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Avant de commencer ce commentaire je voudrais être clair sur les propos qui vont suivre. Certains vont peut être être tentés d'interpréter ceux-ci comme une prise de position politique de ma part. C'est leur droit mais mon intention n'est absolument pas de me servir de cet espace pour faire campagne pour tel ou tel parti. Alors ceci étant dit je pense que comme moi vous avez été saisis par la mutation qui gagne nos dirigeants (le nos a une connotation planétaire et non purement hexagonale). Le premier à avoir ouvert le bal, est le même qui a eu l'idée géniale de nationaliser les banques au lieu de les laisser faire faillite (ce qui aurait considérablement assaini le système). Son idée à l'époque a été immédiatement suivie par tous sous des formes plus ou moins différentes.
De l'autre côté de l'Atlantique découvrant le raz de marée de mécontement qui s'est exprimé pour l'élection sénatoriale du Massachusetts, état démocrate par excellence, Obama reprenait la stratégie du premier ministre britannique et se lançait dans une surenchère impressionnante (lire mon dernier commentaire). Là aussi la lecture des sondages nous permet de mieux comprendre ce revirement. Tous les sondages, quasiment sans exception, montrent à quel point les américains ont perdu confiance dans leur système politique.
Ils montrent aussi que la récente virevolte d'Obama semble avoir eu l'oreille des américains. Le congrès est désapprouvé par une très large majorité alors que Mister O s'en tire à peu près (stable). Bien joué l'artiste !
Les élections de mi-mandat approchant (renouvellement le 2 novembre de 36 des 100 sièges du Sénat à majorité actuellement démocrate) le jeu est désormais de faire passer les républicains pour les empêcheur de légiférer en rond pour mettre les méchants banquiers au pas. Cet homme est passé d'un extrême à l'autre. Son discours sur l'état de l'Union est un morceau de bravoure. Mais il n'est pas seul sur ce crédo populiste et démagogique. À quelques mois des élections de mars, au forum de Davos le président français a fait un discours, que je qualifie d'altermondialiste, le 27 janvier.
Je suppose que le premier jet a été écrit par Lula, absent pour cause de grosse fatigue, puis finalisé par ATTAC qui lui a glissé le discours quelques minutes avant de prendre la parole. Je plaisante bien sûr, mais lisez attentivement ce discours. Je vous en livre deux ou trois morceaux choisis pour vous mettre en appétit. La mondialisation a dérapé à partir du moment où il a été admis que le marché avait toujours raison et qu’aucune autre raison ne lui était opposable. La mondialisation a d’abord été la mondialisation de l’épargne. Elle a engendré un monde où tout était donné au capital financier et presque rien au travail, où, l’entrepreneur passait après le spéculateur, où le rentier prenait le pas sur le travailleur, où les effets de levier, atteignant des proportions déraisonnables, engendraient un capitalisme dans lequel il était devenu normal de jouer avec l’argent des autres, de gagner facilement, rapidement, sans effort et trop souvent sans aucune création de richesses ou d’emplois. Heureusement il y a quelques phrases où je me reconnais telles que : Essayons de remonter à la source : ce sont les déséquilibres de l’économie mondiale qui ont nourri le développement de la finance globale. On a déréglementé la finance pour pouvoir financer plus facilement les déficits de ceux qui consommaient trop avec les excédents de ceux qui ne consommaient pas assez. La perpétuation et l’accumulation des déséquilibres a été le moteur et la conséquence de la globalisation financière. La crise que nous traversons n’est pas une crise du capitalisme. C’est une crise de la dénaturation du capitalisme. C’est une crise liée à la perte des valeurs et des repères qui ont toujours fondé le capitalisme. Regardez les bulles qui déjà gonflent à nouveau ? Il n’est pas sûr qu’alors les États aient encore les moyens de garantir la confiance. Les pays déficitaires doivent faire un effort pour consommer un peu moins et rembourser leurs dettes. La monnaie est au coeur de ces déséquilibres. Elle est l’instrument principal des politiques qui les maintiennent. Aujourd’hui nous avons besoin d’un nouveau Bretton Woods. On ne peut pas avoir d’un côté un monde multipolaire et de l’autre une seule monnaie de référence à l’échelle planétaire. On ne peut pas d’un côté prôner le libre-échange et de l’autre tolérer le dumping monétaire. La France qui présidera le G8 et le G20 en 2011 inscrira à l’ordre du jour la réforme du système monétaire international. Nous sommes donc entrés dans une phase de surenchère pour regagner la confiance des électeurs comme il fallait s'y attendre. La prochaine crise, quand elle surviendra, plongera les responsables politiques dans une transe régulatrice et confiscatrice extrême. Loin de résoudre les problèmes leurs actions nous emmènerons brutalement dans le mur de la dette. Étonnament tout le monde parle désormais du problème que pose ces dettes souveraines. Ici même nous en parlons depuis .... 2006. Les chiffres sont plus ou moins travestis comme ce graphique publié par PIMCO (que j'ai modifié) qui minimise la part réelle de la dette américaine en ne prenant en compte que la dette fédérale, comme si le poids de l'endettement des états américains, des systèmes sociaux et des entreprises nationalisées était négligeable.
Nota sur ce graphique : Sur l'axe des ordonnées DEFICIT BUGETAIRE en % du PIB, sur l'axe des abscisses DETTE PUBLIQUE en % du PIB. La dette publique américaine est calculée ici par mes soins selon les mêmes critères retenus pour le calcul des dettes des pays de l'Union Européenne. Seules les dettes japonaises et australiennes n'ont été retraitées pour être mise sur un même niveau de comparaison.
Que les gouvernements balaient donc devant leur porte avant de donner des leçons aux banques. Ils sont les premiers responsables de cette situation (et nous aussi par la même occasion qui ne les avons pas sanctionné par faiblesse). Qui a piétiné les lois visant à prévenir la constitution de monopoles aux Etats-Unis alors que la mode est à la chasse au To big to fail ? Qui pleurniche auprès de Bruxelles lorsque la Commission demande le démantèlement des monopoles en Europe et plus particulièrement en France ?etc ... On lance en France en grande fanfare une nouvelle commission pour réaliser un nouveau rapport sur l'endettement de la France. Le rapport Péberau, publié en septembre 2005, n'a pas pris une ride et rien n'a été réellement fait depuis sa communication. Les conclusions seront les mêmes, le temps perdu rendra les solutions encore plus douloureuses.
Comment se défaire de cette bombe ? Pensez-vous raisonnablement que les banques qui s'en sont défaites en échange de liquidités vont se précipiter pour les reprendre (il n'y a pas eu de nouvelle création monétaire contrairement à ce que certains écrivent) ? Nicolas Sarkozy disait à Davos le 27 janvier que ''Sans l'intervention des états tout se serait effondré !'' Il aurait dû dire : ''Sans l'intervention des états dans les décennies passées tout ceci ne serait pas arrivé''. A mon tour de faire un discours et de vous proposer mes propositions (utopiques mais sincères) pour un monde meilleur : - rendre les mandats suprêmes des démocraties non renouvelables Tous le reste en découle, en attendant nous devons assumer. Bonne semaine à toutes et à tous ===================== Page de publicité : Je suis invité par la FNAC d'Angers à présenter mon livre Guide d'investissement sur le marché de l'or le 19 février de 17h30 à 19h00. L'entrée est gratuite. J'espère avoir le plaisir de vous y rencontrer (une prolongation dans un restaurant local pourrait être programmée) Alain à ouvert une file ici sur cet évènement.
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