Quel bonheur d'être argentinLes dernières analyses liées :
Cette réflexion m'a été inspirée par une discussion que j'ai eu hier à la pause café de notre journée de formation de Lyon. J'en profite d'ailleurs pour saluer les sympathiques participants à cette journée marathon et je leur renouvelle mes remerciements pour les échanges fructueux que nous avons eus.
Au cours de cette discussion j'ai découvert que mon interlocuteur avait des difficultés à comprendre mon point de vue, celui-ci étant sans doute mal exprimé. J'admets volontiers que ce n'est pas un concept trivial: que je puisse être baissier pour les indices occidentaux, dont tout particulièrement les indices américains, mais sans écarter la possibilité que ceux-ci fassent néanmoins des plus hauts. À la lecture de quelques posts sur les forums, notre ami était loin d'être le seul à ne pas comprendre que les indices sont mesurés en unité flottante ... concrètement en monnaie locale, elle-même soumise à variations, et donc que la vraie valeur est cachée quelque part.
Pour illustrer ceci j'ai pris l'exemple de la bourse argentine (mais je n'avais pas samedi dernier les graphiques et chiffres que je vous livre maintenant). Je pense que le lecteur pourra aisément transposer le constat que nous allons faire ici aux marchés financiers d'un grand pays dont la monnaie domine, pour le moment, les marchés internationaux ... et en tirer des conséquences pour l'avenir.
De prime abord, quel bonheur d'être un boursicoteur argentin !
Un oeil rapide sur l'indice de la bourse de Buenos Aires suffirait à s'en convaincre. Depuis fin 2001- début 2002, l'indice MERVAL1est ainsi passé de 240 à 1544 pesos argentins: soit un bond spectaculaire de +800% au plus haut récent (700% à ce jour). Fig1 ![]()
Je suis certain que ce pourcentage et la simple vue du graphique ci-dessus, en forme de fruit de paradis, déclenche au fond de vous même cette frustration que nous avons tous connue à un moment ou un autre devant la découverte d'une bonne affaire qui aurait pu s'offrir à nous ... mais que l'on découvre ... après coup ! En fait est-ce réellement une bonne affaire ? Pour un argentin sans aucun doute ... surtout si ses économies sont uniquement libellées en pesos argentins (ARS).
Un américain qui passerait par là me regarderait lui avec étonnement et une légère moue de désapprobation. Tout le monde a entendu parler de cette dévaluation du pesos. Alors forcément on se doutait que le point de vue de l'investisseur américain allait être légèrement différent. Et pas d'une courte paille ! Là, le gain sur la même période n'est que de 180%. Fig2 ![]()
Vous me direz, c'est déjà quelque chose ! C'est vrai, et l'américain admettrait au final que le gain est honnête, même s'il est loin des 800% de l'argentin.
Mais alors imaginez qu'un français entre maintenant dans la conversation. Il s'étonnerait que l'on puisse arriver à ces chiffres.
En effet le MERVAL ne lui a fait gagner que 90% depuis 2002 et encore avec une belle frayeur fin 2003 alors que son capital passait dans le rouge. Fig3
![]()
Mais alors, qu'elle est la vraie valeur du MERVAL ?
On le voit bien, intervenir sur des indices étrangers sans prendre en compte les ajustements monétaires fausse complètement la vision que l'investisseur a du rendement de son capital.
Dans un contexte d'inflation permanente, voire de compétition inflationniste entre les monnaies, il faut trouver un repère pour déterminer la vraie valeur des choses. Si vous n'en êtes pas convaincus, regardez ci-dessous le taux de croissance affichée par la BCE: une croissance de plus de 8 % de la masse monétaire M3 alors que nos PIB peinent à dépasser 2,5% (la création de richesse).
Les Etats-Unis sont moins embarrassés avec M3, ils n'en publient plus les chiffres depuis mars 2006. Etrange !!!
Aujourd'hui prendre le dollar pour approcher cette vraie valeur des choses revient à essayer de prendre les mesures d'un meuble avec un élastique.
On pourrait chercher à prendre, par exemple, l'indice des prix à la consommation, le CPI aux Etats-Unis. Malheureusement il est de notoriété publique que celui-ci est bidouillé (celui de l'INSEE aussi d'ailleurs). Heureusement d'ailleurs ... parce qu'avec la tête qu'il a déjà ... Fig4 ![]()
Une autre possibilité aurait été de s'appuyer sur la création de richesse et la masse monétaire attachée. Malheureusement la croissance de la masse monétaire (M3) semble s'être déconnectée de la création de richesse (PIB ou GDP). Ce qui laisse penser sans trop de difficulté que l'unité de masse monétaire en question représente donc de moins en moins de richesse correspondante. Fig5 ![]() En fait en fouillant dans l'histoire on découvre aisément qu'il n'y a pas si longtemps la référence en matière de valeur était l'or. Cela ne fait que 35 ans que cette référence a été mise au placard2.
Exprimé en valeur Or, le MERVAL a une toute autre allure. À l'évidence cet indice perd de la valeur inexorablement depuis 1996. La performance depuis 2002 n'est plus de 800% ou 180% ou même 90% mais de seulement 36%. Fig6 ![]()
Au delà de l'évidence de raisonner dans sa monnaie on constate donc l'importance de la recherche de cette valeur intrinsèque. L'établir à partir de l'or présente l'avantage de se prémunir des déformations apportées par l'inflation monétaire. Chercher une valeur par rapport à une monnaie, qui elle-même subit des effets inflationnistes, ne permet pas en effet de comprendre le sens véritable d'appréciation des choses. Dans une période où les banques centrales, dont celle des Etats-Unis, affichent de façon claire (elles l'écrivent) leur préférence pour un scenario inflationniste le rôle de l'or se trouvera renforcé.
Pour s'en convaincre un peu plus regardons quelques indices. On a l'habitude de regarder le S&P500 exprimé en dollars américains. Mais voilà à quoi il ressemble en €uro: Fig7 ![]()
Il affiche un gain de 38% (mesuré au sommet de mai 2006) depuis son plus bas de début 2003, là où on est habitué à lui attribuer une performance de +65%.
Mais l'investisseur ayant un compte or voit lui clairement que le S&P500 a perdu 18% de sa valeur depuis 2003 : Fig8 ![]()
Même constat pour le NASDAQ COMPOSITE. En €uro celui-ci affiche une modeste performance de +60% sur la période 2003-2006 (100% en $US) : Fig9 ![]()
... mais en valeur or une contre-performance qui se traduit par une baisse de 10% sur la même période : Fig10 ![]()
Fig11 ![]() On le voit donc, rien n'interdit un scénario où nous aurions tout à la fois des indices faisant des performances en valeur nominale et une perte considérable de valorisation.
Un économiste, dont j'ai oublié le nom, précisait que pendant l'hyperinflation de 1923 l'indice des valeurs allemandes se portait, en valeur nominale, comme un charme....
1http://www.merval.sba.com.ar/merval/default_frame.asp? 2http://www.pro-at.com/analyse/technique-La-fin-de-l-039-Or-2-6826.html Avertissements au lecteur : Pour être en mesure de poster votre réponse ou votre commentaire dans cette file vous avez préalablement accepté les termes de la Charte de Pro-at.
Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude. L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers. Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière. Vous devez être identifié pour poster un commentaire. Pour vous identifier : cliquez ici Pour vous incrire sur Pro-AT : cliquez ici |
Invest-AT,
l'analyse technique au service de l'investissement actif.
Analyses, forums et signaux AT. |
Créer votre blog gratuitement avec TradersBlog, plateforme de blogs pour traders. |
Trading School, modules de formation à la bourse en ligne, glossaire de la bourse ... |
Commentaires Quel bonheur d'être argentin