Après la cause... l'effet ?Les dernières analyses liées :
Principaux synonymes de sommet : apogée, apothéose, cime, crête, extrême, faîte, haut, maximum, point culminant, summum, zénith, etc ... --------- Jusqu'alors nous avions trouvé une cause à la fin de cette hausse initiée en 2003, allons nous maintenant en voir les effets ?
Je pense que vous êtes aussi surpris que moi de l'inébranlable stoïcisme (en apparence comme on va le voir plus loin) dont font preuve les marchés actions face aux informations de plus en plus nombreuses et fiables d'un avenir douloureux pour le marché immobilier américain.
La 1ère banque américaine, Bank of America, vient de publier une étude1 montrant que les problèmes de l'immobilier américain étaient bien encore devant nous et non derrière nous.
Cette étude révèle qu'environ 500 milliards de dollars de prêts immobiliers seront renégociés à la hausse en 2007 et environ 700 milliards en 2008. Il s'agit de prêts ARM (Ajustable Rate Mortgage ou prêt hypothécaire revisable2) dont en général les premières annuités sont figées (1, 3, 5 ...ans). Les années suivantes le montant des remboursements est révisable à échéances constantes (6 mois ou 12 mois en général). L'étude de Bank of America prend en compte précisemment les prêts ARM contractés depuis 2004 à des taux faibles (dont nombre de prêts subprime) et auxquels s'appliquent encore des annuités figées. Les taux de ces prêts vont devoir être révisés à la hausse pour tenir compte de la hausse des taux survenue depuis les dates d'attribution des prêts initiaux. Je vous laisse imaginer le reste sachant que la situation est déjà très tendue comme nous le montre l'indice immobilier HGX : fig1. ![]()
Les premiers effets commencent d'ailleurs à se faire sentir sur la sphère financière. Tout le monde a entendu parler de BEAR STEARNS3 qui a dû remettre au pot (3,2 milliards !) pour sauver deux de ses fonds (hedge funds) frappés de plein fouet par le syndrôme des prêts subprime.
Compte tenues des usines à gaz de produits dérivés mises en place autour de ces prêts douteux* il est très probable que ces deux fonds ne soient que les premiers d'une longue liste.
D'ailleurs un coup d'oeil sur l'indice des brokers suffit pour constater que les choses ne sont plus au mieux et sentent le soufre. Un superbe biseau ascendant dont la validation propulserait les cours vers le niveau 140 ... soit -50% !!! fig2. Cet indice est composé des brokers suivants : Fig3. ![]()
Dans la même sphère financière, l'indice des banques de Philadelphie, le Bank Index, affiche le même entrain. Pour ne rien gâcher, le BKX , a dessiné depuis 2004 un figure chère à George Lindsay, trois pics et un dôme dont le sommet aurait été fait (point 23). Les cours selon George devraient a minima rejoindre 93 soit .... -25%. Sacré George ! fig4. ![]()
Pour se faire une opinion de la santé graphique de quelques ténors de la finance, jetons un oeil sur cette sélection (les 5 plus grosses banques américaines) : fig5. ![]()
Certes rien n'est perdu ... mais tout de même certaines de ces configurations ne sont guère engageantes.
Ces situations peu encourageantes pour la continuation de la hausse démarrée en 2003 se retrouvent sur la plupart des indices américains.
Je ne prendrai que l'exemple du Nasdaq Composite.
Depuis quelques mois l'indice des valeurs technologiques montent ... mais le nombre d'actions de l'indice faisant des plus hauts depuis 52 semaines... baisse irrésistiblement alors que le nombre de nouveaux plus bas augmente: fig6. ![]()
Fig7. ![]() Cette situation paradoxale est d'ailleurs également visible sur le graphique présentant le pourcentage d'actions de l'indice au dessus de leur moyenne à 200 jours fig8. ![]() Une autre vision de la même faiblesse est donnée par le Bullish Percentage ou pourcentage des actions présentant un signal d'achat au sens de la méthode Point & Figure : Fig9. ![]() La divergence est flagrante et tout à fait “malsaine” pour la continuation de la hausse.
Enfin l'indicateur Advance-Decline construit avec la différence cumulée entre les actions qui “avancent” et celles qui baissent montrent lui aussi la faiblesse importante du mouvement en cours. Fig 10. ![]()
On se demande même comment tout ça peut encore monter !
Mais le seul indicateur qui compte ... c'est le cours. Alors que dit le graphique des cours du Nasdaq ?
Le graphique LT montre que les cours arrivent aujourd'hui laborieusement sur le niveau de retracement de 38,2% de la baisse de 2000 à 2002. Ils y rencontrent en même temps la résistance de la L-MLH de la fourchette LT née du pivot d'octobre 2002. Fig11. ![]()
Le mouvement est à l'évidence correctif et semblerait se terminer par un biseau (ou impulsion terminale soit 5 vagues mais constituées toutes de 3 sous-vagues).
Ce biseau dans sa phase finale construit lui-même un biseau plus petit : Fig12. ![]()
Les segments inférieurs des biseaux respectifs sont donc des points de repère importants pour confirmer la formation d'un sommet à cet endroit.
L'Histoire est toujours riche d'enseignements aussi regardons comment se sont formés les sommets de 2000 sur plusieurs indices.
Commençons par le Dow Jones. fig13.
Ça ne vous rappelle rien ? Peut être celà vous inspire-t-il plus ? Horreur !!! mais ça se passe en 2007 ! fig14. ![]()
Continuons avec le S&P 500 : fig15
Ah oui, comme le DAX aujourd'hui ! Fig16
D'ailleurs le CAC40 aussi avait fait un superbe biseau en 2000 pour conclure son ascension : fig17.
Aujourd'hui il nous fait autre chose ... histoire de varier les plaisirs sans doute ! Fig18. ![]()
A ce stade deux hypothèses :
Mais un top sur le marché américain veut-il forcément dire un top sur le marché français ? La fameuse et très médiatisée mondialisation porte souvent à croire qu'il y aurait un synchronisme parfait des places de marchés. Si on ne peut pas nier que les gros investisseurs interviennent partout, le jeu des effets de change et des opportunités sectorielles fait que les indices ne font pas obligatoirement au même moment leur top ou leur plus bas.
Pour s'en convaincre il suffit de regarder ce qui s'est passé en 2000 fig19. ![]() Les principaux indices présentés ci-dessus ont étalé leur top entre début 1999 et début 2001.
Aujourd'hui on remarque si l'UTILITY aurait fait son top mi-mai, les autres se sont à peu près synchronisés. Seul le NASDAQ continue son bout de chemin et ce malgré toute la faiblesse que j'ai mise en exergue plus haut. fig20. ![]() Bien entendu rien n'est jamais certain en la matière ... mais aujourd'hui nous avons la cause, ne reste plus qu'à avoir les effets.
Bonne semaine à toutes et à tous
----- * RMBS pour Residential Mortgage Backed Securities et CDO pour Collateralized Debt Obligations (ne pas traduire par obligations à effets collatéraux même si celà risque d'être le cas !!!) Avertissements au lecteur : Pour être en mesure de poster votre réponse ou votre commentaire dans cette file vous avez préalablement accepté les termes de la Charte de Pro-at.
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