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Analyse conjoncture | Analyse : Le spéculateur a le dos large !

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Le spéculateur a le dos large !

Mon sport préféré vous le connaissez, c'est la chasse aux légendes !
Dieu sait combien de celles-ci peuplent le monde de la finance ! Vaste partie de poker par excellence, ce monde a besoin de gogos. Mais par paresse ou par bêtise même les professionnels viennent bien souvent à croire à ces légendes. C'est un peu comme une rumeur que vous lancez. Un jour elle vous revient aux oreilles et vous vous dites alors “Ah je savais bien que c'était vrai !”.

Après vous avoir parlé des imaginaires injections de liquidités des banques centrales, de la soit disante corrélation entre PER et taux d'intérêt long terme, de l'inexploitable saisonnalité des indices, de la grotesque théorie de l'efficience des marchés ou de l'universalité du dollar pour suivre les marchés .... je vous propose d'en explorer une autre que l'actualité nous sert aujourd'hui sur un plateau et que les panurges du petit monde médiatico-investisso-conseillo-financier reprennent en coeur.

Celle-ci m'est apparue en lisant un article dans l'Express présentant un ouvrage sur la crise financière actuelle co-écrit par un économiste et un journaliste (la 1ère de couverture est d'ailleurs pleine de sens : on y voit une photo des auteurs côte à côte, le journaliste en pleine lumière et l'économiste dans l'ombre). Dans les articles qui accompagnent la promotion de ce livre on découvre des affirmations étonnantes : la hausse des prix des matières premières alimentaires serait dûe à la seule spéculation. Les journalistes y dénoncent “les investisseurs en quête de meilleurs rendements se tournent vers le marché des MP énergétiques et alimentaires” et “certains groupes financiers” qui “proposent déjà des placements dont les rendements sont connexes aux cours des denrées alimentaires”. Les auteurs terminent par une formule définitive “La crise d'après-demain s'annonce tout aussi dangereuse. Et parfaitement immorale.
Lorsqu'on décode cela veut dire “les crises alimentaires actuelles sont le résultat des hausses de prix déclenchées par la spéculation”. Le coupable est tout trouvé : c'est le méchant spéculateur qui, à lui seul, ferait monter les prix. Évidemment cette affirmation piètine allègrement une réalité : l'évolution des stocks mondiaux de produits céréaliers, à l'instar du blé, est à un niveau jamais atteint depuis la fin des années 1970. Ces stocks sont en chute libre depuis la fin des années 90.
Fig1.Source : CBOT
Mais plus significatif est le ratio stocks/utilisation du blé (Stocks usage ratio ou stocks to use ratio). Ce ratio permet d'obtenir le nombre de jours de disponibilité que représente le stock. Il est obtenu en faisant le rapport entre le stock disponible après production et consommation en tenant compte du report de stock en début de période, et la consommation totale soit :

stock initial + production annuelle totale – consommation annuelle totale
_________________________________________________________
                           consommation annuelle totale

Ainsi depuis 1980 ce ratio a culminé deux fois à 35% en 1986 et 2000, représentant 4 mois de stock au niveau mondial, pour baisser régulièrement depuis 2000 jusqu'à 20% aujourd'hui, ne représentant désormais plus que 2,4 mois ou 73 jours de consommation.
Fig2.Source : CBOT

Le même constat peut être fait pour le maïs, le niveau des stocks représentant aujourd'hui à peine 45 jours de consommation mondiale soit moins de la moitié de ce qu'il était de 1985 à 2001.
Fig3.Source : CBOT

Cette situation, qui n'est pas propre aux seuls blé et maïs, est la résultante de plusieurs facteurs.

La longue baisse des prix agricoles a détourné les investissements de ce secteur. Le phénomène cyclique, investissement-surproduction- baisse des prix- désinvestissement- sous production- hausse des prix- retour à la case départ, est une propriété invariable dans le temps des matières premières. À ce phénomène s'ajoute aujourd'hui le poids démographique des pays émergents et en développement grands consommateurs de céréales. Selon les statistiques de la FAO les céréales représenteraient en moyenne 55% de l'alimentation des habitants de ces pays. On comprend mieux le drame terrible que vivent certaines populations avec l'emballement récent des prix du blé et du riz.
Fig4.

Lorsqu'on combine le poids démographique de certains pays émergents, comme la Chine, et l'évolution inéluctable des habitudes alimentaires avec l'élévation du niveau de vie dans ces mêmes pays on obtient alors une situation littéralement explosive qui conduit directement à ce que nous vivons aujourd'hui. En quelques années, et cela pour plusieurs produits agricoles, la Chine par exemple est passée d'une situation d'exportateur net à une situation d'importateur net comme l'illustre les graphiques suivants pour le soja et le blé:
Fig5.Source : CBOT
Fig6.Source : CBOT

Enfin la dernière explication à cette situation tient à la mise en place de politique de production de bio-carburants depuis 2002-2003.
Fig7.



Ainsi les agriculteurs américains alléchés par les subventions accordées par leur gouvernement pour la production d'éthanol ont diminué la part allouée à la production traditionnelle pour se tourner vers la production de maïs éthanol.
Fig8.Source : CBOT

Ce qui a entrainé une augmentation des surfaces allouées au maïs au détriment des surfaces céréalières traditionnelles qui ont reculé de près de 8%.
Fig9.
Vous l'avez compris le responsable de tous ces maux n'est pas le méchant spéculateur. Je reprendrais une image, si son auteur dont j'ai oublié le nom me l'autorise : “la spéculation ne représente pas plus que l'écume sur le haut de la vague”, et j'y ajouterais : "L'écume se voit de loin, mais ne change pas la hauteur de la vague”.

Et la vague risque d'être sacrément grosse cette fois.
Pour en avoir une idée je vous engage à lire ou relire mon commentaire de mi-2006 sur l'ouvrage de David Hackett FISHER : The Great Wave: Price Revolutions and the Rhythm of History (1996). Le scenario donné par Fisher et tiré de l'observation de l'évolution des prix depuis le Moyen-Âge jusqu'à nos jours se déroule très exactement comme celui-ci l'a décrit et que je résumais ainsi dans mon commentaire :
Selon FISHER le démarrage de la dernière phase de la vague d'éclatement des prix est caractérisé par une forte augmentation des prix des matières premières et des denrées alimentaires de base. Le phénomène ne prenant toute son ampleur qu'au moment où il touche aux prix des produits manufacturés et des services.

Le déclencheur de la crise a été, non pas la crise du crédit immobilier américain, comme l'annonce faussement les coauteurs de l'ouvrage commenté dans l'Express, mais l'augmentation du prix du pétrole. Comme le montre les graphiques ci-dessous la hausse des prix du brut, en dollars américains, a commencé en 1999 et s'est propagée insidieusement dans tous les rouages de l'économie retournant définitivement en 2003 les prix des métaux de base et en 2005 les prix agricoles. Souvenez-vous de ces commentaires qui nous étaient assénés à l'époque par les gourous de l'économie sur la capacité des économies modernes à encaisser un choc pétrolier: aujourd'hui ce n'était plus comme avant ! (je pense en particulier à un économiste, se présentant en ronronnant comme conseiller du 1er ministre, qui se pavanait régulièrement sur LCI et Bloomberg).
Fig10.


C'est bien dommage mais les grands principes économiques sont terriblement têtus.

Le pétrole est à la base de notre économie. Jamais dans l'histoire de l'humanité un produit aussi facilement transportable, stockable et concentrant autant d'énergie n'a été employé. Ce produit est présent partout : dans la production agricole ou industrielle, dans la distribution ou dans les services. La hausse des prix du brut, qui trouve son origine dans l'incapacité irréversible de l'offre à satisfaire la demande mondiale, s'est propagée doucement aux prix de production puis aux prix au détail suscitant des craintes d'inflation qui ont stoppé la baisse des cours de l'or en 2000 puis la baisse des taux longs en 2003.

Le retournement des taux longs intervenant alors au même moment où les petits génies de l'ingénierie financière mettaient tout en oeuvre pour attirer dans leurs filets les consommateurs américains persuadés que l'immobilier ne pourrait que monter et les taux baisser. Pas de chance le scenario prévu n'a pas été celui qui a été joué : les craintes d'inflation ont entrainé une hausse des taux longs mettant en difficulté les emprunteurs et freinant puis retournant le marché de l'immobilier.

La suite vous la connaissez, les premiers à tomber furent les détenteurs de prêts subprimes mais aujourd'hui toutes les catégories d'emprunteurs sont touchées et l'immobilier n'a toujours pas touché le fond.

La crise du crédit qui a frappé ensuite les établissements financiers a poussé, comme une volée de moineaux, les investisseurs vers les placements les plus sécurisés faisant chuter les taux longs (Bon du Trésor) mais pas les prêts immobiliers.

Il est néanmoins peu probable que ces mêmes investisseurs acceptent de rester très longtemps avec des rémunérations insignifiantes sur ces placements au moment où il devient de plus en plus évident que l'inflation des prix est très supérieure à ce qui est officiellement annoncé.

Les mesures désespérées des différents gouvernements de subventionner les prix pour éviter une contagion à l'échelon supérieur, celui des prix au détail, relèvent de plus en plus de l'illusion. Que ce soit les subventions accordées aux pêcheurs pour l'achat de leur carburant, l'instauration de prix officiel du carburant, du pain ou du riz dans les pays en développement toutes ces mesures ne sont qu'un verre d'eau lancé sur un feu de forêt. Tôt ou tard la réalité de ces augmentations de prix gagnera le consommateur si ce n'est déjà fait.

En conclusion je reprendrais mon commentaire traduisant les propos de Fisher : “Le phénomène ne prenant toute son ampleur qu'au moment où il touche aux prix des produits manufacturés et des services.”

Bonne semaine à toutes et à tous
Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude.
L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers.
Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière.

Commentaires Le spéculateur a le dos large !

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Roque

(1114 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 01-06-2008 10:09:40 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour

Je pense que le scenario de Fisher se met en place doucement. Du moins tous les signes annonciateurs de ce scenario tels que décrits dans son ouvrage de 1995 sont présents.

Cordialement


alzarkaouiii

(46 msg)

Plusieurs mois Moins d'un an Uniquement fondamentale Actions françaises

Posté le : le 01-06-2008 18:54:13 Voir le profil   Envoyer un message privé
le scenario de fisher? il y a deux articles qui vont exactement dans votre sens dans the economist du 31 mai,moi je ne suis toujours pas convaincu: avec le poids actuel de la finance, dire que la speculation est neutre me parait relever un peu du gout de la construction intellectuelle. en toute cordialité...


alzarkaouiii

(46 msg)

Plusieurs mois Moins d'un an Uniquement fondamentale Actions françaises

Posté le : le 01-06-2008 18:55:31 Voir le profil   Envoyer un message privé
le scenario de fisher? il y a deux articles qui vont exactement dans votre sens dans the economist du 31 mai,moi je ne suis toujours pas convaincu: avec le poids actuel de la finance, dire que la speculation est neutre me parait relever un peu du gout de la construction intellectuelle. en toute cordialité...


alzarkaouiii

(46 msg)

Plusieurs mois Moins d'un an Uniquement fondamentale Actions françaises

Posté le : le 01-06-2008 18:55:31 Voir le profil   Envoyer un message privé
le scenario de fisher? il y a deux articles qui vont exactement dans votre sens dans the economist du 31 mai,moi je ne suis toujours pas convaincu: avec le poids actuel de la finance, dire que la speculation est neutre me parait relever un peu du gout de la construction intellectuelle. en toute cordialité...


Roque

(1114 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 01-06-2008 19:54:16 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonsoir alzarkaouiii ,

Coincidence is not the same thing as causality

Bob Greer, executive vice president at PIMCO,... argues that index funds do not affect the price but may contribute to volatility.

"Some market observers have tried to tie the level of inventories to index investment, most notably in crude oil. Their arguments take one of two forms:

"1) The indexer's act of selling the nearby and buying the distant contract forces the futures curve to be upward sloping (future price is higher than nearby price). This creates an incentive to own inventories and earn the "return to storage" represented by the slope of the futures curve. The act of increasing inventory keeps the commodity off the market, thus decreasing supply.

"2) A variation of the above argument is that the short seller, who takes the other side of the indexer's purchase, needs to protect their position by buying and holding the physical commodity.

"It would be nice if either of these arguments were true, in which case, the developed world would not be hostage to the Organization of the Petroleum Exporting Countries (OPEC). Any time we needed to increase crude inventories, we need merely to bring in more indexers, and the inventory would appear. In fact, the explanation for inventory levels of any commodity is much simpler. If, in the cash markets, production exceeds demand, inventories will rise. Otherwise they will fall. That is why, in six of the last eight years, global wheat inventories fell, regardless of index investment (USDA). That is why from 2006 to 2008, crude oil inventories declined and the crude oil curve went from upward sloping to downward sloping, in spite of increasing index investment (EIA). Furthermore, the second argument above breaks down when applied to non-storable commodities such as live cattle."

Further, Greer shows a chart from Deutsche Bank which highlights the fact that many commodities which are not in the index fund portfolios have risen higher than exchange-traded commodities (rice, for instance). Look at the chart below:



"Regarding intrinsic value, commodity futures prices converge to cash prices, and cash prices are set by the level of demand to consume physical goods such as steak, gasoline, and Wheaties. The price setting mechanism is not based on possibly erroneous assessment of a financial statement, nor on irrational exuberance. In commodities there is an outside measure of intrinsic value--the cash market--that is not dominant in equity, real estate, or tulip bulb markets. As actual commodity prices go higher or lower, they reflect consumption requirements for actual products, many of which are not very storable.

"This is a sharp contrast from internet stocks or vacation condos, which are subject to speculative bubbles. Unfortunately, our conventional wisdom regarding factors that create bubbles is rooted in asset classes like stocks and real estate, asset classes that have fundamentally different characteristics than physical and futures markets.

"Coincidence is not the same thing as causality. It is a coincidence that commodity index investment has increased in the last few years just as commodity prices have increased. If there is any causality, it is the other way around. Rising commodity prices have caused an increased interest in commodity investment. And it is certainly causality that fundamental supply, demand and inventory factors have driven commodity prices in many markets higher, whether or not those are markets in which index investors participate. This is the same causality that has driven commodity prices both higher and lower for many decades."

A+


tradebady

(12 msg)

Plusieurs jours Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 01-06-2008 22:07:34 Voir le profil   Envoyer un message privé
le scenario de fisher? de quoi parle tu Roque? et de quel est le titre de l'ouvrage?


Roque

(1114 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 01-06-2008 22:56:24 Voir le profil   Envoyer un message privé
suivre le lien dans mon commentaire

Posté le : le 02-06-2008 11:32:56 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour Roque

Je me permets de revenir sur l'article du 28/05 posté par Avril en page2. Vous ne partagez pas l'avis de l'auteur, William Engdahl. Il semble pourtant être reconnu en particulier pour son livre "pétrole, une guerre d'un siècle". Deux extraits, "1914-1918: le pétrole déjà" et "Qui est à l’origine du choc pétrolier des années soixante-dix ?" que vous pourrez consulter ici et le hisse au rang des historiens sérieux.
W. Engdahl ne croit pas en la théorie du pic pétrolier, mais prévoit néanmoins une hausse continue du pétrole, ayant pour origine une volonté politique. Il s’explique ici et je trouve que son point de vue mérite d'être connu.
Après, qui à raison, qui se trompe?

Sincères salautations


AirTropical.com

(56 msg)

Plusieurs jours Plus de 3 ans Technique et fondamentale Autres Dérivés

Posté le : le 09-06-2008 15:08:22 Voir le profil   Envoyer un message privé
Vous l'avez compris le responsable de tous ces maux n'est pas le méchant spéculateur. Je reprendrais une image, si son auteur dont j'ai oublié le nom me l'autorise : “la spéculation ne représente pas plus que l'écume sur le haut de la vague”, et j'y ajouterais : "L'écume se voit de loin, mais ne change pas la hauteur de la vague”.

Jolies phrases, mais un peu démago envers les speculateurs que nous sommes. Perso, j assume les responsabilités de mes actes (et suis donc selectif) et pense que la speculation, Carlyle ... changent le cours du Petrole.


Roque

(1114 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 11-06-2008 19:12:48 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour

erwan19: j'ai lu il y a plusieurs années des écrits sur cette théorie fantaisiste : le pétrole qui jaillit des entrailles de la Terre et n'est pas d'origine organique; je cite :
En 1956, le professeur Vladimir Porfir’yev présentait leurs conclusions : « Le pétrole brut et le gaz naturel n’ont aucun relation intrinsèque avec la matière biologique près de la surface de la terre. Ce sont des matériaux primitifs qui ont jailli des profondeurs abyssales. »

Le moins que l'on puisse dire ... est q'uelle est très fantaisiste ! D'ailleurs le King est toujours vivant. Comment ce monsieur explique que l'on ne découvre plus de pétrole qui jaillirait à profusion des entrailles de la Terre et comment explique-t-il les courbes de déplétion britannique ou norvégienne ? Non pas sérieux du tout.

Airtropical: Vous vous accordez, ainsi qu'aux spéculateurs de tout brin, beaucoup trop d'importance. Spéculateurs mes frères (nous le sommes tous au sens premier du terme) ... restez humbles sinon vos chevilles vont en souffrir !

A+


PS : quand Carlyle bougera le prix du pétrole il faudra de suite m'appeler

Posté le : le 03-07-2008 09:47:15 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour Roque

Croyez vous que l'origine biotique du pétrole qui nous amènerait à conclure, pour les grands champs comme ceux d'Arabie, à un entassement de matière biologique sur des dizaines voir centaines de kilomètres cubes fait plus sérieux? Non, pas plus que la théorie du pétrole abiotique!
Et ici voici ce que dit encore W Engdahl sur la hausse du prix du pétrole depuis cette année: 60% vient de la spéculation et le marché est très bien approvisionné!
Non décidément, pas moyen de savoir qui dit vrai. Il faut écouter tous les sons de cloches...


Roque

(1114 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 03-07-2008 11:47:23 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour

Comment se forme le pétrole par l'IFP (Institut Français du Pétrole) :

Il résulte de la dégradation thermique de matières organiques contenues dans certaines roches : les "roches mères" du pétrole. Ce sont des restes fossilisés de végétaux aquatiques ou terrestres et de bactéries s’accumulant au fond des océans, des lacs ou dans les deltas. Appelés "kérogène", ces résidus organiques sont préservés dans des environnements où les eaux sont dépourvues d'oxygène, se mêlant ainsi aux sédiments minéraux pour former la roche mère. Pendant des dizaines de millions d’années, de nouveaux sédiments vont continuer à s'accumuler, entraînant la roche mère à de grandes profondeurs. Généralement entre 2500 et 5000 m et sous l’action des hautes températures qui y règnent, le kérogène se transforme (craquage thermique) en pétrole liquide accompagné de gaz. A plus de 5000 m, le pétrole "craque" à son tour et se transforme en gaz.

Plus légers que l’eau, le pétrole et le gaz remontent le long des niveaux de roches poreuses (roche réservoir) dans lesquels ils sont confinés si ceux-ci sont surmontés de roches imperméables (roche couverture). Si rien ne les arrête, ils suintent à la surface. C'est l'origine des "mares" de pétrole (exploitées pendant l'Antiquité et décrites par Marco Polo) que l'on peut voir par exemple au Moyen Orient ou au Venezuela. S’ils rencontrent des "défauts" dans le système de drains qui les mène vers la surface (tels que des plis) ils viennent s'y accumuler. Ce sont ces pièges à pétrole et à gaz que recherchent les explorateurs pétroliers
.

"le marché est très bien approvisionné!" merci de regarder les statistiques de l'AIE qui montrent un fort déséquilibre de l'offre par rapport à la demande depuis fin 2006. J'ai d'ailleurs posté ces chiffres récemment sur ce site. Monsieur Engdahl cherche vraiment à se faire remarquer !

A+

PS: conclusion d'une étude trouvée sur les théories abiotiques :
A la différence de la théorie organique, il n’existe donc pas (ou pas encore ?) une
théorie unifiée qui justifierait une origine complètement abiotique aux hydrocarbures naturels
exploités par l’homme. Le débat ne porte pas sur l’existence de molécules
hydrocarbonées qui n’aient pas été transformées par un cycle biologique sur terre. La plupart
des scientifiques pensent que de telles molécules existent. Mais très peu sont
convaincus que ces molécules aient pu former directement ou par synthèse chimique le
pétrole voire le charbon que nous connaissons.




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