L'immobilier en FranceLes dernières analyses liées :
Je vous avais promis des informations sur l'immobilier français les voici !
Néanmoins et avant de commencer je tiens à préciser que ces informations sont loin de constituer une analyse du marché de l'immobilier en France. Le moins que l'on puisse dire est que l'immobilier n'est pas un marché homogène. Il existe en effet une multitude de marchés, par exemple selon la localisation du bien (Lille ou Nice, en ville ou à la campagne, près des écoles ou dans une ZI) ou selon sa destination (résidence principale, résidence étudiant, bureau ...). Chaque marché a des caractéristiques propres.
Les informations proviennent des sites de l'INSEE et du ministère de l'Equipement pour ce qui concerne l'immobilier neuf, et de monsieur Jacques Friggit du ministère de l'équipement (Conseil Général des Ponts et Chaussées), auteur de nombreuses études sur l'immobilier1, et de l'INSEE pour l'ancien.
Commençons par le neuf et l'évolution des permis de construire. L'historique de l'INSEE montre une pause dans la croissance continue depuis fin 2002 du nombre de permis de construire, notamment dans le secteur collectif. Fig1.
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Cette pause est à rapprocher de l'envolée des stocks de produits neufs que vous pouvez constater sur ce graphique mettant en perspective ventes et stocks (en données annuelles) à fin 2006: fig2.
À la lecture des dernières données trimestrielles le stock est désormais quasiment au niveau de 2000 calculé en pourcentage des ventes réalisées.
Ces ventes se répartissent en deux grands segments (il y en a d'autres mais je ne les passe pas en revue): - les maisons individuelles
fig3.
- les appartements fig4
Sur ces deux segments de marché les stocks repartent à la hausse depuis mi-2003 et atteignent les niveaux de 1994. Vous noterez au passage sur les graphiques l'effet de la baisse des ventes à la fin des années 1980 sur les prix et sur les stocks.
À ce stade on constate donc qu'aujourd'hui la situation est à peu près identique à celle des années 80 : envolée des prix, des stocks et des ventes.
Pour un investisseur la question qui se pose est de savoir s'il est en présence d'une bulle ou si la situation est encore favorable pour une entrée.
Pour tenter d'y répondre on peut comparer l'évolution des prix à celle de l'indice des prix à la consommation par exemple : fig5.
Le graphique ci-dessus montre que les prix immobilier ont augmenté d'un facteur 2,5 à 3 entre 1985 et 2007 alors que le coût de la vie augmentait d'un facteur 1,6.
Comparés à un investissement en Bourse, les prix de l'immobilier paraissent néanmoins plus raisonnables : fig6.
Le placement boursier l'emporte avec un facteur d'accroissement de 4,5 entre 1991 et 2007 alors que les prix immobiliers affichent un facteur 1,7 à 2.
On serait donc tenté de dire ... pas de bulle ! Mais, et pour prendre une illustration, faut-il mieux mettre sa main sur un four à 500° ou dans du magma à 1000° ?
Jettons un oeil sur l'ancien où nous devrions trouver un élément pour éclairer notre réflexion.
L'évolution des prix des transactions dans l'immobilier ancien a été légèrement plus forte que dans le neuf. Fig7.
Sur la période 2000-2007 les prix de l'ancien ont progressé d'un facteur 2 à 2,4 et depuis 1992 d'environ 2,3 à 2,8.
Mais ce qui est intéressant c'est la situation actuelle des prix par rapport à la tendance historique de long terme. J'ai déjà évoqué cette notion pour les actions (indices) pour montrer que la situation actuelle était tout à fait anormale en évoluant très au dessus de la tendance naturelle de croissance des profits observée depuis 1900. Pour l'immobilier français Jacques Frigitt met en évidence sur des séries longues une pente naturelle de 1,4% par an autour de laquelle les prix (corrigés de l'inflation) évoluent. fig8.
Comme le montre son graphique, l'indice des prix de l'immobilier (en fait son graphique est à jour des données de 2004... imaginez donc un peu l'excès actuel !) est aujourd'hui dans une situation anormale d'écart par rapport à sa tendance de long terme.
On retrouve d'ailleurs cette anomalie sur ce graphique de Jacques Frigitt qui rapporte le prix de l'immobilier au revenu disponible par ménage (mesure ainsi le poids de l'immobilier sur le revenu): fig9.
En rapprochant ces deux derniers graphiques on voit très clairement que lorsque les prix s'écartent de leur tendance et que le ratio prix immobilier sur revenu disponible s'envole aussi, une correction s'en suit ramenant les prix vers leur moyenne historique (exemple début des années 1990). Je vous laisse juge de la situation actuelle ! Cette situation se traduit d'ailleurs bien dans ce graphique donnant l'indice d'abordabilité de l'immobilier pour les acheteurs prenant en compte le taux d'intérêt réel (corrigé de l'inflation). fig10.
La situation actuelle est identique à celle de 1990.
Enfin pour teminer un élément qui va bousculer quelques idées reçues. On lit souvent sur des forums ou ailleurs que l'immobilier est bon marché en France et que c'est un secteur immunisé de toute contamination venant d'Outre Atlantique.
Alors si vous pensez toujours ça, regardez de près ces deux graphiques tirés des travaux de Jacques Frigitt. Fig 11
En d'autres termes, le prix de l'immobilier rapporté au revenu disponible, est PLUS ÉLÉVÉ en France qu'aux Etats-Unis. fig12
En clair, la corrélation entre les prix de l'immobilier des deux côtés de l'Atlantique, en monnaies locales constantes, varie de 47 à 76% ... ce qui établit une réelle corrélation.
J'espère que ces éléments rapides vous permettront de vous faire une opinion mais sachez qu'en matière immobilière chacun est un cas particulier du fait d'autres facteurs qui n'ont pas été abordés ici tels que fiscalité, situation patrimoniale, âge ...
Bonne fin de semaine à toutes et à tous
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