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Analyse conjoncture | Analyse : Le spéculateur a le dos large !

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Le spéculateur a le dos large !

Mon sport préféré vous le connaissez, c'est la chasse aux légendes !
Dieu sait combien de celles-ci peuplent le monde de la finance ! Vaste partie de poker par excellence, ce monde a besoin de gogos. Mais par paresse ou par bêtise même les professionnels viennent bien souvent à croire à ces légendes. C'est un peu comme une rumeur que vous lancez. Un jour elle vous revient aux oreilles et vous vous dites alors “Ah je savais bien que c'était vrai !”.

Après vous avoir parlé des imaginaires injections de liquidités des banques centrales, de la soit disante corrélation entre PER et taux d'intérêt long terme, de l'inexploitable saisonnalité des indices, de la grotesque théorie de l'efficience des marchés ou de l'universalité du dollar pour suivre les marchés .... je vous propose d'en explorer une autre que l'actualité nous sert aujourd'hui sur un plateau et que les panurges du petit monde médiatico-investisso-conseillo-financier reprennent en coeur.

Celle-ci m'est apparue en lisant un article dans l'Express présentant un ouvrage sur la crise financière actuelle co-écrit par un économiste et un journaliste (la 1ère de couverture est d'ailleurs pleine de sens : on y voit une photo des auteurs côte à côte, le journaliste en pleine lumière et l'économiste dans l'ombre). Dans les articles qui accompagnent la promotion de ce livre on découvre des affirmations étonnantes : la hausse des prix des matières premières alimentaires serait dûe à la seule spéculation. Les journalistes y dénoncent “les investisseurs en quête de meilleurs rendements se tournent vers le marché des MP énergétiques et alimentaires” et “certains groupes financiers” qui “proposent déjà des placements dont les rendements sont connexes aux cours des denrées alimentaires”. Les auteurs terminent par une formule définitive “La crise d'après-demain s'annonce tout aussi dangereuse. Et parfaitement immorale.
Lorsqu'on décode cela veut dire “les crises alimentaires actuelles sont le résultat des hausses de prix déclenchées par la spéculation”. Le coupable est tout trouvé : c'est le méchant spéculateur qui, à lui seul, ferait monter les prix. Évidemment cette affirmation piètine allègrement une réalité : l'évolution des stocks mondiaux de produits céréaliers, à l'instar du blé, est à un niveau jamais atteint depuis la fin des années 1970. Ces stocks sont en chute libre depuis la fin des années 90.
Fig1.Source : CBOT
Mais plus significatif est le ratio stocks/utilisation du blé (Stocks usage ratio ou stocks to use ratio). Ce ratio permet d'obtenir le nombre de jours de disponibilité que représente le stock. Il est obtenu en faisant le rapport entre le stock disponible après production et consommation en tenant compte du report de stock en début de période, et la consommation totale soit :

stock initial + production annuelle totale – consommation annuelle totale
_________________________________________________________
                           consommation annuelle totale

Ainsi depuis 1980 ce ratio a culminé deux fois à 35% en 1986 et 2000, représentant 4 mois de stock au niveau mondial, pour baisser régulièrement depuis 2000 jusqu'à 20% aujourd'hui, ne représentant désormais plus que 2,4 mois ou 73 jours de consommation.
Fig2.Source : CBOT

Le même constat peut être fait pour le maïs, le niveau des stocks représentant aujourd'hui à peine 45 jours de consommation mondiale soit moins de la moitié de ce qu'il était de 1985 à 2001.
Fig3.Source : CBOT

Cette situation, qui n'est pas propre aux seuls blé et maïs, est la résultante de plusieurs facteurs.

La longue baisse des prix agricoles a détourné les investissements de ce secteur. Le phénomène cyclique, investissement-surproduction- baisse des prix- désinvestissement- sous production- hausse des prix- retour à la case départ, est une propriété invariable dans le temps des matières premières. À ce phénomène s'ajoute aujourd'hui le poids démographique des pays émergents et en développement grands consommateurs de céréales. Selon les statistiques de la FAO les céréales représenteraient en moyenne 55% de l'alimentation des habitants de ces pays. On comprend mieux le drame terrible que vivent certaines populations avec l'emballement récent des prix du blé et du riz.
Fig4.

Lorsqu'on combine le poids démographique de certains pays émergents, comme la Chine, et l'évolution inéluctable des habitudes alimentaires avec l'élévation du niveau de vie dans ces mêmes pays on obtient alors une situation littéralement explosive qui conduit directement à ce que nous vivons aujourd'hui. En quelques années, et cela pour plusieurs produits agricoles, la Chine par exemple est passée d'une situation d'exportateur net à une situation d'importateur net comme l'illustre les graphiques suivants pour le soja et le blé:
Fig5.Source : CBOT
Fig6.Source : CBOT

Enfin la dernière explication à cette situation tient à la mise en place de politique de production de bio-carburants depuis 2002-2003.
Fig7.



Ainsi les agriculteurs américains alléchés par les subventions accordées par leur gouvernement pour la production d'éthanol ont diminué la part allouée à la production traditionnelle pour se tourner vers la production de maïs éthanol.
Fig8.Source : CBOT

Ce qui a entrainé une augmentation des surfaces allouées au maïs au détriment des surfaces céréalières traditionnelles qui ont reculé de près de 8%.
Fig9.
Vous l'avez compris le responsable de tous ces maux n'est pas le méchant spéculateur. Je reprendrais une image, si son auteur dont j'ai oublié le nom me l'autorise : “la spéculation ne représente pas plus que l'écume sur le haut de la vague”, et j'y ajouterais : "L'écume se voit de loin, mais ne change pas la hauteur de la vague”.

Et la vague risque d'être sacrément grosse cette fois.
Pour en avoir une idée je vous engage à lire ou relire mon commentaire de mi-2006 sur l'ouvrage de David Hackett FISHER : The Great Wave: Price Revolutions and the Rhythm of History (1996). Le scenario donné par Fisher et tiré de l'observation de l'évolution des prix depuis le Moyen-Âge jusqu'à nos jours se déroule très exactement comme celui-ci l'a décrit et que je résumais ainsi dans mon commentaire :
Selon FISHER le démarrage de la dernière phase de la vague d'éclatement des prix est caractérisé par une forte augmentation des prix des matières premières et des denrées alimentaires de base. Le phénomène ne prenant toute son ampleur qu'au moment où il touche aux prix des produits manufacturés et des services.

Le déclencheur de la crise a été, non pas la crise du crédit immobilier américain, comme l'annonce faussement les coauteurs de l'ouvrage commenté dans l'Express, mais l'augmentation du prix du pétrole. Comme le montre les graphiques ci-dessous la hausse des prix du brut, en dollars américains, a commencé en 1999 et s'est propagée insidieusement dans tous les rouages de l'économie retournant définitivement en 2003 les prix des métaux de base et en 2005 les prix agricoles. Souvenez-vous de ces commentaires qui nous étaient assénés à l'époque par les gourous de l'économie sur la capacité des économies modernes à encaisser un choc pétrolier: aujourd'hui ce n'était plus comme avant ! (je pense en particulier à un économiste, se présentant en ronronnant comme conseiller du 1er ministre, qui se pavanait régulièrement sur LCI et Bloomberg).
Fig10.


C'est bien dommage mais les grands principes économiques sont terriblement têtus.

Le pétrole est à la base de notre économie. Jamais dans l'histoire de l'humanité un produit aussi facilement transportable, stockable et concentrant autant d'énergie n'a été employé. Ce produit est présent partout : dans la production agricole ou industrielle, dans la distribution ou dans les services. La hausse des prix du brut, qui trouve son origine dans l'incapacité irréversible de l'offre à satisfaire la demande mondiale, s'est propagée doucement aux prix de production puis aux prix au détail suscitant des craintes d'inflation qui ont stoppé la baisse des cours de l'or en 2000 puis la baisse des taux longs en 2003.

Le retournement des taux longs intervenant alors au même moment où les petits génies de l'ingénierie financière mettaient tout en oeuvre pour attirer dans leurs filets les consommateurs américains persuadés que l'immobilier ne pourrait que monter et les taux baisser. Pas de chance le scenario prévu n'a pas été celui qui a été joué : les craintes d'inflation ont entrainé une hausse des taux longs mettant en difficulté les emprunteurs et freinant puis retournant le marché de l'immobilier.

La suite vous la connaissez, les premiers à tomber furent les détenteurs de prêts subprimes mais aujourd'hui toutes les catégories d'emprunteurs sont touchées et l'immobilier n'a toujours pas touché le fond.

La crise du crédit qui a frappé ensuite les établissements financiers a poussé, comme une volée de moineaux, les investisseurs vers les placements les plus sécurisés faisant chuter les taux longs (Bon du Trésor) mais pas les prêts immobiliers.

Il est néanmoins peu probable que ces mêmes investisseurs acceptent de rester très longtemps avec des rémunérations insignifiantes sur ces placements au moment où il devient de plus en plus évident que l'inflation des prix est très supérieure à ce qui est officiellement annoncé.

Les mesures désespérées des différents gouvernements de subventionner les prix pour éviter une contagion à l'échelon supérieur, celui des prix au détail, relèvent de plus en plus de l'illusion. Que ce soit les subventions accordées aux pêcheurs pour l'achat de leur carburant, l'instauration de prix officiel du carburant, du pain ou du riz dans les pays en développement toutes ces mesures ne sont qu'un verre d'eau lancé sur un feu de forêt. Tôt ou tard la réalité de ces augmentations de prix gagnera le consommateur si ce n'est déjà fait.

En conclusion je reprendrais mon commentaire traduisant les propos de Fisher : “Le phénomène ne prenant toute son ampleur qu'au moment où il touche aux prix des produits manufacturés et des services.”

Bonne semaine à toutes et à tous
Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude.
L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers.
Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière.

Commentaires Le spéculateur a le dos large !

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PERCEVAL06

(521 msg)

Pur intraday Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 27-05-2008 06:45:12 Voir le profil   Envoyer un message privé
OUI EN EFFET ROQUE tout ce que tu dis est vrai mais je en suis pas loin de penser comme G.SOROS qui l'accélération haussiére du pétrole et des céréales est dû à 2 phénoménes, la spéculation (et en autres la spéculation des pays arabes eux-même trés mécontents de la baisse du dollars veulent précipiter la chute du dollar+ voir le refus de l'arabis saoudite d'augmeneter sa production) et la peur qui amplifie tout,
face à l'urgence de trouver des solutions durables il y a le silence et l'inaction criminelle de nos politiques au pouvoir pourtant chantre de l'action, j'ai nommé: sarkozy quui est un gouvernement à lui tout seul.
Indépendamment des opinions idéologiques de chacun il est des sujets de survivance et de pérénnité de nos sociétés qui devraient rassembler tout le monde


xeebee

(26 msg)

Plusieurs semaines De 1 à 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 27-05-2008 11:37:28 Voir le profil   Envoyer un message privé
La chasse aux socières est ouverte !!!

L'inquisition déclare :
Brulons tous ces spéculateurs sur la place publique !


mornac

(24 msg)

Plusieurs mois Moins d'un an Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 27-05-2008 13:40:38 Voir le profil   Envoyer un message privé
EXCELLENT ROQUE COMME D'HAB

L'alternative au pétrole existe et ne se trouve pas dans l'hydrogène (trop aléatoire) et encore moins dans l'éthanol qui "écologise" le carburant.

Pour info à Priest voir le site www.mdi.lu sur le moteur à air comprimé. Perso j'y crois mais c'est toujours pour les mêmes raisons que l'on n'encourage pas le progrès, quid de la TIPP?

J'ai fait mon stock de cartons, reste plus qu'à me trouover un pont à l'abri du vent pour dormir

Posté le : le 27-05-2008 14:36:21 Voir le profil   Envoyer un message privé
Pour PRIEEST:

Le pétrole est une matière première qui a l'intérêt d'être facilement stockable et utilisable, et qui permet de produire beaucoup d'énergie avec un poids réduit.

L'alternative dont tu parles pour l'automobile (pile à combustible) a les même intérêts que le moteur à explosion: un bon rendement énergétique pour un faible poids d'hydrogène à transporter, avec un avantage supplémentaire: le résultat de la combustion est de l'eau, donc non polluant. La limite de cette technologie est aujourd'hui le stockage de l'hydrogène, explosif, qui pourrait être résolu avec les nanotubes par exemple.

Ce qu'on ne dit que trop peu souvent, c'est qu'on ne trouve pas d'hydrogène dans la nature, on trouve de l'eau ou des hydrocarbures.

On peut produire de l'hydrogène à partir des hydrocarbures, à un faible coût énergétique, mais à ce moment là autant utiliser du pétrole.

Et pour produire de l'hydrogène à partir de l'eau, il faut de l'énergie, beaucoup d'énergie.

Et les sources d'énergies primaires disponibles aujourd'hui sont:
- le pétrole
- le charbon (encore plus polluant)
- la biomasse (en gros les cultures / forêt), avec l'alimentation humaine en compétition avec la demande énergétique
- les énergie renouvelables, avec un potentiel énergétique réduit (éoliennes, hydroélectricité, cellules photovoltaïques)
- l'uranium pour les centrales nucléaires (en quantité limitée, j'ai peu d'informations sur les réserves, produit des déchets)

En gros, la solution la plus simple et économique pour remplacer le pétrole est de liquéfier le charbon, avec un impact écologique colossal.

A long terme, le meilleur espoir réside dans la fusion, qui utilise de très faibles quantités de deutérium et tritium (présents dans l'eau en faible quantités) pour produire d'énormes quantités d'énergie.

En conclusion, la pile à hydrogène n'est PAS une solution comme source d'énergie, et il n'y a pas de solution de substitution satisfaisante au pétrole à court et moyen terme...

Posté le : le 27-05-2008 14:40:34 Voir le profil   Envoyer un message privé
Pour mornac:

Et comment tu le comprimes ton air? Il faut de l'énergie pour ça!

Moteur à air comprimé et pile à combustible = même combat!!!


alzarkaouiii

(73 msg)

Plusieurs mois Moins d'un an Uniquement fondamentale Actions françaises

Posté le : le 27-05-2008 15:46:50 Voir le profil   Envoyer un message privé
je suis extremement surpris de lire de votre plume que la speculation n'existe pas...mais vous etes aussi un peu plaisant... je vous invite a vous reporter au propos de roque ,la semaine derniere ,par exemple, en ce qui concerne les" vagues" du SP500.sinon vous pouvez aussi lire keynes et soros,par exemple...A+


Roque

(1226 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 27-05-2008 17:55:32 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour

Merci pour vos commentaires et à HerveP pour sa contribution fouillée.

Je glisse ici quelques commentaires sur celle-ci.

Dire qu'après la disparition de la Chine en tant qu'exportateur net de céréales, le relais aurait pris aisément par d'autres pays, et particulièrement par les Etats-Unis malgré le plan éthanol, n'est pas tout à fait exact.
Ainsi si on regarde la situation des Etats-Unis, si les exportations de maïs ont progressé ...

grâce à une surface accrue et à une meilleure productivité ...


... pendant ce temps là les stocks eux baissaient franchement avec en prime un ratio stock/usage franchement dans le rouge.


Pour le blé la situation est encore plus flagrante puisque les exportations baissent régulièrement ...


et les stocks eux aussi :


En ce qui concerne ma phrase "l'incapacité irréversible de l'offre (de pétrole) à satisfaire la demande mondiale" je vous renvoie à l'argumentaire que j'ai développé maintes fois dans mes commentaires passés. Lorsque les productions Britannique, Norvégienne, Indonésienne, Mexicaine et bientôt Russe baissent de 5 à 10% par an ... et que dans le même temps la consommation mondiale reste en progression, même minime, c'est bien malheureusement irréversible.

Bonne soirée


PS: j'ajoute ci-dessous ce graphique tiré des prévisions 2008-2009 du département US à l'agriculture
Cliquez pour agrandir

comme le mentionne le titre de l'étude ... "faible marge de manoeuvre"


tloc

(26 msg)

Non renseigné Plus de 3 ans Technique et fondamentale Non renseigné

Posté le : le 28-05-2008 08:50:05 Voir le profil   Envoyer un message privé
A consommation et technologie constantes, il me semble avoir lu qu'il n' existe dans le monde qu'un siècle de réserve d' uranium.Raison pour laquelle les travaux sur les nouvelles générations de centrale nucléaire sont primordiaux pour l'humanité.N'oublions pas non plus qu' au moyen âge, la régulation démographique se faisait tout naturellement par la quantité de nourriture produite par un pays; c' était le bon temps ou la France était un grand pays avec un peu plus de 30 millions d' habitant pendant que l' Angleterre n' en avait que 7 millions.La puissance de la chine était les 5 récoltes de riz par an qui pouvaient lui permettre de nourrir une population énorme pour l' époque.Il est à craindre des famines jamais vues jusque là avec un retour du protectionnisme alimentaire de certains pays comme l' Inde qui n' autorise plus l' exportation de sa production de riz.


avril

(62 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Uniquement technique Actions françaises

Posté le : le 28-05-2008 16:53:03 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour
j'aimerai connaitre votre avis Roque sur le contenu de cet article.qui met 60% du prix actuel du baril sur le dos des speculateurs
merci
http://www.michelcollon.info/imprimarticles.php?da...:04:41&log=invites


avril

(62 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Uniquement technique Actions françaises

Posté le : le 28-05-2008 16:56:25 Voir le profil   Envoyer un message privé
apparemment il y a problème avec le lien.voici le texte integral



Précisions sur l’origine du prix élevé du pétrole
F. William Engdahl



25 mai 2008. Comme détaillé dans un article antérieur, un calcul prudent montre que, dans le prix du baril de pétrole brut d’aujourd'hui, au moins 60% des 128 dollars sont dus à la spéculation à terme non réglementée, des hedge funds, des banques et des groupes financiers. Ils utilisent les échanges à terme du ICE Futures de Londres et du NYMEX de New York, et les échanges inter-bancaires incontrôlés ou négociés hors cote pour échapper à tout examen minutieux. Les règlements de la Commodity Futures Trading Commission du gouvernement étasunien permettent aux spéculateurs d'acheter du pétrole brut grâce à des contrats à terme sur le Nymex, en avançant seulement 6% de la valeur du contrat. Le prix en ce moment étant de 128 dollars par baril, cela signifie que le spéculateur à terme n'a qu'à donner environ 8 dollars pour chaque baril et emprunter les autres 120 dollars. Cette « force » exceptionnelle de 16 pour 1 permet d’amener le prix à un niveau follement irréaliste et de compenser les pertes bancaires du subprime et des autres catastrophes au détriment de l'ensemble de la population [mondiale].

La mystification du pic pétrolier, c’est-à-dire l'argument selon lequel la production pétrolière aurait épuisé plus de la moitié des réserves, ce qui rend le pétrole bon marché et abondant sur le déclin dans le monde, a permis à cette fraude coûteuse de perdurer depuis l'invasion de l'Iraq en 2003 avec l'aide des principales banques, des négociants et des opérateurs pétroliers majeurs. Comme toujours, Washington tente d’en faire porter le chapeau aux producteurs arabes de l'OPEP. Le problème n'est pas la pénurie de l’approvisionnement en pétrole brut. En fait, l’offre est actuellement excédentaire dans le monde. Pourtant, le prix grimpe toujours plus haut. Pourquoi ? La réponse se trouve dans la politique manifestement délibérée du gouvernement étasunien, qui permet la manipulation effrénée du prix du pétrole.

Demande pétrolière plate, boom du prix . . .

Le principal stratège du marché de l’une des banques leaders mondiales de l’industrie pétrolière, David Kelly, de JP Morgan Funds, a récemment laissé entendre quelque chose en disant au Washington Post, « Je pense que l’une des choses très importantes que l’on doive réaliser est que la croissance de la consommation pétrolière mondiale n'est pas si forte que ça. »

L'une des fables utilisées pour soutenir la spéculation à terme sur le pétrole est l'allégation de la soif d'importation pétrolière de la Chine qui exploserait hors de contrôle en entraînant des pénuries dans l'équilibre de l'offre et de la demande. Les faits ne confortent cependant pas la thèse de la demande chinoise.

Dans son dernier rapport sur les perspectives énergétiques à court terme, l’Energy Information Administration (EIA) du gouvernement étasunien concluait que la demande pétrolière aux États-Unis devrait baisser de 190.000 barils par jour en 2008, surtout à cause de l'aggravation de la récession économique. Loin d’exploser, dit l’EIA, la consommation chinoise devrait augmenter cette année de seulement 400.000 barils par jour. Ce n'est guère la « poussée de la demande pétrolière » chinoise stigmatisée par les médias. L'année dernière, la Chine a importé 3,2 millions de barils par jour, et elle aurait utilisé au total environ 7 millions de barils par jour. Les États-Unis, par contre, consomment environ 20,7 millions de barils par jour.

Cela signifie que la principale nation consommatrice de pétrole, les États-Unis, connaissent une baisse importante de la demande. La Chine, qui consomme seulement un tiers du pétrole utilisé aux États-Unis, ne verra qu’une augmentation mineure de sa demande d'importation par rapport à l'ensemble de la production pétrolière mondiale journalière de 84 millions de barils, moins d’un demi pour cent de la demande totale.

Pour 2008, l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) a prévu que la croissance de la demande mondiale en pétrole resterait inchangée, à 1,2 millions de barils par jour, car le ralentissement de la croissance économique dans le monde industrialisé est légèrement compensé par la consommation croissante dans les pays en développement. L’OPEP prédit que la demande pétrolière mondiale en 2008 sera en moyenne de 87 millions de barils par jour, en grande partie inchangée par rapport à son estimation précédente. Il est prévu que la demande de la Chine, du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’Amérique Latine sera plus forte, mais celle de l'UE et de l’Amérique du Nord sera plus faible.

Ainsi, le plus grand consommateur de pétrole du monde est confronté à une forte baisse de consommation, à un déclin qui va s'aggraver à cause de la crise du logement et des effets économiques liés à la crise financière de levier. Si les marchés étaient normaux, non dissimulés et transparents, le prix chuterait probablement, il ne s’élèverait pas. Aucune crise d'approvisionnement ne justifie la manière dont est fixé le prix du pétrole aujourd'hui dans le monde.

Annonce de nouveaux grands champs pétroliers en cours

Non seulement il n’y a pas de crise d'approvisionnement pour justifier pareille bulle de prix, mais il existe plusieurs nouveaux gisements pétrolifères gigantesques qui doivent commencer à produire au cours de 2008 pour augmenter l'offre.

Le plus important producteur de pétrole du monde, l'Arabie Saoudite, est en train de finaliser des plans pour renforcer l'activité de forage d'un tiers et accroître les investissements de 40%. Le plan de Saudi Aramco, couvrant la période de 2009 à 2013, devrait être approuvé ce mois-ci par le conseil d'administration et le Ministère du pétrole. Le Royaume est au beau milieu d’un plan d’élargissement de la production pétrolière de 50 milliard de dollars pour répondre à la demande croissante de l’Asie et des autres marchés émergents. Le Royaume prévoit d'accroître sa capacité totale de pompage jusqu’à 12,5 millions de barils par jour d'ici à l'an prochain, une hausse d'environ 11% de sa capacité actuelle de 11,3 millions de barils par jour.

En avril de cette année le gisement pétrolifère de Khursaniyah en Arabie Saoudite a commencé le pompage, et il ajoutera bientôt 500.000 barils par jour à l'offre mondiale en pétrole brut Arabian Light, de haute qualité. En outre, un autre projet d'expansion saoudien, le développement des champs pétroliers de Khurais, le plus important des projets de Saudi Aramco, augmentera la capacité de production pétrolière des gisements saoudiens de 11,3 à 12,5 millions de barils par jour d'ici à 2009. Il est prévu que Khurais augmentera la capacité d’exportation saoudienne de brut léger de haute qualité de 1,2 millions de barils par jour.

Petrobras du Brésil est dans la phase d'exploitation initiale des réserves pétrolières offshore de son gisement de Tupi. Les estimations ont récemment confirmé qu’elles pouvaient être aussi grandes ou plus grandes que celles de la Mer du Nord. Petrobras dit que le nouveau gisement ultra-profond de Tupi pourrait contenir jusqu’à 8 milliards de barils de pétrole brut léger exploitable. Quand ce sera en cours, dans quelques années, il est prévu de classer le Brésil dans le « top 10 » mondial des producteurs pétroliers, entre le Nigeria et le Venezuela.

Aux États-Unis, à part les rumeurs disant que les grandes compagnies pétrolières délaissent délibérément les immenses nouvelles réserves en Alaska, de crainte que l’offre excédentaire ne fasse plonger le prix de ces dernières années, l'US Geological Survey (USGS) a récemment publié un rapport qui a confirmé de nouvelles grandes réserves pétrolières dans la région appelée Bakken, qui s'étend à travers le Dakota du Nord, le Montana et le sud-est de la province de Saskatchewan [au Canada]. L'USGS estime que Bakken contient jusqu’à 3,65 milliards de barils de pétrole.

Ce ne sont là que quelques confirmations d’immenses réserves de pétrole à exploiter. On estime que l’Irak (où les quatre plus grandes firmes pétrolières anglo-étasuniennes salivent de mettre la main sur des gisements inexplorés) possède les plus grandes réserves pétrolières après l'Arabie Saoudite. Il reste encore une grande partie du monde qui n'a pas été explorée pour y chercher du pétrole. À un prix supérieur à 60 dollars le baril, d'énormes potentialités nouvelles deviennent économiques. Le problème majeur auquel est confrontée la grande industrie pétrolière n’est pas de trouver de quoi remplacer le pétrole, mais de contrôler les découvertes pétrolières mondiales pour maintenir le prix exorbitant actuel. Elle est aidée en cela par les banques de Wall Street et les deux grandes sociétés d’échanges pétroliers : NYMEX et ICE et ICE Future de Atlanta-Londres.

Alors pourquoi augmenter encore le prix ?

Il est de plus en plus évident que la récente bulle spéculative pétrolière, devenue asymptotique depuis janvier, est sur le point d’éclater.

À la fin du mois dernier, à Dallas au Texas, l'American Association of Petroleum Geologists a tenu sa conférence annuelle en présence de tous les principaux cadres et géologues. Selon un participant, les bien informés directeurs généraux de l’industrie pétrolière sont arrivés à un consensus sur le fait que « le prix du pétrole chutera bientôt de façon spectaculaire et que l’augmentation à long terme concernera le prix du gaz naturel. »

Juste quelques jours avant, Lehman Brothers, une banque d'investissement de Wall Street a dit que la bulle du prix pétrolier touche à sa fin. Michael Waldron, le chef stratège pétrolier de la banque, a été cité, le 24 avril dans le Daily Telegraph de Grande-Bretagne, disant : « L’offre pétrolière dépasse la croissance de la demande. Des inventaires sont faits depuis le début de l'année. »

Aux États-Unis, les stocks de pétrole ont augmenté de près de 12 millions de barils en avril. Selon le rapport mensuel de l'inventaire du 7 mai de l’EIA, ils sont en hausse de près de 33 millions de barils depuis janvier. Au même moment, le rapport du 7 mai de MasterCard montre que la demande en essence a diminué de 5,8%. Et les raffineurs sont en train de réduire considérablement leur cadence de raffinage pour s'adapter à la baisse de la demande. Ils tournent actuellement à 85% de leur capacité, par rapport aux 89% d’il y a un an, dans une saison où la production est normalement de 95%. Les raffineurs sont manifestement aujourd'hui en train d’essayer de tirer vers le bas l’offre des ressources en essence pour augmenter son prix. « C’est l’économie, idiot, » pour paraphraser l'infâme raillerie de Bill Clinton à papa Bush lors des élections de 1992. Ça s'appelle la récession économique.

Le rapport du 8 mai de Oil Movements, une société britannique, qui suit les expéditions pétrolières dans monde entier, montre que le transit pétrolier en haute mer est aussi très important. Presque toutes les sortes d'expéditions marchent plus fort qu’il y a un an. Le rapport note que, « En Occident, une grande part des stocks pétroliers faits cette année sont arrivés de l’étranger en catimini. » Certains initiés disent que les activités et les stocks des quatre grands de l’industrie pétrolière mondiale, l'état réel des tankers, du stockage et des chargements, est l’industrie la plus secrète du monde, sans compter peut-être celle du commerce des stupéfiants.

Goldman Sachs de nouveau au milieu

Aujourd'hui, le prix du pétrole, contrairement à il y a vingt ans, est déterminé à huis clos dans les chambres de commerce d’institutions financières géantes comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Citigroup, Deutsche Bank ou UBS. Dans ce jeu, l'échangeur clef est le London ICE Futures Exchange (autrefois International Petroleum Exchange). ICE Futures est une filiale possédée intégralement par Atlanta Georgia International Commodities Exchange. ICE d’Atlanta a été fondée en partie par Goldman Sachs, qui dirige aussi l’indice des prix des matières premières les plus utilisées dans le monde, le GSCI, qui est surpondéré au prix du pétrole.

Comme je l'ai indiqué dans mon précédent article, (Peut-être que 60% du prix du pétrole d’aujourd’hui est une pure spéculation), l'ICE a récemment fait l’objet d'une enquête du Congrès. Elle a été citée la fois dans le rapport du personnel du Sous-Comité permanent sur les enquêtes du Sénat du 27 juin 2006, et dans l’audition du Comité sur l'Énergie & le Commerce de la Chambre en décembre 2007, qui ont examiné la négociation à terme non réglementée en matière d'énergie. Les deux études ont conclu que la montée du prix de l'énergie à 128 dollars, et peut-être au-delà, est pilotée par la valeur en milliards de dollars des contrats à terme sur le pétrole et le gaz naturel placés sur les ICE. Grâce à une dérogation opportune sur le règlement, accordée par l'administration Bush en janvier 2006, le négoce de l’énergie étasunienne en ICE Futures n'est plus contrôlé par la Commodities Futures Trading Commission (CFTC), même si les contrats pétroliers étatsuniens en ICE Futures font l’objet d’un commerce dans les filiales d’ICE aux États-Unis. Et à la demande d’Enron, la CFTC a exonéré les transactions pétrolières à terme hors cote en 2000.

Il n'est donc pas surprenant de voir, dans un rapport du 6 mai de Reuters, que Goldman Sachs annonce que le pétrole pourrait en fait être proche d'un autre « super pic » qui fera peut-être monter le prix du baril de pétrole jusqu’à 200 dollars dans les six à 24 prochains mois. Ce titre, « 200 dollars le baril ! » devient le principal reportage sur le pétrole pour les deux prochains jours. Combien de moutons crédules suivront derrière avec l’argent de leurs paris ?

Arjun Murti, le stratège en énergie de Goldman Sachs, a accusé ce qu'il a appelé la demande « foudroyante » (sic) chinoise et moyen-orientale, combinée au fait que le Moyen-Orient serait proche du maximum de sa capacité de production pétrolière, selon ses assertions. Le mythique pic pétrolier aide de nouveau Wall Street. Le degré du matraquage publicitaire, sans fondement, rappelle la nature intéressée du battage de Wall Street en 1999-2000 autour des actions Internet ou Enron.

En 2001, juste avant le crash des dot.com dans le NASDAQ, certaines entreprises de Wall Street poussaient pour vendre au public crédule les actions dont elles se délestaient discrètement. Ou bien elles poussaient les actions douteuses pour les entreprises dont les banques, qui leur étaient affiliées, avaient des intérêts financiers. En bref, comme les enquêtes du Congrès paraîtront plus tard, les sociétés ayant un intérêt dans un résultat financier assuré ont utilisé les médias pour se remplir les poches et pour que leurs entreprises laissent les investisseurs publics dans le pétrin. Il serait intéressant que le Congrès assigne les enregistrements des positions à terme de Goldman Sachs et d’une poignée d'autres grands acteurs sur l'énergie à terme, pour voir s'ils ont ou non investi pour bénéficier d’une nouvelle hausse du pétrole à 200 dollars.

Règles en marge alimentant la frénésie

Un autre turbo, rajouté pour introduire la spéculation dans le prix du pétrole, est la règle dominante en marge qui fait que le pourcentage en cash pour l’acheteur de contrat pétrolier à terme incite à parier sur la hausse du prix du pétrole (ou sur sa chute d'ailleurs). La réglementation actuelle sur le NYMEX permet aux spéculateurs de fournir seulement 6% de la valeur totale de son contrat pétrolier à terme. Cela signifie qu’une prise de risque des hedge funds ou des banques peut acheter du pétrole à terme avec une force de 16 pour 1.

Nous sommes frappés par une série sans fin d'arguments plausibles sur le prix élevé du pétrole : « super risque de terrorisme » ; élévation « foudroyante » de la demande chinoise et indienne ; troubles dans la région pétrolifère nigérienne ; « explosion » d’oléoduc en Iraq ; possible guerre contre l'Iran. . . et, au-dessus de tout ça, le matraquage du pic pétrolier. Le spéculateur pétrolier T. Boone Pickens, qui aurait amassé d’immenses profits dans le pétrole à terme, plaide que le monde est opportunément au sommet du pic pétrolier. Il en est de même de Matt Simmons, banquier d'affaires à Houston et ami de Dick Cheney.

Comme le notait le rapport du Sénat en juin 2006, Le rôle de la spéculation dans le marché pétrolier sur la hausse du prix de l’essence, « Il y a quelques managers des hedge funds là-bas qui maîtrisent la connaissance de la manière d’exploiter la théorie du pic pétrolier et le sujet brûlant de l'offre et la demande, et en prédisant audacieusement la progression choquante des prix à venir, ils ne font qu’ajouter davantage de carburant au feu de la spéculation dans une sorte de prophétie qui se réalise. »



Le Congrès démocrate agira-t-il pour changer la minutieuse opacité du marché pétrolier à terme dans une année électorale, et risquer de faire éclater la bulle ? Le 12 mai le comité de la Chambre sur l’énergie et le commerce a déclaré qu'il se penchera sur cette question en juin. Le monde aura les yeux braqués.



Article original en anglais, More on the real reason behind high oil prices, publié le 21 mai 2008.
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info. Révisée par Mondialisation.ca.

F. William Engdahl est associé de Mondialisation.ca/Global Research. Il est l'auteur de Pétrole, une guerre d’un siècle : L’ordre mondial anglo-américain, et de Seeds of Destruction: The Hidden Agenda of Genetic Manipulation.

F. William Engdahl est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de F. William Engdahl publiés par Mondialisation.ca


Source : Mondialisation.ca
URL : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&...

Retrouvez bien plus sur le site www.michelcollon.info


Roque

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Posté le : le 28-05-2008 19:56:41 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour

Juste deux extraits tout à fait désarmants (il faut dire qu'il y en a à dire sur ce texte) et les faits qui les contredisent :

"La mystification du pic pétrolier, c’est-à-dire l'argument selon lequel la production pétrolière aurait épuisé plus de la moitié des réserves,"
- Grande-Bretagne : en déplétion
- Norvège : en déplétion
- Mexique :en déplétion
- Russie : top de production vient d'être annoncé (la production russe est supérieure aujourd'hui à celle de l'Arabie Saoudite).
- ..... et la liste est longue !

"Non seulement il n’y a pas de crise d'approvisionnement pour justifier pareille bulle de prix, mais il existe plusieurs nouveaux gisements pétrolifères gigantesques qui doivent commencer à produire au cours de 2008 pour augmenter l'offre."

Aucune nouvelle découverte majeure depuis 40 ans !
"3,65 milliards de barils de pétrole" = 43 jours de consommation mondiale !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (3650/85)

Rigolo cet article !!!

A+


Posté le : le 30-05-2008 19:33:22 Voir le profil   Envoyer un message privé

Posté le : le 30-05-2008 19:39:35 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour Roque,

Bravo pour vos articles (fond & forme).

Concernant l'enquête aux USA sur la manipulation éventuelle (par des spéculateurs) des prix du pétrole, voici ci-après la réaction d'un lecteur.

Je ne suis pas assez expert pour déterminer la part de vrai ou de faux mais visiblement l'auteur s'y connaît et défend l'idée que ce sont les spéculateurs qui en grande partie sont responsables de la hausse des prix.

Je vous laisse donc juge.

"L'OPEP fixe "les prix ???? Je pensais qu'elle ne fixait que les quotas de production, en tenant compte de la demande mondiale estimée, pour essayer de maintenir une certaine stabilité de ses prix de vente sur le marché. L'OCEP existe en principe, c'est le London ICE Futures Exchange qui fixe le prix que les consommateurs sont prêts à payer. Mais on ne parle peut-être pas des mêmes consommateurs! On peut acheter pour consommer (ce dont tient compte l'OPEP) et acheter pour spéculer (+/- 60% des futures actuelles). Alors je vous rejoins pour la création de l’OCREP. Le « R » en plus pour « Réels ». Le prix du pétrole, n'est-il pas aujourd’hui déterminé plus par "le marché financier", par le prix de ces "futures", fixé à huis clos dans les chambres de commerce d’institutions comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Citigroup, Deutsche Bank ou UBS (les "victimes" de la crise financière en cours). Quand je lis que le London ICE Futures Exchange est une filiale à 100% de Atlanta Georgia ICE, pratiquement fondée par Goldman Sachs, pour ne citer qu'elle ... Quel hasard ! Tant que les prix seront fixés par des commandes à termes, « commandes pratiquement fictives » pour 60% d’entre elles, ou ne correspondant à aucune demande réelle, dont l’émetteur ne doit acquitter que 6% du prix alors qu’il peut emprunter le solde à 2.25% l’an à la Fed, ou encore moins en Yen, les prix grimperont quoi que décide l’OPEP. Et c’est idem pour les autres matières premières. En fait, c’est un autre bel exemple de comment multiplier ses rendements en « créant de nouvelles bulles ? ». Avec un levier de 16, le contrôle du prix des futures, même avec une quasi stabilité de l’offre et de la demande réelle, les financiers ont mis au point un merveilleux outils de rendement. Il ne faut même plus de pigeons pour acheter les futures, puisque nous seront contraints d’acheter notre énergie faute de tomber en panne. D'accord avec vous sur le principe, créons des organismes indépendants de fixation des prix des énergies et matières qui tiennent essentiellement compte des consommations réelles."


Roque

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Posté le : le 30-05-2008 21:02:30 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonsoir

"créons des organismes indépendants de fixation des prix des énergies et matières qui tiennent essentiellement compte des consommations réelles"
Ce genre de réflexion rejoint les utopies telles que supprimons la guerre, interdisons la maladie, imposons le beau temps en journée et la pluie la nuit ou ... interdisons la connerie. UTOPIE ...

Posté le : le 01-06-2008 00:39:34 Voir le profil   Envoyer un message privé
Roque,la seule sortie après ta lecture est la Déflation.
Mais une question me titille....Après avoir lu ton livre,l'or serait un placement à CT, MT, LT?
LT, je pense. Mais alors quel serait le déclancheur?
Cordialement, Alain.

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