantins transforment en I owN you, je te possède...

- gl33 : espérons (pour eux) que "ceux qui veulent détruire le monde" auront plus de chances cette fois-ci qu'avec la grippe A. Ca devrait aller, de toutes façons il y a rien à faire à part attendre ^^

Comme une paire c'est 2, je m'arrête là, bonne soirée

Posté le : le 09-02-2010 00:14:18 Voir le profil   Envoyer un message privé
Sur la fameuse figure du dôme, j'ai bien peur qu'elle ne se réalise actuellement mais dans des proportions beaucoup plus modestes sur le S&P500 depuis début novembre... Objectif CT 1035,isn't it?


frcclair

(217 msg)

Plusieurs mois Moins d'un an Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 09-02-2010 09:33:20 Voir le profil   Envoyer un message privé
Les engagements de retraites sont-ils comptabilisés dans les dettes françaises? (A force de lire JP chevallier, mon cerveau bouillonne:-) )

Oups pardon j'ai trouvé la réponse page 3....

Un grand merci a roque.

Posté le : le 09-02-2010 12:23:52 Voir le profil   Envoyer un message privé
@jeanbon
et à tous

Citation de : jeanbonb (au 08-02-2010 23:18:0)

- gl33 : espérons (pour eux) que "ceux qui veulent détruire le monde" auront plus de chances cette fois-ci qu'avec la grippe A. Ca devrait aller, de toutes façons il y a rien à faire à part attendre




est-ce que je me trompe où est-ce qu'il y a bcp de dérision dans ton propos ?

une chose me dérange : pas la dérision
(c'est ton droit de penser que ceux qui s'inquiètent ont tort)
mais le fait que tu donnes l'impression de me citer fidèlement en écrivant entre guillemets : "ceux qui veulent détruire le monde"
...alors que je n'ai jamais dit dit ça, ni même exprimé une idée dans ce sens.

mon propos concerne la régression démocratique aux profits d'intérêts particuliers et aucunement la "destruction du monde".

et ceci me pose d'autant plus problème que c'est un procédé utilisé en permanence par ceux qui collaborent avec le "système" et font tout pour le défendre : ils font tenir artificellement des propos "extrêmes" à ceux qui dénoncent les versions officielles, afin de les décrédibiliser aux yeux du plus grand nombre.

je ne dis pas que tu es dans cet état d'esprit mais relis ta phrase = on dirait vraiment que tu reprends texto une expression que j'aurais utilisée
...et tu la tournes en dérision = très désagréable impression de manipulation.

concernant l'abandon progressive par les Etats de chacune de leurs prérogatives aux profits du privé, au profits donc d'intérêts privés qui ne sont pas soumis aux aléas du vote des citoyens, voici un nouvel exemple :

Journal Officiel du 29/01/10
Arrêté du 19 janvier 2010 autorisant la société Goldman Sachs International (GSI)
à exercer l’activité de fourniture de gaz


Journal Officiel du 27/01/10
Arrêté du 5 janvier 2010 autorisant la société JP Morgan Markets Limited (JPMML)
à exercer l’activité de fourniture de gaz naturel


rappelons simplement ceci :
EDF/GDF était une entreprise publique dont personne ne se plaignait
= les tarifs étaient parmi les moins chers d'Europe, le service était parfaitement assuré sur tout le territoire et, cerise sur le gateau, cette entreprise était considérée comme une vache à lait de l'Etat puisqu'elle contribuait très positivement au budget de la Nation.

alors pourquoi abandonner ça à des intérêts privés ?

aucun véritable argument de bon sens ne peut justifier cette aberration.
seuls des argument teintés d'idéologie sur les bienfaits de la mondialisation et de la libéralisation peuvent être avancés = ces mêmes arguments qui nous sont présentés depuis 20 ans et qui ont aboutit aux pires excès dont la crise actuelle n'est qu'un épisode.


voici un nouveau message tout frais, pris sur le forum
LE SILENCE DES LOUPS (Décryptage d’un monde interdit aux moins de 16 dents)


Citation de : chalouette (au 09-02-2010 10:01:35)

Suite à l'annonce de Piet concernant le gaz en France,
voici le commentaire de Pierre Jovanovic dans son blog :

"JP MORGAN ET GOLDMAN SACHS AUTORISES A VENDRE DU GAZ EN FRANCE"

du 8 au 11 février 2010 : Vous avez été très très très nombreux à m'écrire, scandalisés, de la publication au JO des textes de loi autorisant les deux banques à vendre du gaz en Navarre, et rapportés par Paul Jorion. Voyez-vous, il n'y a rien d'étonnant à cela, puisque la municipalité de Vienne a été amenée à vendre l'exploitation de ses tramways à une société américaine, j'en parle souvent à la radio avec Laurent. Idem à Paris où le traitement de l'eau a été privatisé au profit de Vivendi, etc. Pourquoi croyez vous que Sarkozy est obligé de détruire la Poste ? Pour la privatiser même s'il ment effrontément en disant que ce n'est pas le cas. La constitution européenne impose l'ouverture des secteurs publics. Tout doit être privatisé. Même les pompiers espagnols ont peur d'être privatisés... Alors le gaz... C'est une aiguille dans une botte de foin. Tous les services publics doivent être monétisés afin que le flux d'argent aille dans des entreprises privées, qui sont, dans leur grande majorité, contrôlées directement ou indirectement, par des capitaux américains. Goldman et Morgan avancent leurs pions. Demain ce seront des Australiens, des Russes, Japonais et autres anglo-saxons. Pour l'instant, c'est juste pour vendre à GDF et aux autres "grossistes", mais pas au particulier. Mais qui vous dit que dans 2 ou 3 ans, une nouvelle loi, ne va pas leur permettre de vendre au particulier. Et alors là, bingo, vous pourrez avoir un compteur plaqué or chez vous signé Goldman Sachs... Petit rappel: la patronne des Commodities chez Morgan, c'est Blythe Masters. Avec ce blog, vous avez de l'avance... Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2010"

http://www.jovanovic.com/blog.htm



les media officiels n'en ont pas parlé.
Ca vous étonne ?


durock29

(6 msg)

Plusieurs jours Plus de 3 ans Non renseigné Actions françaises

Posté le : le 09-02-2010 15:03:24 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour

La Cour des comptes inquiète pour la note française :

PARIS (Reuters) - La Cour des comptes s'inquiète d'un risque de dégradation de la notation souveraine de la France si des réformes structurelles d'ampleur ne sont pas menées dans la deuxième économie de la zone euro.

En l'absence de réformes, la dette publique pourrait atteindre 100% du produit intérieur brut à brève échéance, générant une charge d'intérêt équivalente à 4% du PIB en 2013, prévient l'institution dans son rapport annuel publié mardi.

"A un niveau égal à 4% du PIB, cette charge ne serait plus très loin du seuil de 10% du produit des prélèvements obligatoires, au-delà duquel il existe un risque, certes non automatique, de dégradation de la notation des dettes souveraines", ajoute-t-elle dans son rapport.

Pour l'heure, "le déficit public atteint un niveau sans précédent en temps de paix et la dette s'emballe", note la Cour dans ce rapport rédigé sous la direction de Philippe Séguin, son premier président décédé début janvier.

...



Marcus

(1069 msg)

Plusieurs semaines Moins d'un an Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 09-02-2010 16:07:21 Voir le profil   Envoyer un message privé
Merci durock29 pour cette note de la Cour des comptes.

J'aimais bien Philippe Seguin.
Il avait un fichu caractère avec ses collaborateurs mais était certainement un honnête homme.
Peut-être même trop honnête pour réussir en politique....


Roque

(1501 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 10-02-2010 16:10:21 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour

J'ai ajouté un lien vers un article intéressant de Businessweek en fin de mon commentaire (avant le graphique Lindsay). Le journaliste ne dit rien de moins que ce je vous ai écrit au sujet de la dette californienne versus la dette grecque.

A+


Marcus

(1069 msg)

Plusieurs semaines Moins d'un an Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 10-02-2010 18:28:18 Voir le profil   Envoyer un message privé
OK VU


jeanbonb

(129 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 11-02-2010 02:09:35 Voir le profil   Envoyer un message privé
gl33 : "très désagréable impression de manipulation."

je te présente mes excuses, ce n'était pas du tout mon intention


hergastul

(3472 msg)

Plusieurs mois De 1 à 3 ans Technique et fondamentale Futures europe

Posté le : le 11-02-2010 07:27:35 Voir le profil   Envoyer un message privé
De plus en plus nombreux sont ceux qui "se tirent" - walk away, dit-on ici. Bien que solvables, ils cessent, en toute légalité, de rembourser leur emprunt. Que la banque se débrouille ! Le prêteur récupère la maison et les "propriétaires", eux, sont libérés de leur dette.


Retour à l'envoyeur!? Eh, mais c'est pas mal comme solution

Une question : on voit tout de même l'or et l'eurodol bien dévisser lorsque les actions baissent. Roque a bien touché du doigt les réelles raisons et les interactions entre ces deux phénomènes (merci! parce que l'enfumage là dessus est pesant), du fait des prises de positions par paires et des leviers des gros investisseurs.
Mais en ce cas, si on considère que les marchés peuvent fortement chuter (par exemple le S&P redescendre à 800), comment ne pas considérer que cette chute entrainera mécaniquement dans son sillage l'or sous 900 $ l'once ou sous 600 euros? Ou l'eurodol sous les 1,25?
Je pose la question car l'or a montré qu'il pouvait décrocher de 50 points sur une bougie 4 heures, ou de 100 points en qques jours (par rapport au dollar), que l'euro pouvait perdre déjà 15 cents, alors que le S&P n'a perdu qu'une centaine de points par rapport à ses récents plus hauts.

Bref, si on anticipe une forte chute des marchés actions, et même si la tendance long terme de l'eurodol ou de l'or est haussière, ne risque t-on pas d'avoir, en parallèle et dans un premier temps, un décrochage considérable de ces derniers, à la hauteur du décrochage des indices boursiers?

Merci pour vos avis


Roque

(1501 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 11-02-2010 10:57:37 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour

J'ai ajouté à la fin de mon commentaire deux graphiques tirés d'une étude de la Deustche Bank qui résument bien la situation financière des états européens.

hergastul: Le thème du décrochage de l'or était ma thèse il y a peu (considérant ça comme une opportunité au renforcement). Mais force est de constater que le prix en €uro de l'or fait preuve d'une résistance surprenante jusqu'à me faire envisager une sortie très haussière soit le scenario exactement inverse. Je me penche dessus et je soumettrai quelque chose prochainement.

A+


Marcus

(1069 msg)

Plusieurs semaines Moins d'un an Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 11-02-2010 20:39:51 Voir le profil   Envoyer un message privé
5 you, Roque, comme dirait l'ami Hergastul , pour l'ajout de ces 2 graphiques


hergastul

(3472 msg)

Plusieurs mois De 1 à 3 ans Technique et fondamentale Futures europe

Posté le : le 12-02-2010 07:23:32 Voir le profil   Envoyer un message privé
oui en effet, en euro, quasiment aucun décrochage!

Unch'ti graphe en attendant, qui met en perspective, même en dollar


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