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Manipulations


Le prochain remaniement2 du CAC40 m'a fait me pencher sur sa composition pour mettre à jour quelques données. Ce faisant, je constate que la décision de remaniement fait sortir Publicis3,représentant aujourd'hui une capitalisation boursièrede 5,7Md€, au profit de Vallourec pesant 10,6Md€.

Rien de plus normal sinon que Thomson était le candidat idéal à sortir du terrain de jeu car ne pesant que ... 3,7Md€. Allez y comprendre quelque chose ... mais peut être que ... à Bercy .... quelqu'un .... pourrait se voir reprocher ... et alors je n'ose y croire mais quelqu'un lacherait le mot qui fait mal ... on nous aurait manipulé sur le véritable redressement de Thomson ! Non, stop là je délire !

Pour continuer sur ce remaniement prochain, les deux actions n'ont absolument pas le même profil. Publicis se remet difficilement d'une baisse initiée en 2000 alors que Vallourec explose depuis la même époque. Enfin cette dernière a une valeur nominale 7 fois supérieure à l'autre. (fig1)



Certes ces valeurs ne « pèsent » pas très lourd en terme de capitalisation boursière au sein de l'indice mais le remplacement fait passer le poids de cette ligne de 0,48% à 0,88%.

Allez faire de l'analyse technique avec ça !


Sans crier à la manipulation il faut tout de même reconnaître que le CAC40 est l'objet de beaucoup trop de modifications (exemples récents: EDF et GDF introduites sans historique) pour avoir une vie technique propre et être ainsi utilisable par les outils de l'analyse technique.

 

Pour rester sur le terrain de la manipulation, vous connaissez ces discours répétés à l'envi sur un CAC40 soit disant bon marché !

Comme j'étais dans les chiffres le courage m'a pris de calculer le PER du CAC40.

La difficulté principale pour porter un jugement correct sur la valorisation du CAC est, d'une part le peu de recul offert par les cours (1987), et d'autre part l'énorme distorsion induite par la bulle des valorisations de 2000.

Le calcul est simple à faire même s'il est un peu fastidieux.

A partir des données disponibles sur le site d'Euronext  j'ai donc construit ce tableau (prenant en compte l'introduction prochaine de Vallourec).

Sur la base des résultats nets de 2005 la valorisation actuelle du CAC est de ... 20,9  18,2 (sur le tableau apparait deux cellules CAC40 et CAC39, la valorisation réelle du CAC est celle de la cellule CAC39 ne prenant pas en compte Thomson qui affiche un résultat net 2005 négatif). (fig2)



Cette réalité est bien loin des chiffres avancés par certains (12, 13 voire 11). Effectivement une façon courante de manipuler les valorisations, ou plutôt de manipuler les investisseurs pour leur faire croire que les entreprises en question ne sont pas cher payées, est de spéculer sur une hausse des bénéfices futurs ou bien de gonfler aux hormones les bénéfices en ne retenant pas certaines charges, par exemple.

Au passage vous constatez dans le tableau ci-dessus (dernière colonne à droite) qu'il faudrait une augmentation de 100% des bénéfices en 2006 par rapport à ceux de 2005 pour ramener, au cours actuel, le CAC40 en zone de sous-valorisation.

Outre l'avantage de supprimer ce caractère divinatoire, l'approche comptable permet de positionner le PER actuel par rapport à l'historique des PER et donc de positionner la valorisation réelle de l'entreprise ou de l'indice dans cet historique.


Pour revenir au CAC40, cet historique est beaucoup trop court.

Le seul historique graphique des PER des marchés français (je vous l'ai déjà proposé dans un précédent post) que j'ai pu trouvé est celui-ci : (fig3)


Même s'il n'est pas possible d'en tirer beaucoup de conclusions, au moins une s'impose de suite: un PER de 20 18 ne peut en aucun cas être caractérisé de bon marché. Au passage on voit nettement la distorsion apporté par les PER de 2000 sur un calcul de PER moyen.

Pour véritablement comprendre où ce PER se situe, un parallèle avec le S&P500 peut être fait.

Celui-ci affiche aujourd'hui un PER de 19 (18 début 20064).

Selon Comstock Partners5, si on remonte à 1950 on compte 112 pics et creux sur le graphique du PER du S&P500. Sur cette même période le PER n'a dépassé 21,6 que 10 fois. Ces exceptions sont toutes situées après 1996.

Avec cet élément vous comprenez pourquoi l'historique du PER du CAC en l'état n'est pas significatif et que les personnes qui vous donnent des moyennes ou des médianes des PER du CAC, pour argumenter un marché pas cher, trompent allègrement leur monde.


Ce sont souvent les mêmes qui argumentent que “ les bénéficesn'ont jamais été aussi élevés ... donc il faut acheter”. Or il y a une constante en matière de croissance des bénéfices, vérifiable sur le S&P500, historiquement les bénéfices des entreprises du S&P500 ont un taux de croissance moyen LT de 6%.

Depuis 1929 ce taux de croissance est resté contenu dans un canal comme le montre le graphique ci-dessous :(fig4)



A l'évidence les taux de croissance des bénéfices de ces dernières années ont emmené les bénéfices des entreprises sur la borme haute du canal historique. L'autre évidence est que la probabilité est extrêmement forte que la loi de la moyenne ramène les bénéfices sous la moyenne de 6% voire sur le bas du canal.

Il est donc aisé de comprendre que plus les entreprises accumulent des années avec des taux de croissance de leur profit supérieurs à 6%, plus la probabilité devoir ces profits baissés les années qui suivent augmente.

Ne vous laissez donc pas manipuler par ceux qui vous disent “tout va bien, d'ailleurs regardez les entreprises font desrésultats superbes !”.


Puisque j'ai déjà laché plusieurs fois le mot manipulation je veux pas être en reste et je m'en vais vous livrer une réflexion sur ce que j'appellerai une manipulation officielle.

Depuis juillet 19986, et à la demande de la COB, le dispositif législatif a été modifié pour autoriser les entreprises à racheter jusqu'à 10% de leurs propres actions et faire comme les américains.

Le fait est que cette pratique est, de ce côté de l'Atlantique, limitée à quelques entreprises comme le résume l'AMF7 :(fig5)



Le but avoué est principalement d'agir sur les cours (régularisation des cours et intervention opportune en fonction des situation de marchés) :(fig6)


Effectivement un rapide coup d'oeil aux rachats réalisés en 2006 par Total montre comment ces opérations interviennent opportunément (surligné en jaune les opérations de plus de 100 millions d'€ par semaine):(fig7)


Total rachète ainsi de 3 à 5% de ses actions chaque année principalement pour les annuler et donc soutenir les cours (voir ci-dessous un extrait du rapport annuel): (fig8)


On pourrait se demander, au passage, si cet argent n'aurait pas trouvé une meilleure rentabilité dans des investissements ambitieux (par exemple sur l'après pétrole)!

Le phénomène reste encore marginal en France comme le soulignait plus haut l'AMF mais de l'autre côté de l'Atlantique il est en forte augmentation ainsi que le mentionne S&P:(fig9)



Je résume pour ceux qui ne maîtrise pas le breton moderne “S&P annonce aujourd'hui que l'activité de rachat continue de croître à un rythme record, bondissant de 35% depuis le 1er trimestre 2005 et de 140% depuis le 1er trimestre 2004. Les rachats dans le S&P500 au cours du 3ème trimestre ont représenté un montant total de 110 milliards de dollars, lègèrement moins que le record du 1er trimestre à 117 milliards de dollars. Ceci représente le 12ème trimestre consécutif de forte croissance (+20%) des rachats pour cet indice. Sur une période de 12 mois, le montant total de rachats représente un montant record de 431 milliards de dollars.

Sachant que la capitalisation actuelle du S&P500 est de 12 749 milliards de dollars8, ce montant représente donc 3,4%. En fait, ce n'est pas rien, surtout si vous utilisez ces rachats au bon endroit !!!

En outre comment expliquer que d'un côté les entreprises US rachètent à un rythme record leurs actions et que d'un autre côté les dirigeants d'entreprises (insiders) vendent leurs actions à un rythme record !!! Que ce soit sur le NYSE ou le NASDAQ le ratio vente/achat des insiders est de 7 ventes pour un achat. Faites le test en allant voir sur le site de MoneyCentral9.

Enfin au plan moral (quel gros mot !) trouvez-vous normal qu'une même personne connaisse les dates des opérations de rachat des actions qu'elle va vendre ?


Alors, c'est pas de la belle manipulation tout ça ?

 

Bonne semaine



PS: lire Société de l'information,ou de la manipulation ? 1

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1http://www.infotechart.com/content/view/382/53/

2Remplacement le 18/12/06 de Publicis par Vallourec

3http://www.euronext.com/trader/composition/0,5372,1679_6868,00.html?selectedMep=1&idInstrument=20631&isinCode=FR0003500008

4http://www2.standardandpoors.com/servlet/Satellite?pagename=sp/Page/IndicesIndexPg&l=EN&b=4&f=1&s=6&ig=48&i=56&r=1&xcd=500&fd=IndexLevelFundamentals_500

5 Comstock Partners, Inc. The Market is Still Significantly Overvalued- October 05, 2006

6 modification législative intervenue le 2 juillet 1998 qui a libéralisé le rachat par les sociétés de leurs propres titres de capital. L'adoption par la Commission des opérations de bourse de deux règlements, homologués le 21 août 1998 et publiés au Journal officiel le 6 septembre 1998, a complété le dispositif juridique mis en place.

7 Lire R E V U E M E N S U E L L E D E L ’A U T O R I T É D E S M A R C H É S F I N A N C I E R S - N ° 8 - N O V E M B R E 2 0 0 4

8http://www2.standardandpoors.com/servlet/Satellite?pagename=sp/Page/IndicesIndexPg&r=1&l=EN&b=4&s=6&ig=51&i=56&xcd=500

9http://moneycentral.msn.com/investor/invsub/insider/trans.asp

 

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Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude.
L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers.
Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière.

Commentaires Manipulations

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JIPSO

(50 msg)

Pur intraday Plus de 3 ans Uniquement technique Futures europe

Posté le : le 06-12-2006 21:06:58 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonsoir,

Travail intéressant en effet. Pour les PER, ceux publiés chaque semaine par Calyon me semblent concordants: ils arrivent également à 18.2 sur les résultats 2005. Et leur mise en perspective. dans le temps et par rapport aux taux 10 ans, démontre de mon point de vue qu'il n'y a pas péril de ce côté là.





lorenzal

(198 msg)

Plusieurs jours Plus de 3 ans Technique et fondamentale Autres Dérivés

Posté le : le 06-12-2006 22:56:15 Voir le profil   Envoyer un message privé
Merci bcp pour votre travail ... Enfin une estimation correcte de ce PER... et moi qui ai lu partout qu'il était aux environs de 13/15....
on nous aurait donc menti est-ce possible... hiiii

Que de manipulations en effet au sein de ce cac... est-ce terminé d'ailleurs?? en tous les cas, cela ne va guère facilité les choses, et si ça continue, hé bien je ne jouerai plus que des options sur certaines actions, ce qui sera plus aisée à mon avis que de trader ce cac trop manipulé...
Bonsoir

Posté le : le 06-12-2006 23:58:36 Voir le profil   Envoyer un message privé
Gros travail, Roque, mais pour unr fois la méthodologie ne semble pas exempte de critiques.
Le PER le plus significatif, gaston88 a raison, est celui où l'on compare le bénéfice net par action de l'année n à la moyenne des cours de la même année. A la grosse louche, cela devait donner qqch comme 13 en 2005, et cela donnera quelques fractions de plus pour 2006.
Est-ce excessif par rapport aux constats historiques de long terme? Sur ce point aussi ta méthodologie me laisse sur ma faim, car elle laisse de côté le référentiel fondamental qu'est le coût des obligations DITES sans risque. Un PER de 14 correspond, sauf erreur, à un "retour" d'environ 7%, ce qui laisse une marge confortable par rapport aux 3,7% procuré ce jour par les oblig. Je ne suis pas sûr que certains PER "bas" du passé offraient la même prime: les prendre en compte sans retraitement pour valider l'idée que le marché est aujourd'hui trop haut me paraît donc sujet à caution.
Je ne suis pas pour autant d'un optimisme débordant car les déséquilibres macro-économiques sont bel et bien là et pourront bouleverser la donne. Mais, techniquement, les PER 2006 ne sont pas démentiels.


kiki27

(126 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 00:01:34 Voir le profil   Envoyer un message privé
Je vais faire court et simple, bien entendu je ne partage pas ta démonstration :- )

Au niveau des per , on regardera plutôt les prévi 2007 en grande masse.

L’idéal serait d’affiner en examinant les PEG car ce ratio tient compte de la croissance attendu et des PER qui tout seul ne signifie pas grand-chose .

Je n’ai pas les mêmes chiffre en 2007 la moyenne classique serait de 14,86, j’imagine que le calcul est fait en tenant compte des pondérations pour arriver à 12,3.

Quand au marché , il va nous offrir d’ici qq semaines de beaux points d’entrées que l’on pourra mettre à profit pour qq beaux trades sur le 1er trim 2007.

Bon trading.

Plus qq images :












meteor13

(163 msg)

Plusieurs mois Non renseigné Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 09:48:07 Voir le profil   Envoyer un message privé
Avec les mêmes chiffres d'autres organismes financiers calculent une nette surévaluation actuelle du CAC

Il faut tenir compte aussi des dividendes ; la rentabilité des actions est trop faible : pour le SP500 on a une moyenne historique de 4,5 %

Il faut analyser aussi la prime de risque : l'inverse du PER diminué des taux longs . Cette prime , a peu prés nulle pour les actions américaines , augmente pour les actions européennes , car les taux longs sont trop faibles en Europe . La perspective d'un alignement probable dans un avenir proche des taux longs européens et américains , diminue la perspective d'une forte évaluation du CAC dans les mois à venir .
Il faut analyser aussi la forte hausse des masses monétaires entrainant une dévaluation de fait des principales devises par rapport à l'or ; la hausse des principaux indices se fait de plus en plus " en monnaie de singe "

Il faut enfin analyser les perspectives d'évolution du PIB : au troisiéme trimestre en France la croissance est nulle ; le fort taux d'endettement du consommateur va entrainer dans les mois à venir une baisse de la consommation donc de l'évolution du PIB ( dépendant à plus de 70 % de la consommation ) et nous verrons en Europe et aux USA des taux d'évolution du PIB négatifs donc une récession . Les bénéfices des entreprises en seront affectés en 2007 donc l'estimation des PER pour 2007 est vraisemblablement fausse .


Roque

(1109 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 11:45:40 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour,

Premier point je suis un peu surpris que certains puissent encore affirmer que le PER du CAC puisse être de 13 ou de 14.
Vous avez sous les yeux le tableau dont les données sont tirées d'Euronext (au passage : le PER obtenu n'est pas la moyenne arithmétique des PER des 40 actions du CAC, comme je l'ai vu sur des sites de professionnels de la finance, mais la somme des PER pondérés de la capitalisation de chaque action). Faites le calcul vous mêmes au lieu de croire tout ce que l'on vous dit !

Pour vous faire plaisir mettons nous au 1er janvier 2006 vous aurez alors un CAC à 4755, tenant compte de mon calcul précédent, le ratio suivant vous donne le PER 2005 au 1er janvier 2006 (forcément pour avoir les bénéfices 2005 il faut que l'année soit terminée). Soit PER au 01/01/2006=4755/5250 *18,2 soit 16,5. Ce chiffre là vous auriez le droit de l'exhiber ! Les autres sont fantaisistes.

Question :Toutefois, je dois venir soutenir Douchka: ton calcul est mathématiquement juste (cours 01/12/06 / bpa 05 ou son équivalent capi boursière / RN 05), le résultat obtenu est un PER mais celui-ci n'est, je te prie d'excuser ma rudesse, d'aucune utilité.
C'est le seul PER fiable car le résultat net est inscrit dans le marbre comptable (il ne bougera plus) et surtout c'est le seul qui permette (voir DecisionPoint.com) des comparaisons historiques. Comment, avec un PER prospectif, faire des comparaisons historiques puisque par nature la prévision est sous ou surévaluée et bougera au fil du temps, quelle estimation de BNPA prendre, celle de Pierre ou de Paul ?

Question :Réponse théorique: les investisseurs achètent une séquences de résultat FUTURS et ce quels que soient les ratios observés (EBIT, EBITDA, RN, Cash-flows, etc.).
Pour être plus précis, ils n'achètent pas un résultat mais un rendement lié au dividende (dividende =%distribution x Résultat net) même si sur une courte période ceci est faux. En effet la théorie des cash flow futurs n'est valable que sur une longue période. Puisque l'on dit que
la valeur de l'action =

(Dn étant le dividende servi l'année n – n allant jusqu'à ... l'infini) si on fait l'hypothèse d'un rendement moyen a sur la période, car en fait chaque année à son propre rendement)

Question :Réponse pragmatique: on utilise la moyenne des cours de l'année considérée (ici 2005) pour calculer des PER historiques et non le dernier cours de clôture connu.
C'est une pratique inconnue et de plus entachée d'une énorme erreur. En effet les bénéfices sont construits tout au long de l'année et connus seulement après arrêté comptable. Ce qui veut dire qu'un investisseur qui a pris position au dernier jour avant l'attribution du dividende a de cette façon un rendement assuré qui sera :
dividende (c'est à dire RN x % de distribution) / Prix de cloture de l'action la veille.

La notion de moyenne annuelle n'a donc RIEN à faire ici. Il serait tentant en fait de procéder par période (le trimestre est traditionnellement la période de présentation de l'avancement des résultats OPERATIONNELS et non pas NETS) en prenant pour ces périodes le résultat ... malheureusement le résultat net n'est pas connu. Une approximation (encore une serait d'appliquer le ratio obtenu l'année précédente en vérifiant qu'aucun élément exceptionnel n'était intervenu alors).
Dans un monde idéal on prendrait alors la somme actualisée des résultats nets par période en comparaison des prix de cloture de la période... mais comme celà ne permet pas de servir un dividende en fait ... ça ne sert à rien (le dividende est servi comme je l'ai dit plus haut après arrêté et sur décision d'AG).

Pour résumer :
le PER que je vous ai livré, calculé pour un CAC au 1er décembre 2006 (qui d'ailleurs correspond au niveau du CAC le 15 mars 2006 -date au plus tôt d'attribution des dividendes, en fait mai/juin dans la réalité- à 2% près c'est à dire à l'inflation près, donc au même niveau) est calculé sur la base de RN 2005 (connus et non supputés) qui ont générés des dividendes servis à des investisseurs qui ont pu se positionner jusqu'en mars-juin 2006 sur les actions pour être ainsi rémunérés.
Il est possible d'utiliser des PER prospectif mais il est important de savoir que ceux-ci ne peuvent s'appuyer sur aucun historique et que par nature, et comme leur nom l'indique, ils sont propspectifs (c'est comme utiliser l'AT pour le moyen terme ...).


Bonne journée

Lectures conseillées :


Tout sur les PER, en anglais mais très complet.
J'aime particulièrement ce passage de Carl Swenlin : “Les fans des marchés (cheerleaders) utilise les “proforma” ou les “résultats opérationnels”, ce qui exclue certaines charges et sont à l'évidence très optimistes. L'utilisation des résultats opérationnels est devenue très populaire dans les années 1990 conséquence des efforts désespérés de recherche de justification des valorisations élevées de l'industrie de biens d'équipements. Ils sont sans intérêt, ignorez les. En fait vous pouvez essayer de les ignorer mais malheureusement les medias financiers utilisent ces résultats opérationnels dans 90% de leurs parutions. Heureusement le système de cotation utilise toujours les résultats compatbles (GAAP)- du moins je n'ai pas eu écho d'exception à ce principe.


PER mis à jour toutes les semaines (as reported et trailing)



“La pratique française est d’utiliser l’estimation du BPA de l’exercice en cours pour calculer le PER, qui est alors parfois appelé PER prospectif. On parle de PER historique lorsque l’on rapporte le dernier BPA publié à la valeur du jour de l’action (c’est la pratique anglaise).”


Roque

(1109 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 11:49:00 Voir le profil   Envoyer un message privé
Un bug ou une mauvaise manip de ma part a fait disparaitre les liens web que je vous proposais en lecture.

Je les ajoute ici :

Lectures conseillées :

http://www.decisionpoint.com/tacourse/Earnings.html
Tout sur les PER, en anglais mais très complet.
J'aime particulièrement ce passage de Carl Swenlin : “Les fans des marchés (cheerleaders) utilise les “proforma” ou les “résultats opérationnels”, ce qui exclue certaines charges et sont à l'évidence très optimistes. L'utilisation des résultats opérationnels est devenue très populaire dans les années 1990 conséquence des efforts désespérés de recherche de justification des valorisations élevées de l'industrie de biens d'équipements. Ils sont sans intérêt, ignorez les. En fait vous pouvez essayer de les ignorer mais malheureusement les medias financiers utilisent ces résultats opérationnels dans 90% de leurs parutions. Heureusement le système de cotation utilise toujours les résultats compatbles (GAAP)- du moins je n'ai pas eu écho d'exception à ce principe.

http://www.decisionpoint.com/TAC/SWENLIN.html
PER mis à jour toutes les semaines (as reported et trailing)


http://www.vernimmen.net

“La pratique française est d’utiliser l’estimation du BPA de l’exercice en cours pour calculer le PER, qui est alors parfois appelé PER prospectif. On parle de PER historique lorsque l’on rapporte le dernier BPA publié à la valeur du jour de l’action (c’est la pratique anglaise).”


gaston88

(6 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 12:16:33 Voir le profil   Envoyer un message privé
Cher Roque,

Navré de te voir rester sur ta position.

Je te le dis et redis, les PER sur résultats historiques n’ont aucun intérêt. Seules les prévisions de résultats intéressent les professionnels (dont je suis soit dit en passant).

Je te cite : « Pour être plus précis, ils n'achètent pas un résultat mais un rendement lié au dividende (dividende =%distribution x Résultat net) même si sur une courte période ceci est faux. En effet la théorie des cash flow futurs... »

Merci de rappeler Gordon Shapiro à notre bon souvenir, mais cette pratique n’a jamais cours. Il s’agit, au mieux de la première page d’un premier cours de finance LOL. Malgré tout, je te conseille d’élargir ton approche à la notion de « Total Return » qui intègre le rendement et la plus-value.

Je te cite une nouvelle fois : « C'est une pratique inconnue et de plus entachée d'une énorme erreur. En effet les bénéfices sont construits tout au long de l'année et connus seulement après arrêté comptable » parlant de « on utilise la moyenne des cours de l'année considérée (ici 2005) pour calculer des PER historiques et non le dernier cours de clôture connu. ».

Cette notion est inconnue de toi ... et j’ai bien un stagiaire ou deux que ca étonne à l’occasion de mes formations (dont le thème est « Evaluation d’entreprise »). LOL. A part ca, cette idée ne fait pas débat. Ni en France, ni à l’étranger. Full stop.

Il me semble que tes certitudes sont bien assises et qu’aucun argument théorique ou pratique n’a ton oreille.

Je ne participe que très rarement à ce forum, bien que je le parcoure régulièrement. Ta démarche, généralement constructive, m’a incité à te répondre. Malheureusement, c’est sans effet. Je retourne à mon silence....

Bonne continuation,

PS : en ce qui concerne les conseils de lecture, merci pour cette attention...tu m’as extorqué le plus beau sourire de la mâtiné....j’y penserai quand j’aurais fini les évals de boites qui me payent pour acheter et se vendre. Dans ce monde ci, bien réel, les PER que tu calcules me feraient perdre toute crédibilité...



Roque

(1109 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 12:37:27 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour,

Pour répondre à la demande de yacafocon :



Bonne journée


Roque

(1109 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 12:46:29 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour gaston88

Au cours des divers métiers que j'ai pu exercer j'ai connu des experts qui vivaient, voire qui vivent encore, dans leurs erreurs. Enfermé dans leurs habitudes ...
Ne néglige pas ces lectures d'outre atlantique.

Je ne comprendrais pas que Buffett ou Hussman puissent ainsi se fourvoyer. Le patrimoine qui leur est confié est sans doute négligeable ! (même si le premier est soi-disant en retraite)

Merci pour tes commentaires


gaston88

(6 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 13:17:07 Voir le profil   Envoyer un message privé
Dernier essai pour t'enlever ce voile de candeur:

1-le calcul le plus abouti du PER historique est = résultat attendu pour l'année 2005 à la date du 6 juin 2005 divisé par le cours du 6 juin 2005 par exemple. Ce résultat donne un PER historique qui a existé. Le résultat de ton calcul (que je ne peux pas appeler PER sorry) donne un ratio qui n'a JAMAIS existé pour les investisseurs.

2- Anyway, le PER a l'avantage d'être simple à calculer (enfin quoi que visiblement...) mais a de nombreuses limites: impact du financier, de l'exceptionnel, du goodwill, etc.

3- Enfin, t’es tu demandé pourquoi ton tableau CAC 40 ne faisait apparaître aucune corrélation sectorielle ? C’est bizarre quand même...moi (pauvre poussière de la communauté financière je te l’accorde), j’en ai tout plein sur tous les ratios (PER, EV/EBIT, EV/EBITDA, Price/CF, etc.). La chance du débutant surement 

Au plaisir de lire ta prochaine analyse sur un sujet mieux bâti,




gaston88

(6 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 13:36:22 Voir le profil   Envoyer un message privé
Si je suis constructeur automobile tu me propose de me vendre 7.29x mes résultats comme Renault ou 10.91x comme Peugeot ? Ca fait « que » 50% d’écart...

Je suis une boite de luxe, tu me propose de me vendre 22x comme LVMH ou 24x comme PPR qui génère bcp mois de cash (le luxe ne fait que la moitié du résultat de PPR)? Va faire la gueule Bernard Arnaud...

Enfin, ma préférée, si je suis une SSII en difficulté dont le RN a été divisé par 2, tu me propose de me vendre 54x comme CAP GEMINI ? Sont vraiment trop cons ces investisseurs LOL !

Pour info, le PER historique le plus élevé jamais observé sur le CAC était celui de L’Oréal entre 2000 et 2001 avant que le titre ne perde son statut de valeur refuge. Il était proche de 50x.


Roque

(1109 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 14:28:48 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour,

Je ne comprends pas que votre ton devienne de plus en plus condescendant. Si vous êtes un vrai pro alors argumentez mieux vos démonstrations plutôt que d'invoquer votre position sans connaitre la mienne qui pourrait peut être vous surprendre.

Lorsque vous dites :"le calcul le plus abouti du PER historique est = résultat attendu pour l'année 2005 à la date du 6 juin 2005 divisé par le cours du 6 juin 2005 par exemple. Ce résultat donne un PER historique qui a existé." Vous vous trompez encore.

En effet la définition du PER historique a été rappelé plus haut :“La pratique française est d’utiliser l’estimation du BPA de l’exercice en cours pour calculer le PER, qui est alors parfois appelé PER prospectif. On parle de PER historique lorsque l’on rapporte le dernier BPA publié à la valeur du jour de l’action (c’est la pratique anglaise).”

Au 6 juin 2005 le dernier BPA publié était celui bâti sur les RN 2004. On ne peut parler de rendement qu'en fin d'un exercice ... le faire avant relève de la prospective ... ce qui peut se faire mais avec les limitations que j'ai déjà mentionné.

En tant que professionnel j'aurai préféré entendre de votre part par exemple :
- que le PER n'est qu'un élément parmis tant d'autres sur l'évalutaion de la valorisation
- que le niveau de la trésorerie nette avait un poids non négligeable sur la valorisation de l'action du fait du rendement au taux courant de celle-ci
- etc...

j'ai cité dans mon post (graphique PER CAC et SBF) deux économistes (Jean-Pierre BERDOT et Jacques LEONARD) qui ont fait une excellente étude sur ce sujet parue dans la revue « Analyse Financière de Mars 2003. Ils y analysent les deux approches qu'ils nomment pour l'une "l’approche comptable, le PER ex post d’un actif" et l'autre "L’approche financière du PER comme variable ex ante".
Vous y noterez leurs remarques sur les deux approches ... on en apprend tous les jours ... pour ma part j'adore apprendre.

Bonne journée



gaston88

(6 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 14:34:28 Voir le profil   Envoyer un message privé
Effectivement j'en apprends tous les jours: "- que le niveau de la trésorerie nette avait un poids non négligeable sur la valorisation de l'action du fait du rendement au taux courant de celle-ci " ... Ca fait bien du 2% LOL

=> impact proche de zéro, vous vous en rendrez compte en tentant de faire votre premier DCF.

Par exemple, les rachats d'actions ont un impact relutif sur les bpa et les cours ne baissent pas or c'est de la tréso qui sort. Bizzarre...

Bon j'arrette là car je n'arrive pas à faire naitre le doute chez vous

Au revoir,


Roque

(1109 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 07-12-2006 15:57:32 Voir le profil   Envoyer un message privé

Pour ce qui concerne la trésorerie :
http://www.vernimmen.net/ftp/PER.pdf
en page 3

Pour ce qui concerne le rachat d'actions :


A+

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