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Analyse conjoncture | Analyse : Très cher pétrole !

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Très cher pétrole !

Et non, ce n'est plus comme avant !

Réveillez-Vous ! Il a raison Alain !


Je suis toujours surpris par l'assourdissant mutisme (dont celui des médias) que provoquent les défis qui sont devant nous.

Nous allons traverser une époque sans précédent et être les témoins de trois phénomènes d'ampleur qu'aucune génération n'aura jamais connu jusqu'alors :

  • le vieillissement inéluctable des populations des pays développés et les difficultés qui vont les accompagner pour financer des retraites décentes (sujet toujours d'actualité et que j'ai abordé début 2004 )

  • l'explosion du financement des soins médicaux du fait de ce vieillissement, alors que le bilan est déjà très négatif avant même que ne commence le « vrai » problème.

  • Le déséquilibre irréversible entre offre et demande de pétrole alors qu'aucune mesure palliative n'a été envisagée.

Vous avez peut être lu quelques articles dans la presse récemment sur cette problématique de l'approvisionnement en pétrole. Pour une écrasante majorité des journaux le discours servi est celui du « dormez tranquilles bonnes gens, du pétrole il y en aura toujours plein ! ».


J'ai ainsi lu début octobre, dans un quotidien économique, réputé sérieux et qui a fait un dossier sur le sujet pendant une semaine, une phrase stupéfiante « A terme, la technologie aidant (ndlr: pour l'extraction de pétrole lourd des sables bitumineux), les réserves canadiennes se chiffreront plutôt à 300 milliards de barrils si l'on en croit les experts. De quoi écarter pour quelques décennies le spectre d'une pénurie ... »

Oups !

Ce genre de propos anesthésiant n'est vraiment pas responsable !

En effet, comment comparer la production de pétrole jaillissant des puits saoudiens avec celle permettant d'extraire le précieux liquide mêlé dans une boue de sable et de terre.

La différence est à peu près la même qu'entre remplir un seau d'eau avec un tuyau d'arrosage et remplir le même seau d'eau avec une éponge ! La différence c'est la quantité que l'on sera capable de produire dans le même intervalle de temps.

Il n'y a donc pas de pénurie au sens de la disparition d'une ressource, mais il y a déséquilibre profond entre l'offre et la demande.

Le problème, auquel nous allons devoir faire face est probablement unique dans l'histoire de l'humanité. C'est la première fois qu'une civilisation n'aura pas « eu le temps » de mettre en place une énergie de substitution de façon progressive.


Je sais à ce stade de la lecture vous vous dites : « le Roque, il déraille ... quel pessimiste ! ».

Tout d'abord, j'aimerais avoir tort, ensuite, soyons un peu responsables et acceptons les nouvelles même lorsqu'elles ne font pas plaisir. Grâce à la magie d'internet nous avons la possibilité de nous informer et de nous faire notre propre jugement sans le filtre des médias qui souvent écrivent des articles non pas pour apporter des informations mais pour plaire à leurs lecteurs.


Il ne s'agit pas d'une information façon « complot planétaire » ou « conspiration », non toute l'information est accessible. Donnez vous la peine de vérifier !

Pour ma part j'ai découvert ça récemment, en lisant l'excellentissime livre de Simmons, ... mais j'ai vérifié ses dires pour me forger ma propre opinion. Et je suis stupéfait d'avoir vécue aussi longtemps dans l'ignorance !


Tout d'abord la demande :

La demande, je ne développe pas, en effet tout le monde connait la problématique des pays émergents et sait que le niveau actuel est proche de l'équilibre avec l'offre et que d'ici 2025 (donnée EIA) la demande devrait croitre de 54%.

Sachant qu'actuellement seule l'Arabie Saoudite dispose réellement (du moins théoriquement) d'un surplus de capacité vous comprenez aisément l'intérêt d'étudier de près ce producteur.



L'offre :

Le niveau de disponibilité réel de l'offre est difficile à décoder. Les pays producteurs et les compagnies pétrolières (voir Shell qui annonce la bouche en coeur une réduction de ... 20% de ses réserves, soit 4 milliards de barils, en janvier 2004) font preuve d'une imagination sans borne pour surévaluer leurs réserves et leurs capacités de production.

Cette information ont peut la reconstituer à partir des avis d'experts. Un rapport fait au Sénat américain1 en 1979 est une source importante d'information. Vous pouvez récupérer ici un document qui reprend ces éléments et vérifier ainsi tout ce qui suit.


Le point important à noter avant toute chose, c'est que ce rapport a été rédigé juste avant que la société Aramco, exploitant les gisements d'Arabie Saoudite, ne quitte le giron US (les 4 actionnaires initiaux étaient des sociétés pétrolières US) pour être désormais gérée en direct par l'état saoudien.

L'étude, menée pour le compte du Sénat américain qui avait peu apprécié l'embargo de 1973, a donc profité de ce que l'on faisait de mieux en matière de compétences pétrolières à l'époque.


Ce rapport est riche d'informations et d'une précision étonnante.

Ecrit en 1979, il cherchait à évaluer l'environnement pétrolier à l'horizon de 2000:


  • la production de pétrole américain, qui a fait son pic de production vers 1970, était alors estimée pour 2000 « entre 4 et 7 millions de barrils par jour ». Elle a été en réalité de 5,8 MB/j en 2000 (voir ci-dessous, données de l'EIA2) et de 4,14 MB/j le 14 octobre 2005.





Dans ce même rapport, le rédacteur précisait que la production de l'OPEC pour l'année 2000 ne devrait pas beaucoup varier de celle de 1979 : « OPEC production during the next 20 years will not differ significantly from its current level of 31 MBD. »


La production de l'OPEC a été de 29,3 millions de barrils jour en moyenne en 2000 et de 31,2 en juin 2005. (http://www.eia.doe.gov/emeu/international/petroleu.html#IntlProduction)


Concernant la production même de l'Arabie Saoudite, le rapport donne un objectif maximum de débit de 12 MB/j au plus en 2000.

"Although the reserves which could permit an increase in production capacity

they have announced their intentions to not exceed a maximum capacity of 12 MBD, and plan to reach this level of capacity in earliest."


Ce niveau n'a jamais été atteint. Ceci pour trois raisons :

  • des difficultés d'extraction dûes à la présence d'eau et de gaz (voir Twilight in the desert de Simmons) dans le pétrole extrait,

  • la surexploitation des puits dans les années d'exploitation par les compagnies US (avant de lacher la vache, le fermier l'a traite au maximum !) a entrainé des baisses significatives de la pression sous le pétrole et conduit à utiliser des techniques d'injection d'eau et de gaz pour pallier ces baisses. Ces situations conduisent de façon irréversible à une perte d'une part de la ressource exploitable. C'est sans doute l'origine des directives saoudiennes telles qu'elles apparaissent dans le rapport :

    Moreover, Yamani, the Saudi oil minister, has announced that Saudi intentions are not to exceed production of 9.5 MBD even under higher levels of capacity.On the basis of these facts, Saudi Arabian crude oil production for 1985 is projected to lie between the official ceiling in early 1978 of 8.5 MBD (the Saudi’s have raised at least temporarily the ceiling to 9.5 MBD following the Iranian disruption) and 10.5 MBD (approximately the current maximum sustainable production rate).For the year 2000 crude oil production is projected to range between 8.5 MBD and 12.0 MBD. La production a atteint 8,8 MB/j en 2000 et 9,6 MB/j en juin 2005.

  • la volonté des saoudiens de ne pas gager l'avenir. En effet, l'Arabie Saoudite est devant un défi majeur, celui de la démographie. Ce pays est passé d'une population de 6 millions d'habitants en 1970 à 22,7 millions en 2004. Les projections faites donnent une population d'environ 50 millions en 2030. Le gouvernement saoudien est donc devant un dilemme à la fois logistique (l'approvisionnement en eau est obtenu à partir de la désalinisation de l'eau de mer produite à partir du gaz obtenu des gisements pétroliers) et social (pas d'agriculture, peu d'industrie ... quel travail après le pétrole ?).


Price Fahd on April 19, 1978,

Saudi Arabia has worked and is working sincerely and earnestly to provide an appropriate level of oil and gas production as an expression of its feeling of shared responsibility in the internatonal community, but our feelings of responsibility toward future generations in Saudi Arabia also claim careful consideration and the establishment of a calculated balance between the present and the future.


Sur le sujet, très contreversé, des réserves le rapport n'envisageait pas de découvertes majeures mais plutôt l'extension des gisements existants dont ceux du Moyen-Orient.

Major additions to the world’s known oil supplies are likely to result from additional recovery in known fields rather than new field discoveries. These new additions are not expected to alter the dominance of the Middle East since over half of the new additions are expected to be in the Middle East. Moreover, the world distribution of ultimately recoverable oil is not believed to differ significantly from the known distribution today.


Ce fut d'ailleurs le cas, aucune découverte majeure n'ayant été faite hors du périmètre connu en 1979.

Il est donc très étonnant que l'évaluation faite en 1979 de 163.4 milliards de barrils de réserve pour l'Arabie Saoudite, se traduise aujourd'hui par un chiffre de 262.7 milliards sans découverte significative entre temps (le niveau des réserves au sein de l'OPEC est la clé d'attribution des quota de production).


A ce stade vous pouvez logiquement vous demander si un document de 1979, qui malgré tout a vu juste sur pas mal d'autres points, est toujours fiable pour assurer une estimation de la production de l'Arabie Saoudite en 2005 et surtout pour évaluer la capacité de l'offre saoudienne à monter en puissance face à une demande soutenue.


J'ai donc cherché d'autres sources.


Celle-ci par exemple :

Une chose est certaine : le temps du pétrole facile est terminé.

... one thing is clear: the era of easy oil is over. What we all do next will determine how well we meet the energy needs of the entire world in this century and beyond.


La plupart des gisements de pétrole ou de gaz sont au stade mature.

Many of the world’s oil and gas fields are maturing.


Et les nouvelles découvertes sont princiaplement faites dans des endroits où la ressources est difficle à exploiter – physiquement, techniquement, économiquement et politiquement.

And new energy discoveries are mainly occurring in places where resources are difficult to extract—physically, technically, economically, and politically. When growing demand meets tighter supplies, the result is more competition for the same resources.


Nos réserves connues de combustible fossile déclines déjà, et les sources d'énergie alternatives ne se développent pas suffisamment vite pour répondre à la demande future.

Yet our known fossil fuel reserves are in decline, and alternative energy sources are not expanding rapidly enough to meet future demand.



... au sujet des sables bitumineux :

Le hic est qu'il pourrait nécessiter plus d'énergie et coûter plus pour extraire et produire du pétrole depuis ces sources non-conventionnelles qu'il n'en rapporterait.

The catch is that it may currently take more energy and may cost more to extract and produce oil from some of these unconventional forms than would be gained.


Le pétrole, le gaz et le charbon vont continuer à représenter une part significative des sources d'énergie pour les décennies à venir. Mais, ils cèderont de plus en plus de parts de marché à d'autres sources d'énergie.

Oil, gas, and coal will continue to be a significant energy source for decades to come.But, over time, they will likely share more and more of the market with other sources of energy.


L'auteur de ces phrases, n'est autre que le pétrolier américain ... Chevron.

Difficile de dire qu'il ne sait pas de quoi il parle !

Conscient du séisme, Chevron ne joue pas l'autruche comme d'autres, mais joue cartes sur table.

Un site web particulier a été créé pour communiquer avec le grand public, chapeau ! :

http://www.willyoujoinus.com/


Autres témoins appelés à la barre, les 21 ministres de l'économie de l'APEC (zône Asie-Pacifique)qui se sont réunis en Corée à Gyeongju le 19 octobre sur le sujet de l'énergie.

Leurs conclusions sont claires :

  • le prix du pétrole restera élevé du fait de la conjonction d'une demande élevée et d'une faiblesse de la marge de production disponible ...

  • les importations de pétrole de la région APEC vont passer de 39% en 2002 à 66% en 2030

  • la consommation des pays de l'APEC devrait augmenter de 2% par an pour les 3 décennies à venir, l'APEC estime les investissements nécessaires de 5.3 à 7 trillions de dollar (1 trillion = 1000 milliards ! mazette !!!).

  • les membres de l'APEC sont encourager à coopérer pour le développement de techniques utilisant des énergies renouvelables

  • l'APEC considère le nucléaire comme déterminant et pousse ses membres à coopérer sur ce sujet.


Ces informations sont accessibles ici 


En conclusion il semble bien que l'offre soit aujourd'hui proche de la saturation. La variable habituelle d'ajustement, l'Arabie Saoudite, étant elle-même incapable de combler les déficits de production des autres producteurs.

Un élément important a été relevé par Energy Bulletin3, un pic de production possible sur le pétrole de qualité extra-light (produit rare et facile à raffiner, ceci explique peut être le "goulot d'étranglement " de produit de rafinage. Ce goulot serait ainsi plus du à une reconversion des sites vers le rafinage de produit lourd qu'à un réel manque de capacité (c'est une analyse perso).


Avec ces éclairages je pense qu'il est assez aisé de reconstituer les évènements passés et présents qui se sont déroulés, ou bien se déroulent encore, sous nos yeux niais :

  • Comment et pourquoi mettre des troupes en place en Arabie Saoudite ?

  • Comment et pourquoi mettre la main sur le deuxième gisement de pétrole du Moyen-Orient ?

  • Pourquoi menacer un pays qui veut en toute souveraineté se doter d'une énergie de substitution ?

  • ...

Que faire de tout celà sur un site d'analyse technique ?

A mon sens, autant l'analyse technique permet de tirer des bords connaissant les vents près de la côte, autant elle n'a pas vocation à prévoir la météo au large.

C'est par une analyse des menaces et des opportunités qui nous entourent qu'il nous est possible de nous situer dans le mouvement général.


Aujourd'hui, ce n'est plus comme avant ...

Avant lorsque les matières premières montaient, c'était à la suite d'une longue période de désinvestissements. Les cycles d'investissements font en fait la rareté ou l'abondance de matières premières. Peu de capitaux et c'est peu de projets industriels, et donc à un moment donné la rareté. Des produits industriels peu chers c'est peu de capitaux et des bulles financières.

A contrario, un excès de capitaux et c'est la surproduction, l'abondance de matières premières et à un certain moment la chute des prix. Au départ les capitaux viennent sur ces projets car les prix deviennent attractifs ... le capital y trouve un rendement assuré !

Dans cette logique, il y a un lien étroit entre le volume de capitaux et le volume de matières premières, jusqu'au moment du déséquilibre par le prix. J'injecte plus de capitaux et presque mécaniquement j'extraie plus de fer ou de plomb ou de zinc.Quand les capitaux se retirent, j'en extraie moins car les prix ont chuté et la demande est moins forte du fait d'une baisse de la demande initiée par des prix trop élévés.


Aujourd'hui ce qui change c'est que le pétrole n'est sans doute plus en mesure de répondre de façon aussi "mécanique". L'augmentation des investissements ne peut pas pallier le déficit d'offre.

Un réservoir de pétrole c'est comme une bouteille de champagne secouée. S'il y a du gaz le champagne sort, s'il n'y a plus de gaz, il ne se passera rien et il faudra utiliser des moyens utilisant eux mêmes de l'énergie pour aller le chercher. Dans un gisement de pétrole le gaz du champagne est remplacé par une nappe aquifère ou des nappes de gaz qui maintiennent une pression élevée sur le liquide. Au bout d'un certain temps d'exploitation, et celà malgré les techniques d'injection qui cherchent à se substituer aux pressions naturelles, le pétrole n'est plus sous pression suffisante ... et produit beaucoup d'eau voire ... ne remonte plus.

Tout ceci nous prédit donc un pétrole cher, très cher ... sauf .... si une récession importante se développait et muselait la demande !

....et ça on a déjà connu :



Bonne semaine

----------------------------------------------------------------------------------



1Rapport de 1979: US, Congress, Senate, Committee on foreign Relations, the future of Saudi Arabian
oil production
, staff report to the Subcommittee on international economic

3

The key point is that non-OPEC light sweet crude went from 41% of 66 mb/d to 34% of 70 mb/d from 2000 to 2004, a drop of 3.26 mb/d. OPEC added 1 mb/d of light sweet crude over the same period resulting in a global reduction of light sweet crude of over 2mb/d showing that global light sweet crude has peaked and is now in decline.”


Sources : Energy Bulletin + OPEC Monthly Oil Market Report August 2005

http://www.energybulletin.net/8102.html

http://www.opec.org/home/Monthly%20Oil%20Market%20Reports/2005/pdf/MR082005.pdf

------------------------------------------------------------------

Avertissement : 
Ces réflexions ont été réalisées par un "amateur" .
Elle vous sont proposées en toute bonne foi et n'ont pas d'autre vocation que de permettre au lecteur d'alimenter ses réflexions personnelles. L' horizon d'investissement et le degré d'acceptation aux risques des marchés du lecteur peuvent ne pas correspondre avec ceux considérés dans ces réflexions. 


Avertissement :
Cette analyse est diffusée à titre purement informatif et éducatif et ne constitue en aucune façon un document de sollicitation en vue de l'achat ou de la vente des instruments financiers émis par la société objet de l'étude.
L'investissement et le trading sont des activités présentant des risques financiers.
Tout investisseur doit donc se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la société mentionnée dans cette analyse, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière.

Commentaires Très cher pétrole !

Page : sur 1

van

(113 msg)

Plusieurs jours Plus de 3 ans Non renseigné FOREX

Posté le : le 24-10-2005 23:46:04 Voir le profil   Envoyer un message privé
Beau travail! Merci.


JIPSO

(50 msg)

Pur intraday Plus de 3 ans Uniquement technique Futures europe

Posté le : le 25-10-2005 00:02:21 Voir le profil   Envoyer un message privé
Très instructif et documenté. Merci de partager ces recherches.

Il me parait clair que les développements de l'APEC et de l'Inde vont devenir de plus en plus inflationnistes, en commençant par une hausse durable et probablement exponentielle des matières premières, hausse d'ailleurs bien entamée...sauf dans l'hypothèse de la grande récession mondiale. Sans aller jusque là un accident de croissance des pays asiatiques sera prochainement inévitable amha.


garlud

(228 msg)

Quelques heures Plus de 3 ans Technique et fondamentale Futures europe

Posté le : le 25-10-2005 00:55:45 Voir le profil   Envoyer un message privé
Roque, tu es l'une des quelques "soeurs Thérésa" du site. Chapeau, car in the meanwhile, dégager du temps pour
le trading personnel, ça ne doit pas être facile.


Posté le : le 25-10-2005 02:34:17 Voir le profil   Envoyer un message privé
« Amateur » dites vous !, Il faudra m’expliquer ce que vous entendez par non amateur, car ce TRAVAIL est tout simplement EXEPTIONNEL. Pro-AT rassemble tellement de talents, ce n’est pas étonnant que Migi s’en soit largement inspiré pour écrire son livre.

BàV

W-Retep

Posté le : le 25-10-2005 06:03:18 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour et merci de ce boulot,

deux contributions :

-sur le problème des retraites :

cas de l'Allemagne :

BERLIN (Reuters) - Le futur gouvernement allemand de coalition envisage de rendre obligatoire la souscription de plans d'épargne retraite privés, a rapporté le quotidien Bild, citant des sources de la coalition.
Le gouvernement sortant de Gerhard Schröder a créé en 2002 des fonds de pensions facultatifs, baptisés "Riester-Rente", du nom du ministre du Travail de l'époque, mais avec un succès relatif, 4,5 millions de contrats seulement ayant été signés, explique Bild, qui cite des chiffres officiels.
L'éventualité de rendre obligatoire la souscription de ces contrats pour les salariés a été envisagée moins d'un an après leur création mais le gouvernement sortant a expliqué vouloir leur laisser le temps de s'installer avant d'envisager une telle mesure.
Les deux principaux partis allemands, le Parti social-démocrate (SPD) et la CDU conservatrice, sont actuellement en discussion sur la composition du futur gouvernement de "grande coalition" issu des élections du 18 septembre dernier.
Dans le système Riester, un salarié peut cotiser à hauteur d'environ 1.000 euros par an à une assurance-vie ou un fonds d'investissement, accumulant ainsi une épargne qui lui est reversée après son départ en retraite, en partie sous forme de capital, le reste en rente.
L'Allemagne a lancé le 1er janvier dernier un nouveau produit d'épargne retraite, baptisé "rente Rürup", du nom du conseiller du gouvernement Bert Rürup, qui permet aux salariés de racheter des annuités de cotisations retraite.
Le système public allemand de retraites est en difficulté en raison du vieillissement de la population et de la diminution du nombre de cotisants.
La presse allemande a ainsi rapporté qu'il serait contraint le mois prochain - pour la première fois de son histoire - d'emprunter 600 millions d'euros à l'Etat pour couvrir ses besoins de trésorerie.
Pour 2006, ses difficultés de financement ont été résolues par le biais d'un artifice comptable, le calendrier des paiements des cotisations des employeurs ayant été modifié, ce qui lui permettra d'encaisser en un an l'équivalent de 13 mois de contributions. Mais le problème refera surface en 2007.
Edmund Stoiber, désigné pour le ministère de l'Economie dans le futur gouvernement, a estimé samedi, lors d'une réunion de la CDU, que ce gouvernement devrait envisager de relever l'âge du départ en retraite.
"La crise budgétaire des retraites est dramatique", a-t-il dit. "Il ne doit y avoir aucun tabou dans le débat sur l'allongement de la durée de la vie active et le relèvement de l'âge légal comme de l'âge réel du départ en retraite."

paru sur Bourso 23 10 2005

- pour les infos sur le pétrole : site indispensable à visiter

http://www.industrie.gouv.fr/energie/sommaire.htm

les études prospectives sont passionnantes, amha

Bonne journée


Jean4713

(69 msg)

Plusieurs jours Plus de 3 ans Uniquement technique Actions françaises

Posté le : le 25-10-2005 09:56:48 Voir le profil   Envoyer un message privé

Posté le : le 25-10-2005 10:18:37 Voir le profil   Envoyer un message privé

Merci pour ce pur moment de bonheur.............

J'aime bien la fin "sauf................connu"
Qui est le cheval de la croissance mondiale et qui est la charette? et peut on inverser les roles dans l'etat actuel des choses?
Quand Mad Max était de la pure science fiction...........

Posté le : le 25-10-2005 14:11:24 Voir le profil   Envoyer un message privé
Et non, ce n'est plus comme avant !

c'est bien vrai et pour beaucoup de choses....

les cycles économiques existent et il faudrait peut-etre un site spécialisé pour les expliquer.

a un moment donné , roque , tu dis , " le Roque, il déraille ... quel pessimiste !" pas du tout , il y a ceux qui subissent et ceux qui essaient d'anticiper(c'est une toute petite minorité).

je crois que ceux qui essaient d'anticiper font un gros effort d'adaptation et sont des constructeur .

HS.

Posté le : le 26-10-2005 16:00:05 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonjour,

Récent sur le site, aprés avoir découvert votre existence à Bxl en Septembre. J'ai tenu à m'identifier pour remercier Roque pour le travail fabuleux qu'il accomplit.
Il élève le débat au dessus du niveau classique....... largement au delà.
Donc merci à vous Roque, c'est vraiment un régal......
Mais grâce à vous il est facile d'ouvrir les yeux et de progresser à grands pas dans certains domaines.

Krebanne


Roque

(1079 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 26-10-2005 22:40:14 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonsoir et merci à tous pour vos commentaires.

J'ai beaucoup hésité à publier ce post (d'ailleurs il a attendu lundi que je me décide).
D'une façon générale les arguments qui penchent pour des jours difficiles ne sont pas facilement acceptés.
Il est effectivement plus facile de dire que tout sera rose demain ... malheureusement, et pourtant je suis de nature optimiste, je ne suis pas arrivé à trouver des éléments pour opter pour cette couleur.

Si quelqu'un peut nous apporter de façon étayée et non subjective des informations permettant de revoir ce jugement sur les années à venir ... je serai le premier à le lire et à revoir mon jugement.

Bienvenu à Krebanne qui rejoint notre communauté !

Bonne soirée


Roque

(1079 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 27-10-2005 08:12:10 Voir le profil   Envoyer un message privé


OCT 26 Russian Oil Exports May Be Declining, Ministry Official Says (Bloomberg)
Russia, the world's second-biggest oil exporter, is no longer increasing its shipments of the fuel outside the country... "We now have a zero percent increase in oil exports, or even there is minus," said Andrei Klepach, the director of macroeconomic forecasts at the Economy Ministry.

La consommation intérieure russe semble monopoliser de + en + de pétrole.

WASHINGTON, Oct 24 (Reuters) - Russian oil output could peak at more than 510 million tonnes annually in 2010, or 10.2 million barrels per day (bpd), Russian Energy Minister Victor
Khristenko said on Monday. In September, Russia produced 9.53 million bpd, which was a post-Soviet high, according to Energy Ministry data.

9.53 MB/j aujourd'hui ... éventuellement 10.2 MB/j mais pas avant .... 2010 !!!

etc etc ....

Bonne journée



HerveP

(14 msg)

Plusieurs mois Plus de 3 ans Non renseigné Actions US

Posté le : le 28-10-2005 18:35:54 Voir le profil   Envoyer un message privé
"Si quelqu'un peut nous apporter de façon étayée et non subjective des informations permettant de revoir ce jugement sur les années à venir ... je serai le premier à le lire et à revoir mon jugement."

Je me permets de répondre sur le fil que je consacre au sujet (c'est dommage, mais les analyses se perdent définitivement dans les profondeurs du site).

http://www.pro-at.com/forums/bourse-3-15984.html


Roque

(1079 msg)

Plusieurs semaines Plus de 3 ans Technique et fondamentale Actions françaises

Posté le : le 28-10-2005 23:14:16 Voir le profil   Envoyer un message privé
Bonsoir Herve,

Je regrette de n'avoir pas découvert ta file beaucoup plus tôt.
C'est la rançon du succès de ce site ... les lecteurs n'arrivent plus à suivre les sujets de qualité qui y sont traités.
Mea culpa ...

Je suis d'accord avec ton dernier post ... le problème n'est pas le niveau des réserves mais celui du débit de production.
En revanche je ne suis pas de ton avis lorsque tu dis :
" L'Arabie Saoudite s'est montré capable de produire plus de 9 millions de barils depuis 30 ans. Pourquoi cette production s'effondrerait-elle juste maintenant ? Le débat est plutôt de savoir à quel niveau ils peuvent maintenir de façon durable leur production : 9.5, 12 voire 15 millions de barils par jour."

En fait le pétrole saoudien a dépassé, comme le montre le graphique ci-dessous (données eia), le débit de 10 MB/jour très brièvement à la fin des années 70 et début des années 80 pour suppléer le déficit iranien mais n'a JAMAIS soutenu ce rythme depuis.



De la même façon, je ne suis pas de ton avis, lorsque tu dis que le rapport Nehring serait trop ancien pour être utilisable encore aujourd'hui et que tu cites :
"...Nevertheless, it is highly likely that there will be <u>little</u> or no increase in world production of oil from conventional sources..."

La vérité est qu'il est d'une précision étonnante car en fait la production a augmenté à un rythme annuel de <u>1,57% par an </u>!!! (si ça c'est pas "little")



Idem pour la production de l'ex-bloc soviétique pour lequel le rapport disait :
"Oil production in the industrialized non-Communist world could begin to decline by the early 1980’s."

En fait la production soviétique a été tellement artificiellement soutenue par des programmes d'injection pour essayer de traire au maximum les gisements que personne ne pouvait envisager qu'un gouvernement raisonnable puisse le faire. Ici les prévisionnistes ont été pris en défaut par la bêtise humaine ! Les gisements soviétiques ont fait leur pic fin vers 1983 et compte tenu du traitement qui leur a été infligé la décrue de débit est aujourd'hui plus forte que si ceux-ci avaient été exploités « normalement ». Donc en fait les prévisionnistes (pour tout dire, la CIA) qui se sont exprimé par la voix du rapport Nehring avaient vu juste ... encore une fois !

Quant à Simmons je ne le mettrais pas dans la catégorie des prévisionnistes et surtout encore moins des catastrophistes.
Si tu as lu son ouvrage (twilight in the desert) tu as pu constater par toi même qu'il fait simplement de l'arithmétique élémentaire.
Il passe en revue TOUS les gisements importants, dont plus particulièrement les gisements saoudiens (quasiment les seuls aujourd'hui a n'avoir pas encore fait leur pic de production). A la fin il suffit de faire une simple addition des débits individuels des gisements pour avoir une idée du problème (potentiel tant que nous n'avons pas confirmation) mais réel car il est déjà écrit quelque part que les gisements saoudiens, répondant aux mêmes lois de la géophysique que les autres gisements, feront de manière inéluctable leur pics de production un jour .

Quant à ton scenario préféré, j'y adhère pleinement !
Ce que j'espère sincèrement, c'est que malgré le report dans la crise pétrolière que cette crise pourrait engendrer, les gouvernements s'attaquent vraiment au problème énergétique de manière .... énergique !

Bonne soirée et merci pour tes apports

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